JCVD : Van Damme muscle son jeu

17/07/10 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : ,

Après 22 ans de carrière, les délires verbaux de Van Damme ont fait de lui un pantin médiatique qui échappe de peu au statut peu enviable de superstar has-been. En 2008, il trouve pourtant un projet à la hauteur de son talent caché : celui d’acteur. C’est un fan de la première heure, Mabrouk El Mechri, qui lui offre le rôle de sa vie – au sens propre – dans le film JCVD, pour lequel le réalisateur imagine un Van Damme au bout du rouleau, financièrement lessivé et luttant pour obtenir la garde de sa fille. De retour en Belgique – son pays d’origine, l’acteur se retrouve coincé au milieu d’une prise d’otages dans un bureau de Poste. En position de victime, Van Damme est pourtant désigné à tort comme le ravisseur par la police et les media du pays.

JCVD, en dépit des maladresses dues à une constante hésitation entre réflexes auteurisants et pur divertissement, est un film surprenant, un objet curieux, entre faux biopic et vraie confession, qui recèle à mi-parcours une parenthèse magistrale : un Van Damme mis à nu qui, pendant 7 minutes, fait le bilan de sa vie sous forme d’un monologue directement adressé aux spectateurs du film. Les débuts, la gloire, la drogue, l’amour, les gens, le cinéma, le karaté, la Belgique, l’Amérique… Si par moment, l’acteur force les expressions – pas facile de pleurer devant une caméra – l’homme prend rapidement le dessus, en roue libre.

Délesté de son statut de gloire internationale, JCVD prouve que son personnage de bouffon aware ne tenait décidément pas la route : “Mabrouk m’avait demandé de dire ce que j’avais sur le cœur. Il voulait un plan séquence pour que la parole vienne mieux et qu’on ne l’accuse pas de manipuler quelque chose de moi, d’avoir coupé les supposées conneries” expliquera plus tard Jean-Claude Van Damme*. On s’amusait du personnage. On admirait l’athlète. On décelait l’acteur. Aujourd’hui, on aime les trois.

* Dans un entretien accordé à ecrans.fr en juin 2008.

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