[Tops] Nos tops ciné 2013

15/01/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags :

Une TOP

Quand Les Cahiers du cinéma font leur top de l’année, c’est une liste de 10 films qui circule et se suffit à elle-même. Quand Envrak s’essaie à l’exercice, c’est 500 échanges de mails contradictoires et le rédacteur chargé de centraliser les soumissions des autres frôle la dépression nerveuse. Certaines veulent subrepticement caser un top 11, d’autres se contentent de 8, voire de 5 films. Quant aux textes accompagnant les tops, il faut se battre pour qu’ils restent dans des limites tenables.

L’essentiel, c’est que ce top – qui n’en est pas un donc, est à notre image : éclectique, exigeant ET grand public, avec une pointe de curiosité qui nous autorise le grand écart d’Universal Soldier 4 et Hunger Games 2 à Syngué Sabour et L’inconnu du Lac. A retenir : la quasi absence de La vie d’Adèle, Palme d’Or 2013, et la présence surprise de Happiness Therapy qui fait jeu égal avec The GrandMaster et The battery (petite pépite de festival). Au milieu de tous ces coups de cœur qui sont autant d’indices sur la personnalité de ceux qui les nomment, Gravity fait presque consensus. Presque. C’eut été trop facile…

Sabrina

1 – Only God Forgives (Nicolas Winding Refn)
2 – The Battery (Jeremy Gardner)
3 – The Grandmaster (Wong Kar Wai)
4 – Berberian Sound Studio (Peter Strickland)
5 – The Conjuring (James Wan)
6 – Stoker (Park Chan Wook)
7 – Tel Père tel fils (Hirokazu Kore-Eda)
8 – Spring Breakers (Harmony Korine)
9 – Magic Magic (Sebastian Silva)
10 – Universal Soldier 4, Day of reckoning (John Hyams – DTV)

 

Difficile de détrôner Only God Forgives, du démiurge danois Nicolas Winding Refn, qui nous a fait frôler le syndrome de Stendhal pendant 1h30. A la seconde place, un 1er film à 6000 dollars, The Battery, déloge in extremis le monumental Grandmaster de Wong Kar Wai. Berberian Sound Studio permet à Peter Strickland de livrer une œuvre complètement méta, par le prisme non de l’image (encore que…) mais du son. L’horreur squatte le milieu du top, avec The Conjuring, qui dépoussière et repoussière les poncifs avec une habileté confondante. Le Coréen Park Chan Wook s’exile aux États-Unis mais ne laisse pas son talent à la frontière et signe avec Stoker le terrifiant portrait d’une famille névrosée où règne la magistrale Nicole Kidman. Le japonais Tel Père tel Fils se passe de verbiage superflu pour faire naître l’émotion, retenue à l’écran mais réelle au delà. Spring Breakers croque la jeunesse sans pitié, sans filet, sans crème solaire. Au même rayon, le paranoïaque Magic Magic a retourné le cœur de ceux qui sont allés le découvrir. Enfin, du côté des DTV, on mentionne vite fait le beau Lords of Salem de Rob Zombie, qui y dépose amoureusement son épouse Sheri Moon sur un piédestal. Et on reparle de Universal Soldier, Day of Reckoning, sorti en janvier sans que personne ne s’en émeuve alors qu’on tient là une des baffes les plus colossales de la carrière de Van Damme. Absolument RIEN ne prédestinait un film de la saga Universal Soldier à figurer dans un même paragraphe que Enter The Void et Apocalypse Now. Voilà qui est fait.

Engy

1 – Les Rencontres d’Après Minuit de Yann Gonzalez (13/11/2013)
2 – Touch of Sin de Jia Zhang-Ke (11/12/2013)
3 – L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie (12/06/2013)
4 – La Vie d’Adèle d’Abdelatif Kechiche (09/10/2013)
5 – Inside Llewlyn Davis des frères Coen (06/11/2013)
6 – Alabama Monroe de Felix Van Groeningen (28/08/2013)
7 – Spring Breakers d’Harmony Korine (06/03/2013)
8 – La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino (22/05/2013)
9 – Syngué Sabour d’Atiq Rahimi (20/02/2013)
10 – La Bataille de Solferino de Justine Triet (18/09/2013)

Mon année cinématographique 2013 commence comme une mauvaise blague, l’histoire de quatre français, deux américains, un belge, un chinois, un italien et un afghan. Celle d’une partouze de poètes, de combattants en pleine Chine moderne, d’un huis clos à l’air libre. Où deux femmes s’aiment, un looser persiste, et où les obstacles de la vie frappent le couple amoureux. Où l’attrait du pouvoir croise celui de l’ennui, et où une opprimée se libère, le tout dans l’espace en pleine manif à Paris. J’étais sortie de Cannes avec la certitude d’avoir au moins vu quatre films qui figureraient dans mon top 10. Ils seront six à rester, sept si on considère que c’est seulement après avoir vu The Bling Ring que j’ai compris le génie d’Harmony Korine. Tous ont fait couler des caractères sur Envrak, ici de ma plume, ou de celles de Sabrina et d’Holden. Reste à justifier La Bataille de Solférino, un film tourné au cours de l’événement, exploit qui le place ex aequo avec Gravity, malgré l’absurdité du “full frontal” français ou celle du “too much happy ending” américain. Quant à Alabama Monroe, la BO parlera d’elle-même, si ce ne sont les cadavres de mouchoirs trempés de larmes que le film m’a laissé.

