#PIFFF2016 : un peu d’huile avec vos sushis ?

09/12/16 par  |  publié dans : A la une, Cinéma | Tags : , , , , , ,

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PIFFF, jour 3. Jusqu’ici, tout va bien. On quand-même réussi à : 1. Ne jamais se perdre entre le clic-clac et la salle de cinoche. 2. Ne pas avoir froid (miracle). 3. Rendre les papiers à temps. 4. Ne louper aucun film. Mais ça, ça va pas durer. La date fatidique de samedi arrive, et avec elle, la dédicace de Dario Argento au Metaluna Store, qui va exiger le sacrifice d’une séance au Max Linder. Celle de Prevenge. Et comme le veut la tradition, le seul film qu’on ne va pas voir obtient le prix du public. C’est notre malédiction à nous (elle nous a aussi longtemps poursuivis à Gérardmer). En attendant la réalisation de cette prophétie à la con, on n’oublie pas de rendre la copie du jour.

The Greasy strangler : le film qui vous fera vomir votre vinaigrette

Imaginez John Waters et Lloyd Kaufman matant Napoleon Dynamite sous champi en bouffant un happy-meal, vous serez encore assez loin de ce que réserve The Greasy Strangler à tous ceux qui n’auront pas peur de s’y risquer. Car cette année, on n’aura rien vu de plus répugnant, de plus inconfortable, de plus trash mais aussi de plus hilarant que ce premier film signé Jim Hosking, co-produit notamment par l’acteur Elijah Wood, jamais le dernier à parier quelques dollars sur des films… “autres”. Ce que montre The Greasy Strangler -un octogénaire nu dansant le diso sous un lampadaire, des scènes de sexe gérontophiles, un tueur en série enduit de graisse étranglant ses victimes avant d’aller faire ses ablutions dans un car-wash… on n’a pas du tout envie de le voir. Mais Hosking s’en fout, il filme tout ça (et même plus) avec une excentricité et un mauvais goût à toute épreuve. Entre nausée et fou rire, The Greasy strangler ménage tout de même de surprenants moments de tendresse entre les deux principaux personnages, deux “bullshit artists” qu’on espère oublier très vite… et revoir dés que possible. Parce que mine de rien, on les a adorés.

Prince des Ténèbres : l’apocalypse en huis-clos

La deuxième “séance culte” après Twin Peaks Fire walk with me, permet au PIFFF de respecter son rituel de l’année : proposer dans sa programmation, un film de John Carpenter. Cette année, on ouvre grand les portes de l’enfer avec Prince des Ténèbres qui signait en 1987, le retour du démiurge à un cinéma à petit budget bricolé avec des moustaches et des brushings terrifiants. Ce sont d’ailleurs là les seuls éléments du film qui ont mal vieilli. Pour le reste, par son absence de second degré, la claustrophobie qu’il distille et sa proximité thématique directe avec The Thing et Assaut, Prince des Ténèbres demeure un monument d’horreur pure sublimé par son visionnage sur grand écran dans une copie de toute beauté.

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The Unseen : un film à voir

En voilà, une belle idée : dépoussiérer la figure emblématique de l’homme invisible en le délestant des clichés que la créature se trimballe depuis que le cinéma existe. Ne cherchez pas ici d’explication scientifique rationnelle au mal qui ronge (littéralement) le protagoniste de The Unseen. Là n’est pas le propos. L’homme disparaît, peu à peu, au prix de souffrances physiques matérialisées à l’image par des plaies sanguinolentes du plus bel effet (sauf quand in fine, le numérique s’en mêle). Le temps lui est compté : avant de s’effacer, il doit venir en aide à sa fille adolescente mystérieusement disparue. The Unseen est moins un film d’horreur qu’un drame familial, un portrait de père brisé non seulement par sa condition physique mais aussi sa condition sociale – la scierie où il travaille, dans une petite bourgade industrielle enneigée du Canada, débite autant de bois que d’idées noires. Un cadre installant une atmosphère grise, triste et pessimiste que le dénouement vient (très légèrement) égayer.

The Mermaid : le capitalisme peut aller se faire tentaculer

Un homme-pieuvre missionne une sirène pour séduire et tuer un promoteur millionnaire sur le point de détruire la faune aquatique d’un archipel dont il a fait l’acquisition. Evidemment, elle en tombe amoureuse.

Vous avez raté l’occasion de voir The Mermaid au PIFFF 2016 ? C’est mort, vous ne le verrez plus jamais. Car malgré son succès historique en Chine, les distributeurs français n’ont pas l’air de vouloir donner au film une chance d’arriver jusqu’à nous. Pas même en DVD, puisqu’à ce jour, aucune date de sortie n’a été annoncée. Après avoir vu The Mermaid (dans une 3D superbe), on est en mesure d’affirmer que ce mépris est un crime absolu. D’abord, parce que le public français est demandeur (l’impressionnante file d’attente devant le Max Linder pour découvrir le film ne trompe pas). Ensuite, parce que The Mermaid est génial. On y retrouve le goût de Stephen Chow (Shaolin Soccer, Crazy Kung-fu) pour l’humour déjanté et absurde, ici au service d’un message écolo en provenance de l’un des pays les plus pollueurs de la planète. De quoi rejouer le match environnement VS capitalisme via des personnages déjantés, des gags indescriptibles et des flots d’émotion qui vous prennent au dépourvu. Moins traumatisant qu’Andersen, moins niais que Disney, plus drôle que Splash… Après ça, si vous ne voulez pas adhérer à Sea Shepherd, on ne peut plus rien faire pour vous.


Bande-Annonce de The Mermaid de Stephen Chow… par pifff
Lire aussi : le 2e jour du PIFFF 2016

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