Prédictions, piège à c…

18/09/09 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs

L’apocalypse vue par le réalisateur de Dark city, ça vous tente ? Nous aussi. Et pourtant…
C’est en 1994 que le monde entier découvre le réalisateur Alex Proyas grâce à The Crow. Après avoir confectionné une bonne centaine de clips – notamment pour Sting et INXS – le réalisateur réussit allègrement son passage sur grand écran grâce à ce film emblématique du mouvement gothique dont l’aura culte doit beaucoup à la mort tragique de Brandon Lee sur le tournage.

Quatre ans plus tard, le post-moderne Dark City confirme le talent de Proyas, qui semble se spécialiser dans la veine SF apocalyptique et le fantastique glauque.
Avec I, robot en 2004, le réalisateur travaille pieds et poings liés pour les studios de la Fox, qui ne lui laissent aucune marge de manœuvre. En résulte un film pop-corn aux effets spéciaux désastreux que Proyas a du mal à assumer. Mais ce dernier s’assure tout de même une place de bon petit artisan au sein de l’industrie hollywoodienne. Pas étonnant de le voir alors aux commandes d’un film catastrophe : avec Prédictions, sorti l’an dernier sur les écrans, Proyas livre sa propre vision de l’Amérique post-11 septembre.

John Koestler (Nicolas Cage), professeur en astrophysique, est veuf et père d’un garçonnet d’une dizaine d’années, Caleb. Ce dernier entre en possession d’un document rédigé cinquante ans auparavant par une élève de son école. Sur le bout de papier, la petite fille a griffonné une étrange série de chiffres. Caleb n’en fait pas grand cas. John, lui, ne tarde pas à découvrir que ces nombres révèlent les dates et les lieux exacts des plus grandes catastrophes survenues depuis un demi-siècle, et que trois cataclysmes sont prévus dans les jours qui viennent. Une course contre la montre d’autant plus éprouvante que le document prévoit la fin de l’humanité dans 72 heures…

On ne peut décemment pas reprocher à Alex Proyas d’être un tâcheron, lui qui se permet de filmer en plan-séquence, caméra à l’épaule, un crash d’avion parmi les plus impressionnants jamais vus sur un écran de cinéma. On ne peut pas non plus reprocher à Nicolas Cage d’en faire trois tonnes – on l’a rarement vu aussi sobre. On peut encore moins reprocher à Prédictions d’être ennuyeux – le montage assure un rythme parfaitement soutenu et le scénario multiplie les rebondissements malins.

Oui mais… il y a la fin. Ces quelques petites dernières minutes où on ne comprend plus très bien pourquoi le déterminisme, qui servait judicieusement de base au récit, est anéanti en l’espace d’une seule séquence par un délire créationniste aberrant. La vision de la fin du monde par le réalisateur de Dark city avait tout pour susciter de belles attentes. Stupéfaction : on en arrive à soupçonner Proyas de fricoter avec l’Eglise de scientologie. Et on a du mal à le croire. Cette fin révoltante, qui arrive comme un ver dans la pomme d’Adam et Eve, relève tout simplement du scandale. A tous ceux qui aimeraient découvrir Prédictions, on conseillera donc fortement d’appuyer sur la touche “stop” de leur lecteur DVD après la fin du film, la VRAIE, celle où tout le monde meurt… Car il y a des fois où il est bon de ne pas satisfaire sa curiosité. On vous aura prévenus !
En DVD le 23 septembre, avec des bonus prêchi-prêcha.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Pas de commentaire

    immondice  | 23/09/09 à 15:33

  • le défi du curcuma tient toujours et je t’autorise à le relever ici même hein!

  • Sab  | 23/09/09 à 16:51

  • Et oui mais sur Envrak, ce serait trop facile. C’est sur la Mars’, que je le relève, ce défi ! Je te tiens au courant…

  • sam  | 24/09/09 à 01:14

  • il es vrai que la fin de ce film laisse vraiment a désirer mais a part cette fin un bon film!

Laisser un commentaire