Qui veut la peau de Mélanie?

18/05/11 par  |  publié dans : Cinéma, Médias, TV | Tags : , ,

A chaque fois qu’on prononce le mot Cannes en salle de rédaction, Sabrina manque de vomir et Holden de pleurer. Il voudrait l’accréditation rose, elle voudrait qu’on parle cinéma. Mélanie Laurent leur fait, à peu de choses, le même effet.

On a tout entendu sur l’ouverture du festival du film, tout vu aussi, même des tee-shirt “team Mélanie” dessinés par Pénélope Bagieu sur le blog d’Arte. Mélanie Laurent ne scintille pourtant pas au soleil, n’a pas pris 15 kilos de pectoraux pour son deuxième film – ou alors dans les chevilles -, elle reste la même depuis Je vais bien, ne t’en fais pas, désespérément la même disent-ils.

J’ai rencontré Mél – comme c’est populiste – à l’occasion de la sortie du Concert de Radu Mihaïleanu. La première chose qui m’a touchée chez elle, c’est sa poignée de main molle. Un bonjour qui vous glisse entre les doigts, un sourire qui vous glace d’hypocrisie. Je m’en suis méfiée, d’autres m’ont suivie. Je n’y suis pour rien, c’est l’impression Mélanie. Qu’elle n’a pas faite forte à Cannes. Ils faisaient la gueule les autres. Mais l’ennui n’est pas toujours une conséquence, ce peut être une posture – qu’ils ont adoptée ce jour-là.
Mél, mal à l’aise, s’agrippe au micro. Coupable avant d’être jugée, elle se confesse intimidée, rencontre peu de sourires encourageants, pas de rires complices. Elle n’a plus le choix : « Alors voilà ». Et c’est parti pour un texte de Nicolas Bedos récité d’un ton quasi-monocorde, le flop sans appel d’une jolie kamikaze. L’oreillette d’Owen Wilson grésille, Woody Allen ne branche plus la sienne depuis qu’il se croit parisien. Ici et là, certains jugent la maîtresse de cérémonie illégitime, à tort ou à raison. Alors Mél en roue libre, s’humilie de bon cœur, elle est là pour la magie du cinéma, pour l’honneur d’endosser un rôle qui ne se refuse pas. Consciente que demain il n’y aura plus rien, que le rêve pourra s’arrêter, elle saisit l’opportunité. Les cheveux dans la soupe doivent apprendre à nager. Elle gigote donc de droite à gauche, mal coachée, se ridiculise avec des taxis et des violons, jusqu’à l’absurdité. Place Pedro Almodovar et Radu Mihaileanu dans le même bateau – et le discours tombe à l’eau. Nicolas Bedos savait, Mélanie Laurent aussi : il était impossible d’être Isabelle, Cécile, Vanessa, Jeanne et Edouard en trois minutes. Elle ne pouvait qu’être elle, la petite pistonnée il y a dix ans de ça pour sa première croisette. Un aveu courageux pour des avis partagés.

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