“Le Beau monde” / “Party girl” : Au bonheur des femmes

26/08/14 par  |  publié dans : Sorties

le beau mondeC’était en 2002, Julie Lopes-Curval obtenait pour Bord de Mer à Cannes la prestigieuse Caméra d’Or, récompensant le meilleur premier long-métrage présenté au festival, toutes compétitions confondues. Depuis, de Toi et moi à Mères et filles, la réalisatrice n’a cessé de filmer des portraits de femmes. Son dernier film, Le Beau Monde, ne déroge pas à la règle et met en scène les envies d’une jeune adulte, dont la vie va être perturbée lorsqu’elle va tomber amoureuse d’un jeune homme issu d’un milieu social plus huppé.

Ana Girardot campe avec beaucoup de fraicheur cette demoiselle qui cherche également à s’épanouir à travers la confection de vêtements et de la broderie. Si le couple formé avec Bastien Bouillon ne manque pas de charme, le filmage de Julie-Lopes Curval, trop sobre, manque d’envergure pour happer le spectateur. Le film souffre aussi de surfer sur une thématique à la mode : Comment faire durer une relation lorsqu’on est d’univers différents tout en développant sa propre personnalité ? Chose traitée avec plus de subtilité dans La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche ou dans le récent Pas son genre de Lucas Belvaux.

Liberté de ton

Plus référencé et plus radical dans sa conception, où plane l’ombre de CassavetesParty Girl a pourpartygirl sa part reçu la caméra d’or cette année. Un projet atypique, puisque porté par trois jeunes cinéastes : Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis. Le résultat est un mélange de fiction et de réalité, ce dernier n’ayant pas hésité à s’inspirer fortement de la vie de sa mère, Angélique Litzenburger, ancienne danseuse de cabaret… et de lui confier le rôle principal. Initiative payante : le film est rempli de pudeur envers ces personnages, plus vrais que nature donc et interprétés par des comédiens amateurs ou inconnus du public.

La liberté de ton est là, la volonté d’être proche des corps, des âmes et surtout des doutes de cette sexagénaire marquée par la vie et toujours indécise, notamment vis-à-vis de l’amour. Au final, la formule imaginée par le trio fonctionne et signe une mise en scène tenue en évitant le piège de la multiplication des points de vue. Seul le scénario, qui se montre poussif lorsqu’il s’agit de faire progresser le personnage et faire parler son inconscient, pourrait être sujet à débat.

« Le Beau Monde » – 1h35, dans les salles depuis le 13 aout / « Party Girl » – 1h37, sortie le 27 aout. Pyramide distribution.

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