Il était une fois en Amérique : l’éducation sentimentale

02/05/10 par  |  publié dans : Cinéma | Tags :

Sorti en 1984, Il était une fois en Amérique, dernier film du cinéaste italien, aura nécessité douze années de préparation. Considéré aujourd’hui comme un chef d’œuvre, le film retrace près de 40 ans de la vie de Noodles (Robert De Niro) et Max (James Woods). Dans la première partie (qui se déroule dans les années 20), leurs personnages sont des adolescents vivant de menus larcins dans un ghetto new-yorkais. Pour faire “comme les grands”, Noodles, Max, et les petites frappes qui les accompagnent (Patsy, Cockeye et le petit Dominic, qui n’a même pas encore mué), fument des cigarettes, disent des gros mots, volent les commerçants et vont voir les filles. Patsy est d’ailleurs bien le seul à ne pas avoir goûté aux charmes de Peggy, la jeune femme gironde qui offre son corps à qui lui apportera des charlottes à la crème. Les plus chères, celles à 5 cents. C’est dans l’épicerie de Fat Moe qu’on retrouve Patsy, bien décidé à devenir enfin un homme. Sa charlotte à la main, il se rend chez Peggy. En attendant qu’elle sorte de son bain, le petit garçon s’assoit dans l’escalier, et observe le paquet dans lequel est enfermée la pâtisserie qui va le faire entrer dans l’âge adulte.

Quatre minutes. C’est le temps qu’il aura donc fallu à Patsy pour prendre sa décision : l’âge adulte attendra. C’est ce que nous montre cette séquence, bercée par la musique d’Ennio Morricone et rendant tout à fait claire l’une des intentions de Sergio Leone dans la première partie du film : brosser le portrait d’enfants qui croient pouvoir faire le mal en toute innocence. Au cœur de ce magnifique prélude, la certitude que la misère – plus que le triste modèle que leur imposent leurs aînés – transforme ces gamins des rues en voyous. Bien malgré eux, tous deviendront des hommes, douloureusement, dans la violence. A la lumière de ce que réserve aux protagonistes la seconde partie d’Il était une fois en Amérique, la scène de la charlotte est une respiration, une pause pleine d’espoir. La cerise sur le gâteau.

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2 commentaires

    snookie60  | 29/09/10 à 13 h 48 min

  • excellent d’avoir posté cette scène que tu sembles être une des seules à vouloir rappeler. Ton analyse du contexte rejoint la mienne – Sincères félicitations.

  • snookie  | 29/09/10 à 13 h 54 min

  • Dans la vie il faut faire des choix , eh bien lui , il a préféré Charlotte à Peggy , c’est son droit.

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