Au nom du père, du latex et de l’amour…

28/06/13 par  |  publié dans : Livres, Romans | Tags :

romavrak

TON PERE TU HONORERAS

Quatrième roman de Harold Cobert, Au nom du père, du fils et du rock’n’roll se focalise sur la relation conflictuelle entre un ado de 17 ans et son père.

7760448743_au-nom-du-pere-du-fils-et-du-rock-n-rollVictor, un surfeur rebelle, se moque de l’autorité paternelle représentée par Christian, qui reste silencieux face à ce mètre quatre-vingt-deux de muscles et d’agressivité. Le récit prend un tour déroutant à l’aide de flashbacks. Le lecteur en apprend alors plus sur l’enfance Christian et obtient de nombreuses explications sur son attitude en tant que père. Petit à petit la toile se tisse et on comprend où veut en venir l’auteur. Père et fils ne sont pas si différent l’un de l’autre. Christian s’est plongé dans le rock pour échapper à une vie bourgeoise toute tracée, pour Victor c’est dans le surf qu’il trouve sa liberté. Durant un voyage au Québec, les deux hommes vont tenter de réellement communiquer.

Cobert conte cette histoire avec pudeur et humour. Toutes les thématiques entourant ce lien sont abordées avec justesse comme l’égoïsme, l’incompréhension, les regrets ou encore l’absence de reconnaissance. Les chansons des Stones, des Doors ou encore de David Bowie accompagnent le lecteur tout au long des pages (une véritable discographie prend vie dans le roman). Une bande-son idéale qui se mêle aux mots souvent très juste de l’auteur.

Au nom du père, du fils et du rock’n’roll de Harold Cobert
Ed. Héloïse d’Ormesson / Déjà disponible en librairies

TROP C’EST TROP

Latex etc est un roman qui ne pourra laisser personne de marbre. En ce qui nous concerne, nous avons eu beaucoup de difficultés à aller au bout…

Latex etcMargaux (l’auteur et l’héroïne) est une ado pas comme les autres, enfin selon elle. Elle vit dans une ville où il ne se passe rien et surtout est promise à un avenir plus riche que ce qu’on lui propose pour le moment. On pourrait dire sans difficultés qu’elle a sérieusement le melon (ce qui lui va bien puisqu’on devine que le C représentant sa ville va pour Cavaillon). Les autres sont moins doués, moins bien habillés et ont moins d’ambition qu’elle… Mais Margaux est aussi douée pour faire, tout au long de son roman, de la pub pour des grandes marques. Elle ne porte pas des ballerines mais des Repetto, ce n’est pas un jean mais un Diesel… et cela vaut pour n’importe quels domaines. A croire que son livre a été sponsorisé du début à la fin. Margaux veut vivre la belle vie, mais pour cela il faut un max de pognon. Et quel est le moyen le plus rapide de se faire un joli paquet de fric ? Le loto ? Vendre ses organes ? Trouver un job ? Rien de tout cela. Margaux préfère coucher avec des vieux riches.

Au fil du récit, le lecteur a le droit à un compte rendu de ses coucheries et elle ne cache rien. Son style parlé se veut nonchalant et osé. Manque de bol, c’est simplement fade et ennuyeux. Le personnage parvient, au mieux, à fortement taper sur les nerfs. On passe d’une partie de jambes en l’air à une autre en alternant avec séance de shopping, ses réflexions sur sa famille qui ne la mérite pas, l’inculture des gens qui l’entourent. Cette histoire qui se veut autobiographique aurait pu prendre une autre tournure. Surtout quand certains événements tragiques se produisent, mais manque de bol, l’auteur s’évertue tellement à être antipathique, qu’on ne peut jamais éprouver de la peine pour elle. Une drôle de démarche de la part de cette jeune auteur qui ne laisse définitivement pas indifférente. Être crue et tête à claque dans le but de choquer et de provoquer, ça va 5 minutes et encore quand il y a une réelle matière derrière, ce qui n’est pas le cas ici.

Latex etc de Margaux Guyon
Ed. Pocket / Déjà disponible en librairies

LA VIE QUI S’ÉCHAPPE

9782266229180Alzheimer mon amour est un récit, un témoignage. On y suit le calvaire de Daniel qui perd peu à peu la tête. Cécile, sa femme, se refuse à faire le deuil de ces trente dernières années. Elle va alors commencer un combat fou et perdu d’avance. Celui de tout faire pour garder le plus longtemps possible l’esprit de son mari avec elle. Pudique, elle conte son histoire, la puissance de son amour et de sa résolution. Un récit qui n’épargne pas les lecteurs, surtout les plus émotifs, et met en avant les soignants et les familles des malades, pour une dimension plus universelle. Les mots de Daniel – citations de poèmes dont il est l’auteur – prennent une toute autre résonance au vu des événements. Un roman bouleversant, puisqu’il touche à l’une des peurs les plus omniprésentes chez l’homme : oublier notre propre vie. La maladie apparaît ici sous un autre jour, plus intime et toujours aussi effrayante. Un conseil : prévoyez une bonne dose de lectures plus légères, pour après.

Alzheimer, mon amour de Cécile Huguenin
Ed. Pocket / Déjà disponible en librairies

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1 commentaire

    La Pluie d'Oiseaux  | 10/04/14 à 12 h 18 min

  • Bonjour

    Nous avons en commun d’avoir apprécié “Alzheimer, mon amour”
    L’équipe de La Pluie d’Oiseaux a en projet la création d’une adaptation théâtrale de ce récit (avec le plein accord de Cécile Huguenin) qui serait accompagnée de temps de créations partagées.
    Nous souhaitons vous solliciter pour nous aider à financer cette création de spectacle et les temps de créations partagées avec des aidants/soignants ou avec des résidents de maisons de retraite, nous avons lancer une opération de mécénat via le site de Kisskissbankbank (crowdfunding ) http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/alzheimer-mon-amour/

    Pourriez vous nous aider : – soit en faisant vous même un don (déductible à60% pour les entreprises) – soit en diffusant, votre compte facebook, twitter, votre site, votre fichier de mail cette information : http://us3.campaign-archive2.com/?u=71b2318c0c16f2e1016ff258d&id=4f3e9b6fe6

    merci d’avance
    cordialement
    Bertrand foly pour l’équipe de La Pluie d’Oiseaux

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