Rob Zombie au pays des citrouilles

01/05/08 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags :

Après une carrière dans le métal (hurlant) au sein de son groupe White Zombie, Rob Zombie (en vrai, Robert Cummings, ça fait moins peur), fort d’une expérience de réalisateur très minimale (le tournage de ses propres clips), décide de se lancer en 2003 dans le cinéma. De genre, cela va sans dire. Et les plus réfractaires aux films d’horreur eux mêmes reconnaissent sans mal la qualité des deux premiers films du bonhomme, qui livre avec la Maison des Mille Morts une première œuvre en tous points réussie, témoignant d’une maitrise innée du grand guignol et d’un amour inconsidéré pour le genre.

De loin son meilleur film à ce jour, la fausse suite de ce premier coup d’éclat, The Devil’s Rejects, donne à une famille de psychopathes (les Firefly, héros de l’opus précédent) un visage humain et une capacité à massacrer des innocents qui n’a d’égale que celle qu’ils ont à s’aimer d’un amour véritable. Même Tobe Hooper, dans Massacre à la Tronçonneuse, n’avait pas osé.
D’aucuns pensent alors que Rob Zombie est celui par qui la nouveauté arrive enfin, celui qui va redonner ses lettres de noblesse à un genre souvent considéré comme prisonnier de ses propres codes. Etonnant, donc, d’apprendre en 2007 que le réalisateur s’attelle à une relecture du classique réputé intouchable de John Carpenter, Halloween. La franchise, plombée par une série de suites toutes plus insipides les unes que les autres (à l’exception du second épisode), avait fini par lasser les fans, farouches défenseurs d’un premier volet auquel slashers, séries B, Z… doivent à peu près tout.
A l’annonce d’une mise en chantier d’un remake, ces derniers brandissent les armes: personne ne doit toucher au chef d’œuvre de Carpenter. Pour les frères Weinstein, producteurs à l’origine du projet, rien n’est impossible, surtout entre les mains de Rob Zombie, qui devra subir pendant le tournage les pressions des Halloweenophiles convaincus et des taupes embusquées qui feront circuler sur le net des copies de travail conspuées par tout le monde… Las, Zombie rend tout de même sa bobine. Contre toute attente, les retours de bâton se font attendre, et rien ne vient. Force est de constater que les fans ont cessé de brailler. Pourtant, Carpenter peut dormir sur ses deux oreilles…

Bas les masques

Victime d’une forme un peu bâtarde (mi préquelle, mi remake), le film de Zombie semble être cornaqué par les producteurs (les frères Weinstein sont connus à Hollywood pour vouloir tout faire à la place des réalisateurs… et pour malheureusement y arriver) et au final, amputé de quelques scènes visiblement manquantes (les raccords douteux en sont la preuve, tout comme les vides narratifs qui desservent sérieusement le propos).
La première partie – la partie préquelle, donc – est pourtant réussie: l’enfance du futur serial killer, son entourage familial perturbant, sa propension secrète à éviscérer des souris et à regarder les gens avec deux yeux bizarres, son amour sans borne pour sa mère et sa petite sœur (future Laurie Strode), tout concourt à dessiner les contours du futur visage de Michael Myers. Servie par le jeune Daeg Faerch, pas particulièrement doué mais sérieusement inquiétant, cette introduction fonctionne sans conteste, et donne la part belle à une sauvagerie malsaine (le meurtre de la grande soeur) et à une belle brochette de seconds rôles (mention particulière à Sheri Moon Zombie, la Baby Firefly des deux premiers films de Rob Zombie, très touchante dans le rôle de la mère).

Le mal à l’état pur n’attend pas le nombre des années

C’est dans la partie “remake” que les choses se gâtent : le film y perd soudainement et paradoxalement tous ses repères. Là où d’autres auraient sans doute photocopié l’original, Rob zombie, soucieux de rendre un hommage réussi à son maître, signe un slasher un peu classique, un peu violent, un peu rapide (ellipses et coupes franches) qui n’apportent rien au récit. Le personnage – essentiel – du docteur Loomis se retrouve affligé de lignes de dialogues peu crédibles (dommage pour Malcolm McDowell, dans l’un de ses rares rôles de gentil) et la marge de manoeuvre fortement réduite du réalisateur se fait sentir dans 8 plans sur 10.
C’est dans la dernière confrontation entre Myers et sa petite sœur – une fin radicalement différente de l’originale, et peut-être même meilleure – que Rob Zombie peut laisser libre court à sa propre interprétation, qui laissera sans doute les admirateurs du premier Halloween complètement pantois.
Au final, un 3ème film aussi frustrant pour le spectateur que, on l’imagine, pour le réalisateur. Ce dernier, clamant haut et fort que le film est à 80% de lui (comprendre par là: les 20% restants sont imputables aux frères Weinstein, et c’est bien ça le problème), a également déclaré qu’il voulait arrêter de faire du cinéma d’horreur. Si c’est pas de la frustration, ça…

Michael Myers n’est pas content: il vient d’apprendre que l’une de ses scènes a été coupée au montage par Bob Weinstein

Du côté de la nouvelle édition DVD, TF1 vidéo (ça fait pas beau, sur la jaquette) a fait les choses (apparemment bien): près de deux heures de bonus tout frais, avec notamment les scènes coupées et la fin alternative, et même un bêtisier de 10 minutes.

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Pas de commentaire

    nanou  | 01/09/08 à 15 h 17 min

  • j’ai vu ce film il est pas mal du tout,j’aime beaucou le groupe robe zombie et leur films.

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