Pride de Matthew Warchus – Quinzaine #Cannes2014

29/05/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

PrideLa Quinzaine présente : le film qui fait plaisir, qu’on rapproche aussi bien d’une comédie hollywoodienne meringuée que d’Harvey Milk et de We Want Sex Equality pour son engagement politique.

Grosses ficelles, grosse efficacité

1984, les mineurs sont en grève et Thatcher serre la vis. Mark voit dans cet événement des symptômes que sa communauté connaît trop : l’état, les médias, les flics détestent ces grévistes. Il monte une association, LGSM : lesbiennes et gays en soutient aux mineurs. Quand ce petit groupe d’extravertis de Londres débarque au pays de Galles, ils ne sont pas si bien accueillis.

Si l’intrigue est aussi énorme qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine, elle s’inspire d’une histoire vraie – porcelaine dans un enclos d’éléphant. Pride a été cherché l’Histoire, celle qui est anecdotique un peu partout, un peu moins entre les trois mers qui entourent l’Angleterre, un événement solidaire qu’il fait bon d’entendre parler, et qu’on se réjouit donc de voir à l’écran. Immédiatement touchant pour cette retranscription, le film de Matthew Warchus force le trait et les violons sans qu’on trouve à y redire. Certes, on en déplore les personnages (le jeune homo charismatique, l’étudiant dans le placard), les rebondissements (le méchant qui devient gentil, les tensions internes aux groupes) ou la musique didactique qu’on ne considère pas – contrairement aux scénaristes de Pride – comme des passages obligés. Cependant, cette caractérisation caricaturale et ces rouages bien huilés leur permettent d’aborder la quasi-totalité des sujets dans lesquels ils pouvaient puiser – soit la discrimination sous toutes ces coutures et les problématiques propres aux deux communautés. Entre deux pirouettes sucrés, entre deux mouchoirs, quelques finesses, dialogues et confessions transmettent au spectateur les enjeux de ses luttes sociales : la vie difficile des mineurs qui se battent pour un boulot où pourtant certains meurent, la peur quotidienne des homosexuels qui ne quêtent jamais seuls pour ne pas se faire tabasser. La morale de Pride, la morale de l’Histoire et celle de la vie, c’est ce rejet des uns et des autres que seul l’amour met à mal. La comédie, drôle et énergique, emplie de bons sentiments, met ainsi du baume au cœur, et si elle ne surprend que par son idée de départ, elle se veut assez transparente pour qu’on se laisse tartiner.

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