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<title>Envrak - Dernière edition</title>
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<description>Le webzine tout en vrac - La derniere édition</description>
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	<title>Envrak</title>
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<title>Oscars 2010 : Luc Besson, démission !</title>
<link>http://www.envrak.fr/article-486-oscars-2010-luc-besson-demission</link>
<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 07:34:03 +0100</pubDate>
<description>Pourquoi on ne regardera plus jamais la retransmission française de la cérémonie des Oscars.Parce qu'on avait déjà juré mille fois qu'on ne nous y reprendrait plus. Adolescents et anglophiles depuis nos dernières années de collège, on tolérait tout juste les remarques déplacées de l'insupportable Isabelle Giordano, traditionnellement assistée par des comiques dont la cinéphilie laissait à désirer : Farrugia ou encore Timsit, respectivement auteurs des « on dirait un cochon, quand même » (à l'adresse de René Zelweiger, primée pour Retour à Cold Mountain) et « la grosse » (pour Kate Winslet, nommée pour Titanic). Quelques années plus tard, sans grande conviction, on persistait à rester éveillés toute la nuit pour suivre tant bien que mal cette cérémonie incessamment lourdingue traversée de private jokes étranges (le « Opraaaaah, Uuuuuumah ! » de David Letterman, 15 ans plus tard, on comprend toujours pas), de mièvreries diverses (les actrices portent heureusement du waterproof et les hommages aux morts s'accompagnent de violons sirupeux) et de commentaires imbuvables de la Giordano. Et puis on a laissé tomber. Parce que le cinéma américain, on en est largement revenus – on préfère les César – parce que trop souvent, les récompenses puent le dollar (autrement, comment Shakespeare in love, Le patient anglais ou Un homme d'exception pourraient être récompensés au détriment de bobines bien plus méritantes ?) et puis parce que la Giordano team, c'était plus possible. Les traducteurs en direct, c'est sympa, mais ça gâche : on n'entend pas les discours, on manque une phrase sur deux, les blagues intraduisibles tombent à plat. Une horreur. 

Notre dernière cérémonie, c'était il y a six ans. Mystic River : Sean, Clint... face à Peter Jackson (qui avait tout raflé avec ses hobbits et ses anneaux... tiens donc), comment rater ça ? Las. On s'était bien ennuyé, tout de même. 5 heures de direct, c'est long, c'est chiant. 5 heures de traductions françaises approximatives, c'est pénible.

Cette année, c'était différent. On a fait l'effort. La fausse guerre orchestrée par les médias entre le bulldozer Cameron et l'outsider Bigelow - mariés en 89, divorcés deux ans plus tard - en compétition pour Avatar (un demi milliard de budget, le monde entier l'a vu au cinoche) et The Hurt Locker (Démineurs, 11 millions de budget, ma concierge l'a téléchargé) avait tout pour titiller les plus réfractaires. On a donc joué le jeu, en mettant tout en œuvre pour trouver un streaming de la cérémonie dénuée de tout commentaire parasite. Raté. On a du se farcir Canal. Pire que tout : il a fallu supporter Laurent Weil (Giordano, à côté, c'est Pierre Tchernia) et ses innombrables fulgurances - non Laurent, Very bad trip et Very bad thing, c'est pas le même film. Non Laurent, Beau Bridges n'est pas le père de Jeff  - c'est son frère. Tu confonds avec Lloyd. Non Laurent, on ne se joue pas du français de la grande Sigourney quand on a eu l'honneur de l'interroger sans être capable de lui poser une question intéressante. Et quand on se vante d'avoir interviewé Mélanie Laurent une semaine avant mais qu'on ne connaît pas le titre de la pièce de théâtre dont elle est tête d'affiche, on rend sa carte de presse. Il est tout concon, ce Laurent Weil, presque attachant. On aurait pu tenir, remarquez. Mais Besson est arrivé. 


Steve Martin et Alec Baldwin, les présentateurs de la cérémonie, avaient l'air beaucoup plus marrants que Weil et Besson. Mais on le saura jamais, on n'a pas pu les entendre : on n'avait pas la VO...