Holden

1 – The Grandmaster (Wong Kar Wai) et Gravity (Alfonso Cuaron)
3 – Before Midnight (Richard Linklater)
4 – Magic Magic (Sebastian Silva)
5 – Lone Ranger (Gore Verbinski)
6 – Inside Llewlyn Davis (Joel et Ethan Coen)
7  – Maniac (Frank Khalfoun)
8 –  Snowpiercer (Bong Joon Ho)
9 – Universal Solider 4, Day of reckoning (John Hyams)
10 – After Earth (M. Night Shyamalan)

 

Le magnifique et (il faut le reconnaître) très bancal The Grandmaster utilise montage et cadrage pour faire de la 3D sans lunettes, tandis que Gravity est l’expérience la plus viscérale à nos yeux depuis Il faut sauver le soldat Ryan. Before Midnight leur fait la nique en portant bien haut les acteurs et l’art du dialogue, il touche très juste dans le fond, et se termine sur le cliffhanger le plus énervant depuis l’ouverture de la trappe à la fin de la saison 1 de Lost. Magic Magic (faux teen-movie et vrai drame psychologique à la Polanski) filme le délitement de l’esprit avec une précision rare. Dans le bas du tableau, une flopée de films de genre inventifs et fun. Jusqu’à Shyamalan, qu’on ne se résout toujours pas à honnir comme les autres. Son After Earth est l’illustration vivante de l’adage confucéen « Quand le sage montre la lune (un joli récit de coming-of-age sf) le sot regarde le doigt » (la scientologie en 3 leçons).

Ophélie

1 – Happiness Therapy (David O Russel)
2 – Hunger Games, L’Embrasement (Francis Lawrence)
3 – Les garçons et Guillaume, à table (Guillaume Gallienne)
4 – Gravity (Alfonso Cuaron)
5 – La Vénus à la Fourrure (Roman Polanski)
6 – Le Hobbit – La désolation de Smaug (Peter Jackson)
7 – Gatsby Le Magnifique (Baz Luhrman)
8 – 20 ans d’écart (David Moreau)

 

Les grands écrans en 2013 ont encore tenu leurs promesses : je n’ai pas honte d’avoir aimé 20 ans d’écart, une comédie romantique avec l’excellent Pierre Niney, mais j’ai surtout été scotchée à mon siège à trois reprises. Par l’époustouflant Gravity, d’abord,qui m’a envoyée dans l’espace et m’a filé de la tachycardie pendant 1h30, par le très beau et beaucoup mieux réussi que le premier Hobbit : la désolation de Smaug ensuite et, dans un tout autre registre, par le retour du magicien de l’image Baz Lhurmann et sa nouvelle réalisation Gatsby le Magnifique. Cette année je me suis également fait avoir par Polanski, le virtuose de la mise en scène, et sa Vénus à la fourrure. J’ai été surprise par Guillaume Gallienne et son excellent Les garçons et Guillaume, à table, un film décalé et réussi qui fait du bien au cinéma français. Mais mon année ciné 2013 a surtout été dominée par l’excellente Jennifer Lawrence : d’abord dans le second Hunger Games, plus qu’une simple dystopie pour ado, un spectacle qui m’a donné envie de me mettre au tir à l’arc et m’a fait saliver en attendant le troisième volet. Et surtout, pour ce qui sera pour moi la pépite de cette année, dans Happiness Therapy, le feel good movie où les acteurs secondaires comme principaux sont magnifiques et pour lequel Jennifer Lawrence mérite mille fois son Oscar !

Emi

1 – Frozen (Chris Buck, Jennifer Lee)
2 – Song for Marion (Paul Andrew Williams)
3 – Happiness Therapy (David O Russell)
4 – Pitch Perfect (Jason Moore)
5 – Le Monde de Charlie (Stephen Chbosky)
6 – Les Amants Passagers (Pedro Almodovar)

 
Ayant savamment évité les blockbusters en tout genre, l’année 2013 s’est faite sous le signe des productions plus modestes, mais non moins dénuées de qualités. Un constat cependant : Ces films auront été intimement liés à la musique (ou à la danse). Chaque œuvre faisant écho à une danse savamment menée par des castings marchant sur un fil pour offrir une harmonie quasi parfaite. Song for Marion est une magnifique valse à deux temps entre Vanessa Redgrave et Terence Stamp prouvant que le cinéma n’a pas d’âge, tandis que Happiness Therapy et Le Monde de Charlie, plus contemporains, entraînent les spectateurs dans une danse plus frénétique. Hors catégorie, il y a la magie Disney, avec Frozen, qui peu importe l’âge donne envie de chanter et danser à tue-tête avec ces personnages. Et puis, plus loin, dans le bas du tableau, il y a la folie douce du fandango des Amants Passagers d’Almodovar, tandis que Pitch Perfect s’offre le luxe d’être un mélange de ce que ces 3 dernières décennies nous ont offert de meilleur et parfois de pire (musicalement parlant)…

Jean-Philippe

1 – L’Inconnu du lac (Alain Guiraudie)
2 – Mud, Sur les rives du Mississippi (Jeff Nichols)
3 – The Grandmaster (Wong Kar Wai)
4 – The Battery (Jeremy Gardner)
5 – Gravity (Alfonso Cuaron)
6 – Frances Ha (Noah Baumbach)
7 – No (Pablo Larrain)
8 – The Master (Paul Thomas Anderson)
9 – Le Dernier Pub Avant la Fin du Monde (Edgar Wright)
10 – C’est la Fin (Seth Rogen)

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1 commentaire

    AnSo  | 15/01/14 à 20 h 11 min

  • Merci de me rappeler que je ne suis pas allée suffisamment au cinéma en 2013^^ C’est bien que ce ne soit pas devenu un top 10 de consensus.

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