Lague-t-on ?

06/07/11 par  |  publié dans : Edito

Bridget Jones, Ally McBeal, Carrie Bradwshaw. Et l’équivalent que je n’ai pas pour les garçons. Une certaine génération d’ados a grandi avec les trentenaires, s’identifiant à une tranche universelle qui n’était toutefois pas la leur, projetant leur futur sur des modèles défaillants mais attachants. Approchant les trente ans à leur tour, ou ayant passé le cap, ils sont devenus ce que d’autres regardent en streaming, en patientant que les minutes mégavideo leur apportent un nouvel épisode ou contournant les limites informatiques. Quand la connexion est mauvaise, les images se saccadent, le son se désynchronise, et quelque part, un message passe : « ce personnage ce n’est pas plus toi que tes ainés ». Il manque aux séries ce que la vie a de plus inutile et constructif, à savoir le temps perdu. L’attente, l’ennui, la procrastination. Ils s’appellent viedemerde, facebook ou twitter et ils pompent nos heures, ils sont l’aventure de ceux qui ne sont ni héros, ni dealers. Ils peuvent aussi s’appeler glande, corvées ou télévision. Et dans le titre de cet édito, outre l’intéressante rythmique d’un t euphonique, il y a une vraie question : vivons-nous au ralenti ou prenons-nous le temps de nous enrichir ? Les deux cap’tain reste mon expression préférée. Tant que la trentaine n’est pas le sommet d’une courbe hyperbolique qui n’oscillerait jamais. Tant qu’on apprend d’un flash-back chez les pin-ups des années 50, qu’on jouit encore des apports des années 80. Que les Arctic Monkeys grandissent. Et nous aussi.

Il n’y a pas de sens.

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