Luc Besson. Cette espèce de grosse chose qui fait des "films" un peu pourris et qui en produit d'autres franchement pires. On appréhende; on se dit qu'il n'y en aura que pour Avatar (Cameron, c'est son meilleur pote), et puis on a raison, Besson en parle beaucoup, quitte à se payer de bonnes tranches de rire lorsque ce pauvre Didier Allouch (il est là, lui aussi, mais il ne sait pas pourquoi) ose dire de Démineurs que c'est un très bon film. Mais il a un autre sujet de prédilection, Besson, sur lequel, pendant des heures, il se montrera intarissable : lui-même. Les nombreuses coupures pub deviennent pour lui un refuge pour entasser un nombre incalculables de sentences mégalomanes. Natalie Portman le trouve génial. Il a été nommé aux Golden Globes pour Nikita. Les Américains l'aiment. Les films qu'il produit sont magnifiques (sic). Les César... "Les quoi ?". Adèle Blanc Sec pourrait bien lui valoir une nomination à l'oscar des meilleurs effets spéciaux. Pas un mot sur le palmarès en cours, sauf pour féliciter l'équipe de The cove, oscar du meilleur documentaire. Pas étonnant : c'est lui qui l'a produit. 

Laurent Weil a l'air gêné, mais il se laisse embarquer dans le délire auto-suffisant de Besson. Jusqu'au jugement dernier : Démineurs ne méritait pas de gagner. Weil acquiesce, assénant avec son air concon à Didier Allouch que "ben non Didier, faut dire ce qui est, Démineurs c'est pas un grand film..." Allouch est consterné, et finit l'émission en calecif, sans qu'on sache trop quelle mouche le pique. Besson persiste : "Ils auraient dû donner l'oscar du meilleur réalisateur à Bigelow et celui du meilleur film à Avatar, parce que vous comprenez, ne pas récompenser Avatar, c'est une faute" Malgré l'heure indue, les twits s'affolent : le "ta gueule Besson, c'est toi la faute !" posté par un rédacteur sidéré de C'est la gêne nous fait bien rire. Les posts incendiaires à l'encontre du "réalisateur" nous rassurent : on n'est pas les seuls à être en colère. Ni les seuls à affirmer que non, plus jamais on ne regardera la retransmission française de la cérémonie des Oscars.


Kathryn Bigelow : j'en reviens pas, elle pourrait être ma mère..</description>
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<title>Vidéovrak: Izia, 100 % coton</title>
<link>http://www.envrak.fr/article-484-videovrak-izia-100-coton</link>
<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 07:34:03 +0100</pubDate>
<description>Il n'y pas que M6 pour vendre des figurines à jolie voix.<center></center>

Naître avec un nom de scène en guise de prénom, la chance. En baptisant leur fille Izia, ses parents n'ont sans doute pas pensé à la marque que déposerait sous son nom, dix-neuf ans plus tard, la maison de disques AZ. 
Car c'est bien à l'émergence d'un produit qu'on assiste depuis plusieurs mois, depuis la sortie au printemps 2009 du premier album éponyme d'Izia, donc, fille de Jacques Higelin et fille du rock. Robe Chanel raccourcie par ses soins aux Victoires de la musique, elle a hurlé « Putain !! »  en recevant le trophée du meilleur album rock, signant ainsi l'épisode le plus subversif de la soirée (ex aecquo avec Hugues Aufray et son auto hommage). En chantant, elle saute sur ses très hauts talons, et si elle ne casse pas d'ampli, à l'évidence le corps y est.  

Issue de la scène, Izia écrit et compose, sait utiliser son étonnante voix avec intelligence, chantant très fort sans céder au hurlement. Elle ne manque donc pas de talents. Sur l'album, les mélodies débordent d'enthousiasme, de plaisir et d'envie. On la sent sincère dans ses intentions, la jeune Izia, à l'évidence le rock lui arrache véritablement les tripes. 

Musique, prénom, look, jusqu'au logo, la panoplie est complète pour qu'éclose une rockeuse de chez nous. Télérama se réjouit, la France a trouvé sa Janis Joplin, en plus on connaît la famille, tout va bien.
	
Samedi 6 mars, Izia a donc reçu deux Victoires de la musique sur France 2. C'est à peu près à ce moment-là que Petit Bateau a lancé sa nouvelle campagne de pub, dont Izia est l'égérie. Aux photos de la chanteuse en débardeur de coton dans les magazines, s'ajoutent un site Internet, (izia.petit-bateau.fr) et une vidéo, pompeusement qualifiée de « clip ». Plutôt un spot publicitaire à rallonge pour la marque, avec <i>Let me alone</i> en bande-son et la frimousse d'Izia à tous les âges.

