Smiling in the rain

10/09/10 par  |  publié dans : Cinéma | Tags :

C’est vrai que la pluie c’est triste. C’est vrai que la pluie c’est agréable. C’est vrai que la pluie – en témoignent quelques éditos météorologiques sur Envrak -, ça influe sur le moral. En ce moment en France, les averses d’été – rapides, fines et tièdes – laissent place à celles d’automne, plus épaisses et durables. Viendront ensuite les grosses gouttes glacées de l’hiver, puis celles du printemps et leur odeur de nature en réveil. Le cycle de la pluie. Et puisqu’il faut le subir, autant en sourire.

Comment c’était en 1952, aux États-Unis ? Idem, faut croire. Cette année-là, Stanley Donen et Gene Kelly réalisaient ce qui allait devenir un chef d’œuvre de la comédie musicale : Singin’ in the rain (Chantons sous la pluie). Si le succès du film tient à sa nature hautement divertissante, au minois de Debbie Reynolds (alias future exécrable Bobbie Adler, dans Will and Grace) et à la mâchoire de Gene Kelly (dont on préfèrera le postérieur), il offre aussi une réflexion sur le septième art en s’inscrivant en pleine arrivée du parlant. Un film métacinématographique, comme les inspiraient les années 50 – et comme on peut encore en trouver aujourd’hui, soyons honnêtes. Issu du musical, Don Lockwood – le héros – est devenu la coqueluche du cinéma d’action muet, et se trouve à présent dépassé par son métier d’acteur, en pleine réinvention. Dès les premières minutes et avant d’attaquer une série de dialogues prémonitoires (“I’m a museum piece” by Gene Kelly), il gratifie le public de l’histoire de son ascension avec son meilleur ami Cosmo – leurs numéros musicaux se classent parmi les meilleurs. Et tandis qu’il se fend d’un discours sur la dignité, le flash-back illustre la réalité : de salles miteuses en salles miteuses, les deux compères se prenaient les huées. “We decided to come to sunny California”, raconte Don et l’image nous en montre la pluie. Revenons à la pluie.

Il pleut des cordes dans les décors en carton d’Hollywood mais Don s’en fout. Il vient d’élaborer avec Cosmo et Kathy – son amoureuse – un plan qui lui permettra de sauver son premier film parlant. Il vient surtout de rouler un gros patin à sa meuf – version code Hays. En somme, il est heureux. Alors qu’il vente, pleuve ou neige, peu importe. Don saute dans les flaques, joue avec le mobilier urbain, chante et danse sous la pluie parce que ça fait du bien. Prenons en de la graine.

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