Golden Cat

02/02/10 par  |  publié dans : BDs&Mangas | Tags :

Golden City

Tome 8, Les naufragés des Abysses, scénario de Daniel Pecqueur, dessin de Nicolas Malfin et couleurs de Pierre Schelle, éditions Delcourt, collection Neopolis, décembre 2009, 46 p.

Golden City est désormais une série qui marque les librairies de chaque nouvelle sortie (à peu près un album tous les deux ans). Très aboutis graphiquement et scénaristiquement, ces albums constituent une des séries phares des années 2000. Passera-t-elle le cape d’une nouvelle décennie ?

Dix ans après le premier volume, voilà l’arrivée du petit dernier. Comparativement aux Tuniques Bleues ou bien encore Blake et Mortimer, dix ans pour une série, ce n’est pas bien long. Oui mais voilà, aujourd’hui la mode est au mini-série, au cycle permettant de retrouver un second souffle, voire aux séries parallèles à la mode de Troy. A Golden City, un cap a été franchi avec le tome 7, qui décentrait la narration sur le groupe d’enfants et leurs histoire plutôt que sur Harrisson Banks et la quête de son statut. Le tome 8 s’ouvre également sur un cap, ou plutôt un abysse : Golden City n’est plus, elle a sombré. Des sauveteurs tentent de localiser la ville puis d’y pénétrer afin d’y retrouver d’éventuels survivants. Parallèlement, le monde découvre en image la tragédie du naufrage de la ville. Que s’est-il passé ? Harrisson et une partie des enfants présents dans la ville ont-ils pu en réchapper ?

Le tome 8 laissait un suspens qui – je dois bien l’avouer – ne laissait aucun souvenir. Golden City a coulé, première nouvelle, l’impression d’avoir loupé quelque chose. Les séries TV commencent chaque semaine par “Précédemment dans…”, ici comment devrait-on se souvenir de l’intrigue deux ans plus tard?
Le tome 8 démarre donc. A sa lecture, le scénario semble bien ficelé. On ne s’ennuie pas, le rythme y est, les dialogues sont intéressants et on a recourt au principe très télévisuel qui consiste à suivre les péripéties de différents personnages à différents endroit mais au même moment. D’autres s’y sont perdus mais Pecqueur tient son histoire et donne un autre relief à certains personnages selon les situations auxquels ils sont confrontés. Par exemple, ce tome évoque le passé et le présent de Amber, que l’on avait déjà vue précédemment mais dont on ne savait pas grand chose.

Le dessin de Malfin est toujours aussi habile et très amplement et justement servi par les couleurs de Schelle. On le dit à chaque nouvel album de Golden City, mais ça reste vrai. Pas de surprise donc, même si on note un rétrécissement des cases, s’accordant plus avec une envie d’accroître les détails. Peut-être est-ce dû à un scénario qui se densifie?

Simon’s cat

Une calamité de chat, par Simon Tofield, éditions du Fleuve Noir, novembre 2009, 240 pages

Tout le monde connaît un chat comme celui de Simon ! Même plusieurs…

Les chats n’ont pas fini de faire parler d’eux. Après tant de prédécesseur, voici que le chat de Simon Tofield entre en scène. On connaissait déjà ses aventures sur la toile, les voici maintenant dans un livre, vraiment drôle!

Si vous êtes allergiques aux poils de chat, si vous détestez les félins, si, au contraire, vous les adorez et vous en avez douze, ce livre est fait pour vous. On déteste les chats autant qu’on les adore grâce à Simon’s Cat. A l’inverse de Garfield, celui-ci ne dit pas un mot, mais n’oublie pas de bien faire comprendre ce qu’il veut à son maître. Ce qu’il veut en premier lieu, c’est se nourrir, évidemment, il faut bien survivre dans la jungle du jardin et entretenir son sur-poids. Ca ne l’empêche pas d’assouvir quelques instincts primaires, telle que la chasse aux oiseaux, sans grand succès, hélas. Même le nain de jardin faisant semblant de pêcher amasse plus de poisson que le chat! Bêtises, farces, moqueries, gaffes, gamelles, tout est mis en place pour nous faire rire. Et ça fonctionne !

Simon Tofield, jeune anglais, est issu de l’animation. Entouré de ses trois chats – maintenant quatre – il conçoit seul de petits films d’animation avec un chat pour personnage principal. Un peu moins d’une dizaine de films sont disponibles aujourd’hui sur son site. Ce n’est que vers la toutes fin 2009 qu’un livre comprenant 240 pages de dessins inédits sort en librairie. des films au livre, Simon Tofield garde le même trait inspiré, fin, rond et terriblement expressif. Tout en noir et blanc, synthétisant les scènes au maximum, il hérite de toutes les innovations d’une génération internet. Que ce soit en une image ou plusieurs, Tofield transporte son lecteur exactement où il souhaite, sans jamais le perdre et sans jamais l’ennuyer. Pas de lourdeur dans l’humour autant que dans le trait, des mini-récits innovants, inspirés, et surtout drôle. Car on rit, on rit vraiment des facéties de cet animal si souvent source d’inspiration.
Avec 108 443 fans sur facebook, aucun problème de traduction ni de compréhension à l’internationale, Simon’s cat a de beaux jours devant lui.

Elisa

Par Nathalie Ferlut, Delcourt, collection Mirages, janvier 2010

Toute fin des années 80, Elisa et ses amis viennent d’avoir leur bac. Un an plus tard, qu’est devenue leur vie après le lycée? Où en sont leurs idéaux sur leur propre destinée ? Comment préserver une amitié, un amour, lorsqu’on prend des chemins différents ? Nathalie Ferlut se penche sur ce moment charnière de notre existence qui consiste à abandonner sa peau d’écolier si longtemps portée, pour muer en celle ou celui que l’on souhaite devenir. Tout un programme pour ces trois jeunes gens, entre Rachel qui veut continuer son engagement “politique” à Paris, son petit-ami Daniel, resté dans sa ville natale et Elisa, grande secrète qui se cherche toujours.

A travers une histoire de post-adolescents, Nathalie Ferlut nous renvoie à une société déjà bien lointaine que celle des années 90. Avec un pastel tout en douceur, on découvre et s’attache à ses personnages, même si l’histoire ne semble pas toujours très claire et où la physionomie des héros semble mouvante selon les angles de vue.

La Guerre des Sambre

Tome 3, Hugo et Iris, chapitre 3 : hivers 1831, scénario de Bernard Yslaire, dessin de Jean Bastide et Vincent Mezil, Futuropolis/Glénat, novembre 2009, 56 pages

La série de la Guerre des Sambre semble toujours aussi compliqué que ses titres. Difficile parfois de se remettre dans l’histoire et pourtant, c’est toujours un plaisir de retrouver ces personnages torturés, tous plus malheureux les uns que les autres. Hugo s’ennuie auprès de sa femme et de sa fille Sarah, qui pleure éternellement. Il ne pense qu’à poursuivre “la guerre des yeux” et retrouver l’actrice et courtisane Iris à Paris. Il ne faut pas s’enticher d’elle, Hugo le sait, et pourtant …

Toujours aussi admirablement servi pas le dessin et la couleur de Mézil et Bastide, la fin de ce premier cycle rend encore plus forte l’attraction pour cette série et son atmosphère si particulier. Beaucoup plus en détails et en dialogue que ne l’était la première série d’Yslaire, cette “série parallèle”, de grandes qualités, peut heurter par son aspect austère autant qu’esthétique, mais donne immanquablement envie de mieux connaître la famille Sambre.
les images sont la propriété du Fleuve Noir, Delcourt, Glénat/Futuropolis

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