Chacun trouve son compte dans l'opération. La marque d'abord, qui grâce à Izia se dote d'une image vaguement rebelle mais aussi saine, familiale et familière qu'avant : A quoi ça sert d'imaginer des T-shirts si on peut pas vibrer et transpirer dedans ? Quant à Izia, elle bénéficie d'un efficace coup de pub, dans la lignée de la communication développée autour d'elle cette dernière année: celle de la gamine mal coiffée tout juste grandie, très créative, au talent bouillonnant. Rock, mais pas marginale… plutôt <i>mainstream</i>, même. 100 % coton. Et Janis, elle en pense quoi ?</description>
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<title>Mouton : one consumer under</title>
<link>http://www.envrak.fr/article-482-mouton-one-consumer-under</link>
<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 07:34:03 +0100</pubDate>
<description>Entre le supermarché et la morgue, vous prendrez bien un peu de lecture ? Alors essayez donc Mouton de Richard Morgiève. Emotions garanties. Mais lesquelles ?Hommes sensibles s'abstenir. Amoureuses et amoureux des belles lettres, de la prose proustienne et autres poètes romantiques allemands également. Car avec Mouton de Richard Morgiève, vous risquez fort de ne pas être dans votre élément. Comme son nom ne l'indique pas, nous sommes avec ce roman bien loin des verts pâturages (enfin, si l'on excepte le nom de la boîte où bosse le protagoniste) et autres paysages bucoliques propres à élever l'âme. "Mouton", c'est en fait le patronyme du narrateur de cette histoire sans queue ni tête (enfin, surtout sans tête...), Michel de son prénom. Comme il l'observe avec philosophie : "c'est pas terrible comme nom mais j'aurais pu m'appeler Vincent Bite comme un copain qui s'est suicidé au CM2, parole la vie c'est difficile".

L'avis du croquemort

Son métier ? Thanatopracteur. Préparateur funéraire si vous préférez, officiant en sous-sol, à distance d'un patron qui n'entreprend pas que les pompes funèbres et de l'hôtesse d'accueil nymphomane. Un boulot qui le met à l'abri des délocalisations. Mais pas de l'exploitation, avec quarante-huit heures de turbin hebdomadaires, nocturnes incluses.

Enfin, pas de quoi se révolter pour autant, vu qu'il n'a pas grand chose d'autre pour remplir son existence. Si l'on excepte son ami Fromager, les seuls êtres à qui il adresse la parole sont les dépouilles auxquelles il refait une beauté. Quant aux femmes, n'en parlons pas. Reste la consommation, dans laquelle il se réfugie grâce à son "pouvoir" d'achat. bichonnant sa bagnole, compagne de substitution, et équipant sa maison avec soin. Alors le jour où déboule sans prévenir dans cette petite vie matérielle un homonyme déjanté déguisé en Père Noël bien décidé à la mettre en pièces, Michel Mouton sort de ses gonds. Pour le meilleur et pour le rire.

A vous de découvrir la suite, le décor est à peu près planté. Reste à y dépeindre l'arrière-plan socio-politique, que résume bien la simplification de l'orthographe décidée par le gouvernement, comme pour faire passer la suppression de la quatrième (sic) semaine de congés payés. Le tout dans l'indifférence générale d'une société amnésique, bercée par l'illusion qu'elle s'exprime à travers l'omniprésence des sondages d'opinion.

  
Angot, Millet, Sollers : les noms de rues de cette ville transformée.

« Société, tu m'auras pas... »

C'est un peu comme si Michel Houellebecq rencontrait Guy Debord (c'est tout de même autre chose que BHL !). Le premier pour la peinture sans fard de la misère sexuelle et de l'hypocrisie qui masque les rapports de force qui la constituent, et le second pour la dénonciation d'une société du spectacle où la marchandisation de tout aliène et anesthésie toute conscience. La comparaison s'arrête cependant là. L'écriture volontairement crue et saccadée de Richard Morgiève, censée transcrire les "pensées"  (le mot est fort) de son (anti-)héros, n'est pas d'une originalité folle. Et ce même s'il joue allégrement sur la typo. 

Côté écriture, on se situe quelque part entre texto et messagerie instantanée. Mais c'est peut-être justement l'intérêt de cet ouvrage que de s'inscrire faussement dans l'air du temps. Car ce faisant, il suggère sans doute plus efficacement qu'un essai moralisateur combien la "communication instantanée" et les relations sociales qui l'accompagnent peuvent constituer un frein à la réflexion. Ou pour le dire autrement, contribuer puissamment à la "fabrique du consentement" dans un monde de merde, où les raisons de se révolter ne manquent pourtant pas.

