#PIFFF2016 : The Autopsy of Jane Doe fait l’ouverture

07/12/16 par  |  publié dans : A la une, Cinéma | Tags : , , , , ,

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PIFFF, jour 1 : grosse hallucination. De la mezzanine, sans lunettes, on a vraiment cru apercevoir l’édile parisienne Anne Hidalgo derrière le micro pour la première prise de parole de cette édition 2016. Prise de conscience tardive ? Elan de générosité inespéré ? Léger sentiment de honte à l’idée de subventionner le festival Sarajevo-sur-Seine ou encore un projet de film subaquatique sur le foot – mais pas le PIFFF ? En fait, non : juste la directrice du cinéma Max Linder Panorama, dont on a pu enfin distinguer les traits tout sauf hidalguesques après avoir retrouvé nos lunettes au fond de notre sac. Tout va bien, donc. La ville de Paris continue d’ignorer superbement le PIFFF et son public. Mais, promet son président Gérard Cohen dans son discours, “on continuera à demander des subventions, tous les ans“. Une persévérance qu’on espère voir un jour, aboutir à une reconnaissance municipale de ce festival qui chaque année, constitue la SEULE raison pour nous de “monter à la capitale”. Et cette fois encore, au vu de la programmation, autant dire qu’on a bien fait.

The autopsy of Jane Doe : La mémoire dans la peau

Après avoir exploré la forêt norvégienne à la recherche de monstres géants dans le “documenteur The troll Hunter (2010), le réalisateur André Øvredal explore l’anatomie gouleyante de la belle mais complètement canée Jane Doe, dont le corps atterrit sur la table d’autopsie de deux croque-morts. Jane Doe, ainsi surnommée à l’instar de tous les inconnus morts ou vivants impossibles à identifier, va donc être sondée, tâtée, découpée, triturée, trépanée par les deux hommes, qui espèrent ainsi découvrir son identité. Mais même morte, pas sûr qu’elle aime ça.

Le titre ne ment pas. Pendant un peu plus d’une heure trente, on y incise la peau et fouille la chair et les organes d’une jeune femme extirpée d’une tombe de fortune au fond d’une cave, on lui débite les côtes à la pince, le tout dans une atmosphère musicale joyeusement vintage crachée par un magnétophone à cassette. Fort d’un tel postulat, le film ne peut que se montrer généreux en effets sanguinolents et dans sa bande-son coupe-faim. Malgré des jump-scares un peu faciles, l’angoisse y est distillée avec application, au cœur d’une intrigue pas vraiment révolutionnaire. Les croque-morts, incarnés par Emile Hirsch (Into the Wild, Killer Joe…) et cette vieille trogne de Brian Cox (Manhunter…) vont évidemment aller de surprise en surprise à chaque nouveau coup de scalpel, jusqu’à une révélation qu’on avait devinée une demi-heure avant eux. Avoir trois longueurs d’avance n’empêche cependant pas de savourer ce parfait film d’ouverture qui mériterait bien une sortie salle par chez nous. A l’instar d’à peu près tous les longs-métrages qu’on va voir cette semaine, The Autopsy of Jane Doe a bien une date de sortie affichée sur Allociné: “prochainement”.

Comprendre : “attendez le DVD”.

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