Royal Affair : une liaison dangereuse

21/11/12 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : , , ,

Danemark 1770. La passion secrète que voue la reine Caroline Mathilde au médecin du roi, l’influent Struensee, va changer à jamais le destin de la nation toute entière. Royal Affair relate une page capitale de l’histoire danoise, oubliée des manuels français. La relation amoureuse et intellectuelle entre Caroline Mathilde et Struensee, fortement influencée par les philosophes des Lumières, Rousseau et Voltaire en tête, conduira au renversement de l’ordre social établi, et annoncera les révolutions qui embraseront l’Europe vingt ans plus tard.

Tout est dans le titre. Tout est dans la bande-annonce, même, qui donne les clefs d’une intrigue inexistante. Car tout est dit dés la première scène du film, raconté à rebours par un des personnages principaux. Dans Royal Affair, de Nikolaj Arcel, il est donc question d’un adultère qui, au moment où les Lumières ébranlent la monarchie française, donne lieu au Danemark à une révolution historique. Un amour secret auquel on a, à vrai dire, accordé une attention molle et un intérêt très relatif… Car la passion entretenue par la reine pour le médecin de la cour (Mads Mikkelsen, très bien), est moins intéressante que la relation nouée entre ce même médecin et le roi, personnage aussi dépressif que farfelu incarné avec une belle énergie par Mikkel Boe Folsgaard (grosse révélation).

Deux personnages masculins passionnants

On s’émerveillera du soin apporté à tout ce qui fait la réussite d’un film historique : costumes, décors, dialogues… Tout est fin, ciselé, parfaitement exécuté. Et si Nikolaj Arcel n’est pas Stephen Frears (Les Liaisons Dangereuses), on lui reconnaîtra un académisme de bon aloi pour ce type d’exercice – même si la flamboyance s’efface dés que les ors de la cour laissent place à des scènes plus feutrées. On s’agacera du choix de confier l’ambiance musicale à Gabriel Yared, qui colle ici aux images la seule et unique partition de sa carrière. On essaiera de s’émouvoir de cette liaison vendue comme le principal attrait du film. On versera même, à l’occasion, quelques larmes de midinette. Mais contre toute attente, c’est quand l’Histoire d’un pays prend le pas sur l’histoire d’une femme que Royal Affair nous embarque. Et sitôt le secret amoureux – et la reine mièvre – enfin relégués dans les alcôves du château, on se surprend à attendre une seule chose : que les deux personnages masculins apparaissent ensemble à l’écran et se partagent les scènes les plus passionnantes du film : celles où la folie de l’un et les idées progressistes de l’autre scellent le destin de toute une nation.

Royal Affair, de Nikolaj Arcel, au cinéma le 21 novembre.

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