A part ça, il y a quand même quelques longueurs, mais aussi des saillies drolatiques et certaines remarques qui traduisent bien les contradictions d'une époque faux-cul,  où les germes de bonne volonté sont vite recyclées au service du profit qui cultive l'égoïsme forcené. Extrait : "je le jette dans l'évier ce bon café bio de Colombie, acheté chez Carrefour et son commerce équitable. Ca va pas ensemble Carrefour et équitable. C'est comic. Comme Bercy qui ferait des impôts justes. Ca fait combien d'années que je me fais baiser ? Et bien c'est fini !". Enfin, c'est ce qu'il croit. Car la sortie de secours est collective, pas individuelle. C'est sans doute pour cela qu'il gène : ce "s" qui manque dans le titre...

MOUTON de Richard Morgiève, éditions Carnets Nord, 2010, 243 pages, 17 €.</description>
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<title>Ruban blanc et draps souillés</title>
<link>http://www.envrak.fr/article-481-ruban-blanc-et-draps-souilles</link>
<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 07:34:03 +0100</pubDate>
<description>Engy témoigne : la palme d'or m'a dépucelée.Bien qu'ils soient mystérieux et séduisants, je n'ai jamais laissé les films Michael Haneke me toucher, jusqu'au Ruban blanc sorti en salles le 21 octobre dernier et ce mois-ci en DVD. Après des années d'abstinence cinéphile, il était plus que temps de permettre à l'atmosphère du réalisateur autrichien de me pénétrer. "C'est malin" vous moquez-vous. C'était dangereux surtout.

<center><br /></center>
Das Weisse Band

(F)rigidité

Quelle idée pour une première fois de choisir un long-métrage dur, violent et froid. C'est que ça ne se prévoit pas, comme je n'envisageais pas de pouvoir m'ennuyer. Les on-dit promettaient volupté, expérience nouvelle à chaque fois, certes un peu brutale avec Haneke mais je trouvais ça enivrant, la bestialité. Je me trompais. Le Ruban Blanc n'est pas du genre à vous plaquer contre le siège et vous arracher les sentiments. C'est un pervers, qui aime regarder mais n'aime pas (tout) montrer. Son cinéaste préfère la violence hors champ et le sexe hors caméra, il fait dans la domination psychologique – le mindfuck - à tout va. En réalité, il savoure sa distance parce qu'il vous sait culturellement piégés (- on n'interrompt pas un film si stylisé, tout comme je n'ai pas mis fin aux ronflements de mon voisin). 

Michael Haneke suppose qu'on réfléchit mieux quand on n'est pas dedans mais si on n'est pas dedans, on prend moins son pied (dixit les garçons). Pour le croire incapable de penser dans le feu de l'action, il faut prendre le spectateur pour un con. D'autant qu'avec un objet si maitrisé, la jouissance est faussement frustrée. Le magnifique noir et blanc made by Christian Berger (- plus électrisant que celui des Dieux du Stade) puise dans l'esthétisme allemand pour asséner austérité et répression : le cadre est parfait, seule manque l'émotion. Elle transpire dans l'interprétation irréprochable des acteurs qu'Haneke ne nous laisse pas effleurer – des fois que frémissent ses automates manichéens – et fait parler crument pour choquer :  « Tu es laide, négligée, etc » (- de nos jours, je connais des filles que ça fait mouiller). Pour le priver du plaisir de se masturber, Le Ruban Blanc attache même à son lit le fils du pasteur. Offrir ses tabous (un peu d'inceste et d'enfants battus) sur plateau d'argent, c'est se montrer moins sévère avec les intellectuels. 


Weiß ist die Farbe der Unschuld

Coup d'un film

 « Je t'assure, on s'y fait ». Ok, Sabrina, toi qui lis Mad Movies, je veux bien croire que tu aimes être violentée, qu'on prend goût à l'expérience une fois répétée (- a posteriori, le coup de fusil d'Anna dans Funny Games, j'ai presque convulsé). Néanmoins, comme tous rapports non protégés, je continuerai à fuir Le Ruban Blanc : conte sordide dont la voix off explicative sert d'unique lubrifiant. Elle introduit l'ouverture sur cette année pré-première guerre mondiale (1913), afin d'enquêter les fondements du nazisme (- intention précisée au passage par le narrateur, au cas où les critiques n'auraient pas saisi). Prétentieux, même pour un réalisateur de taille, car cette dernière compte moins que l'usage. Et Michael Haneke s'inscrit dans la lignée des cinéastes qui pensent surtout à eux : comme l'excitation du spectateur, son investigation n'aboutira pas. Faire l'étoile de mer et me finir seule post-générique, très peu pour moi. 

