Une sieste, ça vous dit ?

02/05/11 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , , ,

Ce mois-ci, croisette oblige, le cinéma est à la fête, mais les éditeurs DVD ne sont visiblement pas au courant. On devra donc se contenter de reprises et autre remakes, du soporifique dernier Sofia Coppola et d’une série qui s’essouffle.

Somewhere : un suppo et au lit

Johnny Marco, un acteur en pleine crise existentielle, écume les plateaux télé pour la promotion de son dernier film, boit des litres d’alcool et s’endort tous les soirs dans les bras de strip-teaseuses. Jusqu’au jour où il reçoit la visite de sa fille de 11 ans, Cléo. Star sulfureuse ou papa gaga, Johnny va devoir choisir.

Après avoir filmé des sœurs qui s’ennuient dans leurs chambres (Virgin suicides), deux Américains qui s’ennuient au Japon (Lost in translation) et une reine qui s’ennuie dans son château (Marie-Antoinette), Sofia Coppola filme un acteur qui s’ennuie dans son hôtel. Si le miraculeux Virgin Suicides (1999) avait, en son temps, donné l’illusion que Sofia Coppola avait effectivement du talent, Somewhere confirme tout le mal qu’on pensait de son univers à la vue de son biopic royal indigeste, inutile et très – trop – girly. Le contemplatif est un art délicat, qui nécessite le savoir-faire de cinéastes rompus à l’exercice, à l’instar de Gus Van Sant (Gerry). Coppola n’est pas Van Sant, et à vouloir trop épurer sa narration, la réalisatrice finit par brasser du vide, atteignant par la même l’objectif qu’elle s’était vraisemblablement fixé depuis le début de sa carrière : réaliser un film qui ne va… nulle part.

Les courageux, les masochistes, les hyper-actifs et les fans de Sofia Coppola peuvent également trouver Somewhere dans un coffret regroupant les quatre films de la réalisatrice. Quatre films, soit huit heures de projection : une bonne nuit de sommeil en perspective.
En DVD le 18 mai, avec des bonus analgésiques.

10 canoës, 150 lances et 3 épouses : le compte est bon

Il y a quatre ans, envrak s’inquiétait du sort réservé au très joli film de Rolf De Heer, 10 canoés, 150 lances et trois épouses, sorti dans très peu de salles en France, et complètement exclu du marché DVD. Memento films se charge aujourd’hui de rectifier le tir, en offrant enfin au film une édition digne de ce nom, agrémentée d’un documentaire de près d’une heure.

Véritable immersion dans le bush et dans la culture des aborigènes d’Australie, 10 canoés…, fiction entièrement tournée en langues yolngues, permet de souligner les similitudes qui peuvent exister entre les civilisations dites “primitives” et celles qui, à des milliers de kilomètres, font face aux mêmes problèmes conjugaux, économiques, familiaux… L’histoire, contée en voix-off et sublimée par des paysages naturels à couper le souffle, relève autant de la fable ancestrale que de la comédie traditionnelle. Un film à ranger entre Terrence Malick et Les dieux sont tombés sur la tête.
En DVD le 3 mai, avec 10 bonus, 150 suppléments et 3 making-of.

Dexter saison 3 : frères de sang

Expert scientifique du service médico-légal de la police de Miami, Dexter Morgan (Michael C. Hall) est aussi un serial killer. Pour s’assurer la sympathie des téléspectateurs, il prend soin de ne tuer que des méchants. Alors que les Français découvrent à la télévision (ou en téléchargement très très illégal) la catastrophique saison 5 de Dexter, les retardataires peuvent compter sur showtime pour prendre le temps de découvrir la série en DVD. Ce mois-ci, le coffret renfermant la saison 3 voit ce brave Dex affronter sa paternité imminente, ainsi qu’un doppelganger inattendu en la personne de Miguel Prado, assistant du procureur qui découvre le petit secret de son nouveau meilleur ami.

Longtemps persuadés que la série, adaptée des romans de Jeff Lindsay, tenait le haut du panier en terme de fictions américaines, on n’est plus dupes aujourd’hui des rouages rouillés de cet univers et de ces personnages qui s’essoufflent. Au risque de transformer le héros – autrefois délicieusement ambigu – en père au foyer, les scénaristes s’enlisent dans une romance qui ne tient plus la route (ce qui expliquera le dénouement de la saison 4), et flanquent Dexter d’un acolyte tête à claques superbement campé par Jimmi Smits, seul apport vraiment intéressant à cette saison. Malgré quelques épisodes de très bonne facture, dont le sublime Easy as pie, la série perd peu à peu ses marques. De Dexter à Desperate housewives, il n’y aura bientôt plus qu’un pas, que la jolie Julie Benz (Rita Morgan) finira d’ailleurs par franchir. Personne ne s’en étonne.
En DVD le 3 mai, avec des bonus sanguinolents.

On ne les a pas vus mais on s’en fout (ou presque)

L’honneur suprême : nommé président du festival de Cannes, Robert de Niro a, en outre, la joie immense de pouvoir célébrer la sortie en DVD de Mon beau-père et nous, chef d’œuvre tragi-comique où les valeurs familiales explosent dans des torrents de larmes et des performances d’acteurs légendaires… Non, on déconne.

A part ça, Le fils à Jo, avec Gérard Lanvin, sort lui aussi en DVD, et on en profite ici pour signaler à son réalisateur, qu’on ne dit pas “le fils à Jo”, mais “le fils DE Jo”. Cette énorme faute de grammaire faisait mauvais genre sur l’affiche, on n’est pas allé voir le film.

On l’avait pourtant prévenu : c’est sympa, la retraite. Mais Dario Argento, cinéaste joliment constant dans la médiocrité depuis Le fantôme de l’opéra (1998), s’obstine à tourner des films, quitte à se ridiculiser dans le monde entier. Comme avec Giallo, tellement pourri que son acteur principal, Adrian Brody, a voulu ôter son nom du générique. Ce qui est un peu stupide, car on l’aurait reconnu quand-même…

On n’a pas vu Au delà, du grand Clint ; un réalisateur auquel Envrak est pourtant fidèle. Mais le fantastique-cucu, on n’aime pas trop ça. La vision du DVD nous donnera peut-être tort.

On ne le répètera jamais assez : on déteste les remakes. C’est la seule raison pour laquelle on a refusé de voir The green hornet, pourtant réalisé par Michel Gondry. On ne lui accordera même pas l’honneur de visionner le film sur petit écran, en mémoire de Bruce Lee.

Enfin, on a raté Sound of noise, film suédois passé inaperçu en France, malgré un concept délirant – des braqueurs de banques qui exécutent une œuvre musicale en utilisant une ville entière comme instrument. La bande-annonce donne très envie de découvrir ce film, proclamé DVD du mois.

Les DVD du mois d’avril, c’est par .

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