D : vampires de A à Z

09/12/11 par  |  publié dans : BDs&Mangas | Tags : ,

Alain Ayroles scénariste de Garulfo et de De capes et de crocs, rempile avec ses complices Bruno Maïorana et Thierry Leprévost pour un second tome de la série D.

Baroudeur des jungles, chasseur de fauves, le capitaine Drake n’a d’yeux que pour la belle Catherine, qu’il regarde, au loin, danser avec un autre, lors de ces interminables réceptions mondaines que la haute société britannique du XIXe siècle affectionne tant.

Catherine, la bien aimée de Drake, s’est entichée d’un dandy inconnu, Lord Faureston, croisé lors d’un bal. La danse s’est finie en morsure dans le cou, laissant la jeune femme plus faible que jamais, emprise à de terribles cauchemars.

D, titre de la série, dont on découvrait le 30 novembre le deuxième tome, intrigue dès la couverture par ce personnage, alors inconnue, et cette initiale, dont on ne sait encore à qui elle appartient. Drake lit Le journal d’un mort-vivant, écrit par un certain comte D, un guerrier valaque (roumain), dont il lie l’initiale au mot dragon (drakul en valaque), sans réaliser que son propre patronyme renvoie au même animal.

Entêté à découvrir le mal qui ronge Catherine, Drake accuse Lord Faureston d’être un vampire et se met en chasse, tel qu’il le fit dans la jungle.

Faureston s’échappe toujours, bien qu’attaqué lui-même par une autre créature démoniaque, dont on ne comprend pas encore quelle prise elle a sur lui.

Gagnée de plus en plus par son malaise, Catherine quitte Londres pour la campagne et entraine tout ce petit monde avec elle, pour, enfin, une vraie confrontation.

Hermétiques, beaucoup l’ont été à la lecture du premier tome de la série. Il est vrai que ce volume présentait les personnage, prenait le temps de la lenteur, qui semble aller si bien aux histoires ésotériques.

Impossible alors de ne pas attendre la suite avec impatience mêlée de l’exigence de comprendre, enfin, ce qui se trame.

Jouant avec la place des personnages dans le récit, Ayroles injecte plus d’action dans ce tome, moins d’attente et comble ainsi une appétit suscité par le premier volume.

Kyrielle d’autres récits de vampires ont vu le jour depuis des siècles – que ce soit en littérature ou au cinéma – et ces dernières décennies ne sont pas en reste.

La version de Ayroles n’est pas bien surprenante mais se conforte plutôt à des stéréotypes usités des milliers de fois.

Maïorana avait alors la lourde tâche de sublimer une histoire conventionnelle par le coup de crayon si particulier qui est le sien.

Non qu’il ne réussisse quelques belles cases, voire de belles planches, mais son dessin apparaît souvent comme maladroit.

On était en droit d’attendre des scènes d’effroi, de séduction, d’action inhérentes aux histoires de vampires.

Pourtant, Maïorana, doué par ailleurs, n’arrive pas à séduire avec des perspectives hasardeuses, une ligne trop « vibrante ».

Que de regret alors de constater quelques belles scènes, entachées aussi par des dialogues parfois pompeux (« un baiser couleur de nuit … »), décevants pour l’auteur de De capes et de crocs.

Rien vraiment ne sort du lot dans cet album qui avait pourtant tout pour plaire.

Seule la mise en couleurs de Leprévost reste identique à ses prestations précédentes et le livre en ressort embelli.

Terne et sans émotion, Lady d’Angerès peut plaire aux fans les moins exigeants du trio.

Un lecteur non averti de leurs productions précédentes pourra lire avec plaisir D : le scénario tient la route, les couleurs créent de belles ambiances, le dessin s’écarte du classicisme pour créer une atmosphère unique.

“Vampirophile”, je ne peux que rester sur ma fin, malgré quelques belles choses et arrête là, la liste alphabétique des remontrances.

D, tome 2, Lady d’Angerès, scénario Ayroles, dessin Maïorana, couleurs Leprevost, collection Conquistador, éditions Delcourt, 30 novembre 2011

© Delcourt – 2011

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