D'autant qu'opter exclusivement pour cette position anti-fascisme, c'est un peu réducteur, quand bien même ce serait le choix de l'instituteur (– on a évité de peu celui du missionnaire). Les niais d'un côté, les frustrés de l'autre, il y a des jeux de rôles plus complexes à expérimenter que le stéréotype de base dominants/dominés. Quant à la mise en scène pourtant bien montée, elle finit par sembler machinale à mesure que la narration linéaire voit les saisons passer. On se connait à peine que Michael se dévoile déjà routinier. Tout ça pour aborder les débuts du totalitarisme comme un jugeur précoce - et couvert : « il est possible qu'ils soient susceptibles d'éclairer certains événements ». Sauf que la cruauté a des accouplements antérieurs et se poursuit bien au delà du XXe siècle, de la guerre et du nazisme : l'horreur s'avère plus humaine qu'une théorie simulée. Tant qu'à fantasmer la réalité, autant le faire au Village des Damnés.


Eine deutsche Kindergeschichte

Une palme d'or, ça irrite toujours un peu parce qu'on est jamais tout à fait consentant avec les choix du jury. Certes "plus c'est long, plus c'est bon", mais 2h24 de préliminaire, je me demande comment elle peut en jouir, Isabelle Huppert. Moi, je n'ai pas réussi. Moquez-vous encore, mais le champ lexical du sexe ne figure pas que dans ma métaphore filée, j'ai souligné le vocabulaire des critiques et en toute mauvaise foi : ça sent la promo canapé.</description>
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<title>Fernando Leon : la preuve par deux</title>
<link>http://www.envrak.fr/article-485-fernando-leon-la-preuve-par-deux</link>
<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 07:34:03 +0100</pubDate>
<description>Deux films espagnols mis sous les projecteurs : Los lunes al sol et Barrio."Ah ouais le cinoche espagnol c'est super, j'adore c'que fait Almodovar !"
...

Non, le cinéma espagnol ne se résume pas à Pedro et à Penelope. Depuis quelques temps, il fait aussi parler de lui grâce à de brillants films comme Mar adentro d'Alejandro Amenabar ou à un style en plein renouveau : le film d'horreur avec REC et sa suite (ou encore le récent Esther). Dans ce numéro-ci, Envrak vous propose un petit retour dix ans en arrière sur deux films, Barrio et Los Lunes al sol, tous deux réalisés par Fernando Leon de Aranoa.

Ces deux films, primés aux Goyas (l'équivalent de nos Césars) plusieurs fois, s'attachent à peindre avec réalisme des milieux sociaux en difficulté, le quotidien ennuyeux d'ouvriers chômeurs dans une ville industrielle du nord de l'Espagne ou de lycéens pendant le mois d'août dans la banlieue madrilène, ainsi que la volonté de s'en sortir ou la résignation... Des héros de l'ordinaire qui se serrent les coudes et se tapent dans le dos en riant un peu trop fort.

Los lunes al sol, Les lundis au soleil

On oublie parfois qu'il ne fait pas souvent beau au nord de l'Espagne. La première scène nous le rappelle douloureusement : un ciel bas et maussade, une lumière grise diffuse, un soleil qui ne se montre pas. Oui mais... ils ont la mer. La mer, le sel, la rouille qui vient ronger peu à peu les bateaux qui attendent sagement au port. Le ton est vite donné. Les villes industrielles du Pays Basque ou de la Cantabrie sont à mille lieues d'Ibiza ou de Malaga. De même, vous pouvez tout de suite mettre aux oubliettes le Javier Bardem artiste peintre-chemise ouverte-oenologue de Vicky Cristina Barcelona ; Santa, personnage de géant barbu à la voix bourrue et au langage peu châtié, en est aux antipodes.

Los lunes al sol, c'est d'abord une histoire d'amitié entre trois hommes, la quarantaine bien tassée, qui après s'être fait mettre dehors par l'usine qui les employait, luttent péniblement pour retrouver du travail. Lino, le plus vieux de la bande, s'accroche avec désespoir aux divers entretiens qu'il passe, sans même plus regarder pour quelle fonction il postule, et supporte difficilement les cheveux blancs qui s'installent. José, lui, se sent de plus en plus inutile puisque seule sa femme ramène de l'argent à la maison en mettant des poissons dans des boîtes. Reste Santa, le révolté, on ne comprend pas bien où il veut aller et il ne le sait certainement pas lui-même. Reste un rêve lointain : l'Australie.



