Tout est pardonné

01/04/08 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs

Chabadabada, chabadabada, Victor et Annette sont amoureux, ils vivent dans une appartement de bobo à Vienne avec leur petite fille si mignonnette, et tout va bien, mais pas très. Victor aime bien faire la night, alors qu’il est père de famille, le bougre. Sa femme se dit que “tiens, si on allait à Paris, peut-être que Victor se calmerait” (et oui, à Paris, on ne fait pas beaucoup la night, c’est connu). Les voilà donc tous les trois dans un appartement de bobo à Paris (chabadabada), mais rien à faire, Victor continue à faire la night. Si bien qu’il s’emmourache d’une jolie junkie accro à l’illicite. Forcément, Annette prend sa petite Pamela sous le bras et va voir ailleurs si le soleil brille. Onze ans plus tard, Victor s’en veut, il n’est pas très en forme et aimerait bien revoir sa fille, lui demander pardon et redevenir un vrai papa, chabada. Ca tombe bien, Pamela, 17 ans, a envie de connaître le géniteur de ses jours, quitte à contrarier sa mère…

Le temps du bonheur pour Victor, Annette et Pamela. Pour le spectateur, le pire reste à venir

Une pluie de papiers dithyrambiques, de projections dans moult festivals et de nominations pour diverses récompenses… Tout est Pardonné serait-il un chef d’oeuvre? Ohlala, non… Mais pourquoi diable les critiques ont-ils mis ce film sur un piédestal? On sait pas. Alors on suppute: ça ressemble à un grand film chiant directement sorti du moule poussiéreux de la nouvelle vague tendance Rohmer – la pire, donc- mais au final c’est un film chiant tout court… C’est réalisé par une ancienne journaliste des “Cahiers du Cinéma”, donc attention, on rigole pas, la dame est une pro, elle sait de quoi elle parle, et même si on s’est endormi au bout d’une heure, on est un peu obligé de dire que c’est bien. Autre hypothèse: les films d’auteur hyper-parisiannistes, c’est tendance, mais n’est pas Christophe Honoré qui veut, et là pareil, on s’est bien emmerdé, mais comme les Inrocks ont trouvé ça génial, y’a forcément une raison, donc on adhère. On cherche, on cherche… mais on trouve pas: normal, on n’avait rien vu d’aussi prétentieux au cinéma depuis l’arrivée de Bruno Dumont dans le paysage du 7ème Art. On n’avait rien vu d’aussi mou du bulbe depuis Conte d’été. On a rarement attendu le générique de fin avec autant d’impatience. On ne s’était jamais senti aussi loin, mais loooooin des personnages depuis au moins l’époque naturaliste de Bresson. C’était il y a longtemps. A croire que certain(e)s ont oublié de se faire quelques toiles depuis pas mal d’années avant de se lancer de l’autre côté de l’écran. Et là pour le coup, ça se voit… Et ça ne pardonne pas.

Reste une petite poignée de performances intéressantes, comme celle de Paul Blain dans le rôle du père, qui trimballe une silhouette étrange de plan en plan et qui oublie au passage de prendre un coup de vieux dans la seconde partie du film alors que son personnage est sensé avoir dix bonnes années de plus. On mettra ça sur le compte de la “licence poétique”. Constance Rousseau, de son côté, fait ce qu’elle peut pour outrepasser les indications de mise en scène qui consistent visiblement à faire jouer uniquement ses deux yeux, alors qu’elle aimerait faire passer une palette d’émotions qui ne demandent qu’à sortir. Mais non, la réalisatrice a dit non. Ben ma foi, si les acteurs devaient absolument jouer la comédie pour qu’un film soit crédible, ça se saurait…

Le DVD sort le 10 avril, et après des recherches infructueuses, on ne sait pas quels éventuels bonus attendent les spectateurs téméraires, mais honnêtement, on s’en fout, puisqu’on a décidé de passer notre chemin.

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Pas de commentaire

    marlène  | 02/04/08 à 10 h 51 min

  • c’est marrant de lire un article pour déconseiller un film… au moins ici, pas de langue de bois.
    et ça fait du bien

  • Diana  | 10/04/08 à 11 h 01 min

  • Jamais de langue de bois sur Envrak. Au moins on sait à quoi s’en tenir!

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