The Divide, de Xavier Gens : critiques et interview

02/06/12 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , , ,

A l’occasion du festival de Gerardmer 2012, Engy a vu The Divide, de Xavier Gens. Elle a rencontré son réalisateur et mis Sabrina sur le coup. Sauf que Sab, elle, a largement préféré Frontières – qu’elle n’avait pas aimé. Ci-dessous, les critiques pour/contre et l’interview.

The Divide : le pour

Deux femmes, six hommes, une enfant. La ville vit ces derniers instants, l’humanité aussi, dans ce huis-clos apocalyptique de Xavier Gens où règne la testostérone. The Divide fait penser à une expérience réalisée avec des rats. Très vite, il faut élire le male alpha (Mickey /Michael Biehn ou Josh /Milo Ventimiglia) choisir quelle femelle respecter (Eva / Lauren Germam) et laquelle exploiter (Marilyn /Rosanna Arquette).

C’est cliché, c’est sexiste, et finalement peu étonnant. On aimerait dire que ça ne se passerait pas comme ça dans la vraie vie, alors que ça pourrait, et Xavier Gens en l’assumant, nous montre jusqu’où ça irait. Ce jusqu’au-boutiste s’avère être la qualité première de The Divide, qui pousse ses acteurs à la performance, de celles qui ne recevront jamais d’Oscars, tant elles tendent vers la malsanité. Rosanna Arquette, avilie, passe de la mère protectrice à la catin. Milo Ventimiglia et Michael Eklund, mauvais garçons sexy, mutent en ordures finies. On craint vite leurs instincts humains, animaux, de survie. Et, plus encore, on appréhende leurs résignations, ce moment où coincés pour coincés, bouffés par la radioactivité, les personnages ne font plus attention à rien, surtout à une quelconque dignité. Pour Lauren Germam et les autres – hormis Michael Biehn – on a envie de dénoncer l’erreur de casting, jusqu’à leur scène choc, une pour chacun (trois pour Eva), qui les révèlent soudain. C’est aussi simpliste et indispensable que de ponctuer. Il appartient à la solide BO de lier.

Au final, The Divide remplit les attentes de l’amateur de genre de base. Le strict minimum avant l’œil éduqué, pour qui voudrait revenir à l’essence d’un cinéma de provoc’, mêlant le porno-gore au scato-trash, qui fait jaser les associations chrétiennes de par son efficacité.

The Divide : le contre

Neuf personnes sont enfermées dans une cave pendant que l’apocalypse ravage le reste du monde. Personne ne prend la peine de soliloquer, préférant très vite se taper sur la gueule, se violer en mangeant des haricots, faire caca par terre, démembrer un cadavre de scientifique dont on se demande encore ce qu’il venait foutre ici (l’intrigue, pourtant intéressante, est définitivement évacuée au bout de quelques minutes).

Les personnages, trop nombreux et caricaturaux pour susciter l’empathie – le caractériel crie beaucoup, l’intellectuel a des lunettes, le beau gosse a des muscles, le noir a un flingue, la petite fille a un lapin en peluche… souffrent de dialogues frisant le crétinisme, aucun ne s’attardant sur la catastrophe nucléaire qui fait rage à l’extérieur – parler de bouffe, c’est tellement mieux. Multipliant les facilités et les incohérences (laisser attaché à une chaise le seul homme du groupe capable de dénouer la situation, il faut oser) – au détriment d’une vraie caractérisation des personnages, essentielle dans un huis-clos, les scénaristes responsables du machin vont jusqu’à ranger certains protagonistes dans leurs chambres pour les ressortir quand ils leur trouvent enfin une quelconque utilité.

Dans ces conditions, difficile de s’intéresser au conflit opposant les survivants, qui multiplient les actes de violence aussi lassants que gratuits (on n’a pas peur, on n’a pas mal, on se fait chier). Même Laurent Barès, d’habitude excellent (il a récemment éclairé Livide), semble en petite forme. Pas grand chose à sauver, donc, si ce n’est la musique, inspirée des partitions de John Murphy et John Carpenter, et les acteurs – dont l’ultra badass Michael Biehn qui n’en finit plus de cachetonner dans des séries B où il entretient soigneusement son statut d’acteur culte. C’est pour lui, qu’on a regardé le film jusqu’au bout.

The Divide : interview de Xavier Gens

The Divide, de Xavier Gens. En DVD et Blu-Ray le 1er juin 2012.

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