#PIFFF2014 : Time Lapse / Housebound / Night Call

20/11/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

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On en est à peine au deuxième jour, et déjà, le rythme adopté n’est pas bon. Enchainer quatre films dans la journée, rater le dernier métro, errer dans Paris pendant plus d’une heure à la recherche du bon arrêt de bus pour finalement se mettre à rédiger à 3h30, c’est mal. A coup sûr, on va dormir pendant les prochaines séances. Dormir, c’est précisément ce qui est néfaste à la moitié du casting des Griffes de la Nuit, de Wes Craven, projeté ce mercredi en milieu d’après-midi. Inutile de revenir en détail sur l’immense joie de voir enfin sur un écran de cinéma ce classique des années brushing porté par l’un des boogeymen les plus mythico-flippants de l’histoire du cinéma, car tout le monde l’a déjà vu (et aussi parce qu’il est 3h30).

Time Lapse : Photo obsession

Trois amis découvrent chez leur voisin fraîchement décédé, un appareil photo géant qui crache tous les soirs à 20h un polaroïd immortalisant une scène du lendemain. C’est pratique pour faire son PMU, un peu moins pratique pour rester intègre, surtout quand on doit se défaire d’un bookmaker peu conciliant, porté sur les châtiments corporels et doté d’un accent vaguement russe (pas du tout caricatural, donc). Avec Time Lapse, Bradley King signe un petit film au scénario malin et parfois (mais pas toujours) inattendu, capitalisant sur les millions de rebondissements que permet son prétexte de départ, très original. L’unité de lieu et la pauvreté des personnages secondaires finissent tout de même par desservir l’ensemble. Des scories que Danny Boyle, pour son premier film, Shallow Grave (1994), sur une trame un peu similaire, avait su éviter. Pour autant, on aurait tort de ne pas déceler dans Time Lapse les prémisses d’une filmographie qui, si elle continue à lorgner ainsi du côté des plus grands (Hitchcock, largement cité), pourrait bien se révéler prometteuse.

House Bound : Entre les murs

houseboundKailee, suite à un braquage foireux, est assignée à résidence chez sa mère, dans une grande bâtisse si peu accueillante qu’elle ne reçoit même pas l’adsl. Evidemment, les deux femmes ne sont pas seules dans la maison (il y a aussi le beau-père, mais tout le monde s’en fout), confrontées à l’évidence : un fantôme s’est invité dans ces lieux où il y a plusieurs années, étaient accueillis des délinquants en réinsertion. A l’instar de Peter Jackson, à qui sont invariablement comparés tous les jeunes réalisateurs néo-zélandais, Gerard Johnstone choisit pour son premier film, de baliser les chemins de la comédie horrifique. Si certains gags tapent dans le mille et font preuve d’une réelle originalité, difficile dans le même temps, de ne pas être agacé par leur redondance – le scénario ne ménageant d’ailleurs pas ses efforts pour être le plus incohérent possible. Les intentions sont bonnes, l’exécution ne suit pas (prise de son parfois hasardeuse, images floues, rythme très inégal), et on regrette que le film ne dure pas deux ou trois heures de moins. Quand on sait que le montage final atteint “seulement” 109 minutes, c’est assez mauvais signe.

Night call : Gyllenhaal au sommet

nightcallQu’on ne se laisse pas berner par le titre choisi pour l’exploitation du film de Dan Gilroy en France (dont le titre original est Night Crawler) : ce parti-pris établissant un parallèle opportuniste avec Drive*, ne rend pas justice à cette virée nocturne qui n’emprunte rien au film de Nicolas Winding Refn, sinon la vitesse de la voiture pilotée par le protagoniste. Ici en l’occurrence, un chasseur de scoop, Louis Bloom, à l’affut du sujet qui lui permettra de monnayer à prix d’or avec une chaine d’info, les vidéos les plus spectaculaires possibles : braquages, accidents, suicides… Froid, manipulateur et dépourvu d’empathie, le personnage fascine et répugne, incarnant à lui seul les pires travers de la société en général, celle de l’image en particulier . On ne les voit jamais, mais ils sont le fondement même de l’inhumanité qui ronge Louis Bloom et ceux à qui il vend ses images : les téléspectateurs avides de voyeurisme morbide, nourris à la souffrance d’autrui et aux spots de pub ingurgités pendant la durée de disponibilité de leurs cerveaux. Pour les satisfaire, Louis Bloom est prêt à aller très loin, franchissant d’ailleurs le point de non-retour avec une (ré)jouissance qui fait froid dans le dos. Brillante allégorie sur le pouvoir de l’image et sur l’individualisme exacerbé par la multiplication des écrans, Night Call offre en outre à Jake Gyllenhaal, l’occasion de livrer la performance la plus impressionnante de sa carrière.

* Nightcall, de Kavinsky, est l’un des titres phares de la bande-originale de Drive.

Lire notre “report” de la journée précédente en cliquant ici.

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1 commentaire

    Quentin  | 21/11/14 à 3 h 10 min

  • Time laps est sympa
    Housebound est bof
    Nigthcall est un mortel chef d’œuvre :)

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