Tous trois se retrouvent souvent dans le bar d'un ancien collègue qui s'en est un peu mieux tiré. Lui n'a pas fait la grève jusqu'au bout et a empoché ses indemnités. L'amertume n'est pas à chercher seulement dans la bière, dont ils abusent un peu trop... La tête souvent basse et les idées un peu noires, chacun tente de s'en sortir comme il peut ; en se teignant les cheveux et en piquant les vêtements de son fils pour Lino, en essayant d'être un mari plus attentif pour José, et en se démenant contre la justice et contre lui-même pour Santa, la lumière du film. Brusquement, un fou rire, un poing sur la table ou une pierre jetée contre un lampadaire ; des moments de grâce quand doucement, un lundi, le soleil vient caresser le désœuvrement et l'attente de quelque chose qui ne veut toujours pas venir.

Les éloges de ce film qui nous emmène dans l'intimité de ces looseurs magnifiques paraissent presque inutiles pour une œuvre primée plusieurs fois aux Goyas, au Sundance Festival et nommée aux Oscars. Pourtant. Les prestations géniales des acteurs le réclament ; l'histoire simple, émouvante et drôle qui touche avec justesse des problèmes qui peuvent concerner tout le monde, quelque soit le côté des Pyrénées où l'on vit, le mérite. 

Barrio, Quartier

Changement de décor : banlieue sud de Madrid. Changement d'épaule pour la caméra : trois adolescents se partagent l'affiche. Mais la lumière, toujours. Madrid l'été, un soleil qui éblouit, donne du relief à la poussière des terrains vagues et souligne le gris triste des grands ensembles en béton. Madrid l'été, c'est un désert. Ceux qui peuvent s'enfuient là où il y a de l'eau et un peu de vent ; le reste s'y ennuie. Le désœuvrement, encore. C'est le plus grand ennemi de nos trois protagonistes : Javi, Manu et Rai.

Tous les trois sont à ce fameux âge où l'on parle beaucoup des filles mais très peu avec elles. Assis sur leur banc, ils restent là à taper leurs baskets l'une contre l'autre, à regarder la jolie voisine qui fait du baby-sitting, à se traiter de noms d'oiseaux et observent, impuissants, la misère de leur quartier.



Mais Barrio c'est d'abord une histoire d'amitié... entre trois adolescents qui partagent les bêtises plus ou moins grosses ; entre l'envie de faire quelque chose de son été (de sa vie ?) et le renoncement. Si les deux films se ressemblent sur le fond, Barrio dénonce davantage la fatalité qui s'abat sur ces trois jeunes gens qui n'ont encore rien demandé. Trois gosses sur le fil, à qui on demande déjà de réagir en adultes face aux difficultés familiales ou aux problèmes économiques, mais qui rêvent encore de victoires sportives (en s'introduisant par effraction dans un magasin qui vend des trophées), de voyages au soleil (en collectionnant des points sur des yaourts) et d'un peu de douceur dans ce monde de brutes (Manu qui dort avec une peluche géante trouvée dans une benne à ordures). Trois gosses qui ne savent pas très bien comment se sortir de ce satané quartier et qui marchent un peu à l'aveuglette.

Barrio montre encore une fois le talent de Fernando Leon à filmer des univers si familiers et qui nous sont pourtant étrangers, des histoires un peu sordides, facilement embarrassantes, mais où l'humour et la tendresse qui lient les personnages nous font penser que tout n'est jamais perdu. Talent pour filmer des vies où tout peut basculer du jour au lendemain avec des protagonistes un peu équilibristes, pas toujours doués pour rester debout mais qui en ont envie.

La rédaction vous recommande aussi le visionnage de Princesas, de Fernando Leon également, qui suit le quotidien de deux prostituées avec la même tendresse et la même empathie.

<center></center></description>
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<title>Rasta Captain Kamikaze Brackmard</title>
<link>http://www.envrak.fr/article-487-rasta-captain-kamikaze-brackmard</link>
<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 07:34:03 +0100</pubDate>
<description>L'un cite Tarantino, Russ Meyer et Frederic Chopin, l'autre puise son inspiration chez Indiana Jones et le club Dorothée. Leur point commun : ils cartonnent sur Dailymotion.On les a aimés, ces deux-là : leur ambiance fun décomplexée, leurs univers barrés où il est souvent question de jolies nanas et de libido débordante, leur parti-pris purement comique - trash chez l'un, potache chez l'autre. A eux deux, ils totalisent (sur le seul site de Dailymotion) près de 200 000 cyber-spectateurs séduits ou scandalisés - c'est selon. Il nous reste à dévoiler leurs titres : Rasta Kamikaze bang bang bang et Les aventures de Captain Brackmard et la bite de cristal. Ça donne envie ? C'est normal.

