“The Amazing Spider-man : Le destin d’un héros” par ses créateurs

01/05/14 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : , ,

amazing spiderman UNE

Spider-man revient sur les écrans et forcément, ça déménage ! Dirigé, comme le premier opus de cette nouvelle franchise, par Marc Webb, auteur de l’audacieux 500 jours ensemble, le blockbuster plonge les spectateurs dans un déluge d’effets visuels et exploite parfaitement la 3D. Virtuosité qui ferait presque passer la trilogie de Sam Raimi – dont on préférera quand même le ton et l’analyse de l’adolescence – pour des films old school. De passage à Paris, le cinéaste, accompagné des producteurs Matt Tolmach et Avi Arad, explique la motivation de ce reboot, où Andrew Garfield endosse le costume de l’homme araignée, emballe Emma Stone et affronte un Jamie « Electro » Foxx, un brin faiblard.

Dans un cadre comme celui-là, très codifié, quelles sont les libertés et les contraintes de ce genre de production ?

Marc Webb : C’est vrai qu’il y a beaucoup d’icônes à protéger… On sait par exemple que Peter Parker est un teenager, qu’il est drôle, agile et qu’il est avant tout un sauveur. Donc ici, ce n’est pas sa force qui est importante mais plutôt son intelligence et son côté « Nerd ». Avant, dans les années 1960, les « Nerds » étaient juste des gars avec des lunettes, coincés et bossant uniquement dans le domaine scientifique… Aujourd’hui, ils dirigent le monde et emportent la fille à la fin ! Il est amusant de remarquer, qu’au fond, Spider-Man est en réalité un outsider, sous-estimé et exclu. Alors oui, il y a des codes à respecter mais à l’intérieur, on trouve sa liberté. On a d’ailleurs les mêmes contraintes dans la poésie où l’on utilise le sonnet, qui est une forme précise, mais offrant des possibilités infinies.

“Nous vivons dans un monde qui a besoin de héros”

Comment avez-vous géré le rapport entre l’œuvre initiale Amazing Spider-Man et son reboot, au début des années 2000, Ultimate Spider-Man ?

Avi Arad : Les premières influences sont celles de Stan Lee et Steve Ditko mais pour les costumes, c’était plutôt de « The Ultimate ». On a donc mélangé les deux univers. La raison est simple : il est nécessaire de toujours s’appuyer sur les Comics classiques car ils ont posé les bases. Ils sont une sorte de bible, qui explique, entre autres, la direction des personnages. Tout en restant fidèle à ce modèle, nous avions comme objectif de la rendre réaliste et de la faire exister dans notre propre monde. Je pense que ce pari était déjà réussi dans le premier volet mais ici, l’esthétisme est plus poussé. L’idée première reste en tout cas la même : parler de l’essence même de Spider-Man. Je crois que nous avons tous beaucoup d’empathie avec le personnage, son vécu, car il symbolise peut-être la meilleure version de nous-même puisque même s’il fait des erreurs, il lutte de manière juste. Le plus difficile au fond, dans une adaptation, c’est d’éviter le piège tendu par les fans. Ils nous incitent à suivre à la lettre l’histoire des livres… C’est tentant mais on s’est rendu compte que ce n’est pas réellement ce qu’ils veulent ! Leur véritable souhait est que le film soit fidèle à l’esprit qu’ils connaissent et d’être en même temps surpris. Et c’est précisément notre job de trouver cet équilibre lors du passage sur grand écran.

Le destin d’un héros donne l’impression d’être adressé à un public plus jeune qu’auparavant. Une volonté de départ ?

Matt Tolmach : Beaucoup de tranches d’âges connaissent Spider-man et son inspiration, tout comme sa volonté de réussir, symbolisent le fait que nous vivons dans un monde qui a besoin de héros. Nous avons tous eu aussi « des moments Peter Parker », c’est-à-dire des moments où nous sommes nostalgiques des années lycées, où nous voulions sortir avec une fille et qu’elle ne voulait pas… Spider-Man représente tout cela et c’est ce qui lui permet de toucher toutes les générations. Après, il ne faut pas oublier que le héros est un adolescent, donc le rapport à la jeunesse est forcément plus appuyé.

Comment s’est opéré le choix d’opposer à Spider-Man non pas un, mais trois antagonistes ?

Marc Webb : Il fallait que ces trois méchants soient là pour faire mûrir Peter Parker. Chacun d’eux symbolise un thème que nous voulions aborder dans le film et démontre que plus la vie de notre héros se complique, plus il est obligé de grandir. En ce sens, Electro est un obstacle stratégique et physique alors qu’Harry Osborn est un obstacle émotionnel. Enfin, dans les Comics, Peter se montre toujours souriant, blagueur… Il est constamment dans l’autodérision. Le troisième bad guy, Rhino, le confronte donc à cet aspect de sa personnalité.

[ATTENTION SPOILER]

Enfin, le sort réservé à Gwen, sa petite amie, a-t-il été difficile à accepter ?

Avi Arad : Cette jeune femme est brillante, pleine de caractère et ne veut pas être réduite à « La petite amie de… ». Par rapport à cette volonté, elle accepte d’immenses sacrifices et se révèle presque plus héroïque que Spider-Man. Mais comme dans tous films, chaque action a des conséquences. Sa mort est donc accompagnée d’un sens : elle est une perte infinie pour Spider-Man. En terme de réalisation, il fallait que cette scène montre que l’espoir et l’envie peuvent naître de la tragédie. C’est un sentiment extrêmement difficile à retranscrire, mais je pense que nous avons atteint ce but.

« The amazing spider-man : le destin d’un héros », sortie le 30 avril 2014 (2h21, Sony Pictures releasing France).

Crédit Photo : Sony Pictures Releasing

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