Sur la piste du Marsupilami, un naufrage

03/04/12 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : , , , ,

Chabat-Debbouze-marsupilami Il y avait le point Godwin, il y aura maintenant le point Chihuahua…

Il y a certains films où les attentes du spectateur – qui a lu et apprécié nombre d’albums du Marsu dans sa jeunesse – et l’univers de son réalisateur  se confrontent dès le départ pour ne jamais tomber d’accord et saboter toute l’expérience. On a beau avoir l’esprit ouvert, impossible d’adhérer à ce qui se déroule sous nos yeux, on est constamment déçu par l’attente d’un film rêvé qui ne se réalise jamais. On s’en doutait un peu, remarquez, dès l’affiche du film, qui à sa sortie s’était attirée moqueries sur moqueries.  Sur la Piste du Marsupilami aurait dû être un Mon ami Joe, un Cœur de Dragon, un King Kong, un E.T pourquoi pas. Une fable d’aventures écolo où la bestiole tient la première place, et fait fondre les cœurs des méchants autour.

Orchestré par Alain Chabat, c’est un délire de potes affreusement mal filmé et pas drôle pour un sou. Il faut insister là dessus : le film est atrocement moche, il pique les yeux, hallucinant de médiocrité, remémorant les heures les plus sombres des Max Pécas et d’Hélène et les garçons. On pourra arguer que les grosses comédies ont rarement l’ambition de donner des leçons de cinéma. On défendra pour notre part qu’il y a une limite à la laideur qu’on peut imposer au spectateur. Et on est excédé de ce cinéma de riche (40 millions d’euros) qui se veut bête d’Imax (1er film européen diffusé dans ce format)  alors qu’il n’est au mieux que grenouille de téloche.

On s’est mis quelques goutes dans les yeux, et on a attendu patiemment – 10 minutes, 20 minutes, demi heure… que la mayonnaise prenne. En vain, malgré les saillies comiques en rafale. La Chabat’s touch (troisième degré, absurde et anachronismes), indiscutable ingrédient du succès d’Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, tient ici le spectateur constamment à distance. Fatiguant, pénible, idiot, vulgaire, comme cette scène où Debbouze, enterré jusqu’au cou, se fait sodomiser l’oreille par un chihuahua. C’est l’un des rares moments où les enfants présents dans la salle ont ri, la plupart des blagues leur passant à 36 000 pieds. On avait envie de rêver, de se voir raconter une histoire, on a l’impression d’avoir passé, sobre, une soirée au milieu de gens bourrés.

Le projet est pourtant on ne peut plus clair :  aspect cartoon franco-belge ascendant Tex Avery assumé, un trait familial revendiqué, des situations comiques aux costumes, tout en couleurs flashy et traits simples : publicités ambulantes pour la lessive qui donne des couleurs éclatantes à froid. Il y a une histoire de guide touristique gentiment magouilleur (Debbouze) de journaliste gentiment inadapté (Chabat), d’un dictateur gentiment méchant (Lambert Wilson), d’un méchant entre la pub Orangina et celle de la Maaf (je l’aurai un jour !), d’une tribu sauvage qui danse la Tektonik. Quand il apparaît (1/4 d’heure, 20 minutes au maximum) le Marsu est très réussi, enchanteur, sa douce et leurs gamins sont creu-mignons. Lambert Wilson se livre à un joli numéro de fofolle fan de Céline Dion.

Tout ça veut ratisser très large, tout ça est très raté.

C’est pénible et triste.

Sur la piste du Marsupilami de et Alain Chabat, avec aussi Jamel Debbouze, Lambert Wilson, Fred Testot… 1h44, sortie le 4 avril.

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4 commentaires

    Pierre  | 04/04/12 à 11 h 44 min

  • Cet article est un ramassis de conneries ! Faites vous votre propre avis en allant voir ce film, on rigole très souvent, les enfants présent lors de la projection a laquelle j’ai assisté n’ont pas arrêté de rire, et se racontait déjà leurs répliques culte en fin de projo. L’auteur de ce sujet n’est qu’un frustré de plus qui ne prend son plaisir que quand il critique le travail des autres. Ce n’est certes pas le film du siècle, mais dire que ce n’est pas drôle et que c’est moche, c’est à se demander si cette personne à vu le film.

  • Jamel Debbouze  | 04/04/12 à 11 h 54 min

  • Ce film est une sombre merde (je précise que je l’ai vu)

  • Abelhello  | 04/04/12 à 14 h 23 min

  • Merde quoi : Spirou et les héritiers et Le dictateur et le champignon : deux des plus gands albums de Franquin! Tournés en riducule dans ce film : c’est honteux !

  • Kclash  | 15/09/12 à 22 h 28 min

  • Tres decu de ce film…dire que ca vient de la même personne qui nous a offert la cite de la peur et Asterix MC…. que c’est il passe depuis? pourquoi le niveau est il tombé si bas ???

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