Rasta Kamikaze bang bang

Si le nom de Quarxx vous dit quelque chose, c'est que vous êtes un lecteur assidu. Engy était partie à la rencontre de ce réalisateur au moment où Rasta Kamikaze... faisait son apparition sur le net (puis sur Dailymotion). 
Depuis, le film (25 minutes au compteur) fait son chemin... jusqu'à Tokyo, où il sera projeté le 28 avril dans le cadre du festival Where's Paris, who's Tokyo*. Les Japonais, séduits par l'univers visuel de Quarxx, n'ont sans doute pas été insensibles, du reste, à ses savoureux personnages : deux réalisateurs (un barbu lubrique et un nippon mi-coiffé, mi-pas) qui, lâchés en plein tournage par leur producteur, Bob (un nain caché dans un costume de souris), décident de se venger. Leur plan : recruter un gang de jolies meufs à poil munies d'énormes flingues, afin qu'elles tuent Bob et le mangent. Le tout devant une caméra, histoire de shooter le film du siècle.



Truffé de références pop avec des clins d'œil particulièrement appuyés à Tarantino (époque Reservoir dogs), Rasta Kamikaze... se paie le luxe de ne ressembler à rien, sinon à un objet filmique qu'il serait de bon goût de ne pas manquer. Car entre deux scènes où l'onirisme le dispute au trash absolu, les dialogues se savourent à leur juste valeur. A ce titre, le casting des tueuses cannibales vaut son pesant de cacahuètes psychotropes :

- couleurs des yeux ?
- bleus... gris
- Justement c'est un peu indéterminé, là...
- Parfois ils virent au vert
- Bon. Ben faudra le dire au chef op

Dé-ca-lé, on vous dit. 

Les aventures de captain Brackmard et la bite de cristal

Captain Brackmard, superhéros un peu branleur -stricto sensu - dont le costume ressemble à s'y méprendre à un préservatif géant, part en quête d'une relique légendaire également convoitée par une poignée de lesbiennes. Objet de cette multi-convoitise : la bite de cristal. A vrai dire, le captain se passerait bien de ce gadget - il peut se taper tout ce qui bouge, y compris la première dame de France. C'est ça, son super talent. Mais un mystérieux commanditaire lui ordonne de retrouver illico la bite de cristal, s'assurant que le travail sera bien fait en retenant en otage le manager du captain.



C'est n'importe quoi, mais c'est drôle, parce que c'est totalement assumé. Dés lors, impossible de bouder son plaisir malgré quelques scories inébitables - il faut dire qu'avec un sujet pareil, le réalisateur Pascal Jaubert a peiné à trouver des financements. "Peiner" : un euphémisme. "On nous a dit qu'on était trop segmentant" explique Pascal Jaubert, "en France, on n'aime pas trop ça, on préfère pouvoir mettre les films dans des cases. A vrai dire, on a volontairement exclu de notre délire une catégorie du public"
Pour autant, le film n'a pas tardé à attirer les foules sur Dailymotion. Un succès auquel son auteur ne s'attendait pas : "au moment où on a mis le film en ligne, je me suis que si on atteignait 10 000 visionnages, je serais ravi. Aujourd'hui on en est à 130 000 !" 
A l'instar du film ovni de Quarxx, celui-ci verse avec délectation dans le lubrique, tendance potache. Mais gagne sur la longueur : 1h06 pour le captain Brackmard. Une gageure, donc, sur un récit aussi mince. Là encore, les dialogues font le show, et les acteurs s'amusent autant que nous. Il n'en faut pas plus pour s'installer confortablement dans l'univers délibérément... crétin, de captain Brackmard. "La bite de cristal, c'est le truc le plus débile qui me soit venu en tête" avoue Pascal Jaubert, "et puis le crâne, c'était déjà pris". 

