Plaidoyer pour le pull d’Adjani

18/01/10 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : ,

Le monde est cruel avec Isabelle Adjani. En particulier ces dernières années, depuis qu’une mal nommée humoriste imitatrice a causé des ravages dans le paysage médiatique. Résultat, aujourd’hui, vous dites « Isabelle Adjani », on vous répond « Florence Foresti ». Alors que dans un monde juste, les titres et les compliments se bousculeraient dans la bouche de votre interlocuteur : « Oh, Adjani, La gifle ! Possession, magnifique ! L’été meurtrier, sur ce lit… Et Camille Claudel ! Il n’y avait qu’elle pour ce rôle… J’ai aimé La journée de la jupe, aussi!» Ce serait la réaction minimum attendue. Un spectateur au regard un peu plus averti se lancerait dans une analyse du genre : « Tellement de talent, ça doit la faire souffrir. Ces derniers temps, elle se cherche, c’est évident… Mais elle est là, bien sûr. »

Dans un monde rêvé, donc, pas besoin d’argumenter en faveur de la chanson Pull marine. Ni de son clip, qui incarne ce que les années 80 ont produit de plus… années 80. En s’inspirant du champ lexical de la piscine (couleur, son, odeur) pour composer la chanson, Serge Gainsbourg a lancé un sacré défi au réalisateur du clip. Parce qu’à écouter, une piscine c’est très joli, mais à voir, c’est toujours laid. Il fallait bien le talent de Luc Besson pour mettre en image un texte qui baigne dans l’eau de javel.
En trois minutes quarante, Monsieur Grand Bleu trouve le moyen de refiler à Isabelle Adjani, et à travers elle à Serge Gainsbourg, le virus esthétique des années 80. Comme il la maltraite. Son petit pull marine est informe, ses cheveux chaque fois un peu plus laquées/brushés, et elle a emprunté ses boucles d’oreille à sa mère (celle de Besson).
Avec beaucoup de bonne volonté, on trouve d’abord au garçon des airs de Cyril Collard apaisé. Chouette. En fait non, en y regardant mieux, il vient de se faire larguer par Justine de Premiers baisers. Écrasé par l’aura tragique d’Isabelle Adjani, il tente de provoquer sa « petite sardine » en lui servant des copines à elles, mortes au micro-ondes. Mais Isabelle le noie car ses yeux sont bleu marine !

Dans un monde juste, on inscrirait ce clip au programme d’histoire de l’art des collèges. On démontrerait aux élèves que le « j’ai bu la tasse tchin tchin » d’Isabelle Adjani, cheveux mouillés et vague à l’âme, sauve d’une phrase la vidéo, Luc Besson, et les années 80 toutes entières.
De toute façon, Isabelle Adjani, ça lui est égal, elle nage en d’autres eaux. « Si c’est pour toi j’m’en fous » !

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3 commentaires

    falempin  | 18/01/10 à 15 h 45 min

  • excellent

  • bilouto  | 18/01/10 à 16 h 23 min

  • falempin a raison, très bon article

  • la guerrière  | 18/01/10 à 16 h 44 min

  • quel talent ! tu arriverais même à nous faire aimer les 2be3

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