Stake saignant

30/09/11 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , ,

Dans un pays dévasté par une épidémie de vampirisme, un homme et un adolescent avancent vers un monde meilleur, un “nouvel Eden” que les monstres n’ont peut-être pas réussi à atteindre.

Des paysages apocalyptiques, un héros incarnant la figure paternelle d’un enfant qui apprend à survivre : on pense évidemment à La Route, de John Hillcoat, mais après un premier quart d’heure marqué par le massacre d’une famille (bébé compris) par des vampires qui tiennent plus des goules affamées que des dandys incarnés autrefois par Bela Lugosi et Christopher Lee, Stake Land prend d’autres chemins. Étonnamment, c’est du côté de Terrence Malick que le réalisateur Jim Mickle va chercher son inspiration. Pas seulement lorsqu’il s’attarde sur des paysages ravagés mais sublimes (la “faute” à un directeur de la photo particulièrement doué), mais aussi par son recours à la voix off. Un stratagème narratif un peu facile, mais qui donne une réelle profondeur à son personnage principal, le jeune Martin, et à ceux qui l’accompagnent : Mister, son père de substitution, mais aussi une jeune femme enceinte, un ancien marine et une nonne quinquagénaire incarnée par une revenante (Kelly McGillis). Entre les non-morts et les vivants, certains ne trouvent pas leur place : parmi ceux en qui brille encore une lointaine lueur d’humanité, les membres de la “Fraternité”, qui veulent asservir les créatures pour décimer leurs semblables. Soit une tentative parfois maladroite d’esquisser des personnages de fanatiques religieux persuadés d’être les témoins du jugement dernier.

C’est là, outre sa très belle photo, la principale qualité de Stake Land : un film d’épouvante post-apo qui prend le temps de caractériser ses personnages et qui évite soigneusement les vaines effusions de sang. Les vampires, relégués au rang de seconds rôles, assurent quant à eux le quota de scènes spectaculaires, Mickle ayant choisi de les doter de capacités physiques hors du commun et de ne jamais nous faire perdre de vue qu’eux aussi sont des victimes. Le plus beau morceau de bravoure étant la scène où un groupe de fanatiques procède à un “lâcher” de vampires au-dessus d’un village de réfugiés entièrement désarmés. Au vu du sujet, la prouesse est belle et le résultat plus qu’encourageant, malgré une partition musicale extrêmement pesante, des maquillages pas toujours heureux et un personnage de “vilain” assez caricatural.


L’un des web-épisodes du film, consacré au personnage de Belle.
 

Le DVD et le Blu-Ray du film, sortis le 4 octobre chez Aventi/Entertainment One, comportent un journal de pré-production et un module sur les effets spéciaux. On vous conseille surtout les sept web-épisodes consacrés aux personnages du film : des “préquelles” sous forme de courts-métrages très inventifs, qui nous en apprennent un peu plus sur les origines de l’épidémie. Si vous ne devez en voir qu’un (outre celui qui vous est présenté ci-dessus), choisissez celui intitulé “origins”.

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