On comprend facilement ce qui a pu susciter le buzz sur la toile, avec un titre pareil. Mais ce serait oublier un peu vite que le captain n'a pas attendu les faveurs du format cinéma pour s'attirer celles du public. En 2007, le superhéros avait déjà rencontré le succès avec son mp3, Arrête de t'la péter sur myspace. "Ce titre a cartonné quand il est sorti. Le clip est même passé sur MTV. On a tenu à le donner aux gens, en leur permettant de le télécharger gratuitement, et ne pas les arnaquer en leur faisant payer un CD à 20 euros". Avec son passage sur l'écran, le captain Brackmard assoit vigoureusement son engagement en faveur d'un accès gratuit à la cul-ture : le film est téléchargeable (plusieurs formats disponibles) sur le site officiel.
Se divertir pour zéro euro, de nos jours, c'est du luxe. Merci captain.</description>
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<title>(G)MILF, chronique d'un plaisir coupable</title>
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<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 07:34:03 +0100</pubDate>
<description>Pendant qu'Engy se fait déflorer par Haneke, Holden se laisse tenter par les femmes mûres.On en était tellement excité d'avoir trouvé un lien pour suivre les Oscars, après des années de diète, qu'on a décidé de tout suivre, 3 heures avant la cérémonie. Y compris le Red Carpet, l'arrivée des stars et le photo call qui précède leur entrée au Kodak Theater. Il nous a fallu un bon moment pour comprendre et accepter que les journalistes du tapis rouge, tout aussi sérieux soient-il, ont pour mission d'accompagner un défilé de mode, pas de parler cinéma. L'événement mobilise une partie de la blogosphère et les sites people sur une seule question : mais qu'est-ce qu'ils portent, riches et célebs' ? Mise au pas, la rédaction d'Associated Press a convoqué deux experts, deux clichés ambulants : un spécialiste de la mode efféminé et une consultante aux airs de prêtresse new age sur le retour, la soixantaine, les cheveux teints en rouge, la voix usée par les Vogues et le Martini (la styliste de Sex and the city, nous souffle t-on). Même la journaliste, réglée au pas, semble plus intéressée de savoir si Mo'nique s'est épilée que prête à l'interroger sur sa nomination à l'oscar du meilleur second rôle dans Precious.



Bref. Faute de grives, on mate. Faut dire que c'est très glam, tout ça. Sans qu'on s'explique très bien pourquoi, on est plus impressionné que face au tapis rouge des César. Le genre de choses que les américains réussissent forcément mieux... faut dire qu'ils ont Kate Winslet, et que Kate et nous, c'est une vieille histoire d'amour. Elle peut faire n'importe quoi avec ses kilos, Kate, un jour avec la culotte de cheval qui fait des bourrelets, un autre, comme ce soir, impériale dans son ensemble de chez Dior. A moins que ce ne soit Chanel. Il y a Cameron, aussi, on sait qu'elle a une peau cra-cra mais elle reste charmante. Et puis les nouvelles venues : Anna Kendrick, pas mal du tout face à George What Else dans In the Air, ou Amanda Seyrig, qui réussissait l'exploit d'éclipser Megan Fox dans Jennifer's Body. Beeeeelles. 



Et puis il y en a d'autres qui créent un trouble. Demi, 47 ans. Michelle, 52 ans. Sigourney, 61 ans. Helen, 64 ans. La star de la soirée, Kathryn 6 Oscars, 58 ans. Mais qu'est-ce qu'elles ont a être aussi sexe, les grand-mères ? Toutes aussi attirantes que leurs cadettes ? Vous lui donniez quel âge, à la réalisatrice de Démineurs ? On en oublierait presque Kate, on pense GMILF : Grand-Mother I'd Like to Fuck. Gloups. Des grands-mères bonnes à b...? - Allô, docteur ? Je crois qu'on va avancer notre séance, j'ai des trucs à creuser...



On retarde, en fait. Selon l'exégèse pop-culturelle officielle (Wikipédia) le terme MILF date de 1995 et a percé avec American Pie (1999, la mère de Stifler, tout ça tout ça), et ça commence à 30 ans. Après 40, on les appelle carrément des "cougars", le pendant féminin du vieux beau acoquiné avec la jeune material girl. 

Libération féminine, conquête économique et chirurgie esthétique - pour certaines - font que ces dames rattrapent le dernier terrain tabou. Et là où dans la vraie vie une (G)Milf écume les speed datings miteux et les rencontres Meetic, ou se retrouve seule avec trois mômes et un crédit revolving, d'autres arrivent à cristalliser un vrai phénomène de société.  Fichtre. Pour qu'on suive deux heures de défilé, qu'on en oublie presque les Oscars, et qu'on finisse par signer notre premier article people, il fallait au moins ça !


Kathryn Bigelow : j'en reviens pas, elle pourrait être ma mère...</description>
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