Yiya : plongée recommandée

02/12/11 par  |  publié dans : BDs&Mangas | Tags : ,

Titre du premier tome de la série, Le mangeur de chagrin est un bracelet auquel Yiya, l’héroïne, tient beaucoup. Lorsqu’elle est peinée, elle place une des pièces du bracelet sous son oreiller et ses soucis s’évaporent. Elle ne sait pas encore à quel point ce bijou lui sera utile.

En pleine tempête, Rogo, le “fiancé” de Yiya, prend la mer en compagnie du vieux Shun. Ce dernier trouve la mort suite à une mauvaise chute. Dans un dernier souffle, il laisse s’échapper un mot : “trésor”. Rogo, pauvre marin russe, n’a pas de quoi se nourrir tous les jours en cette époque difficile de 2020 et décide d’aller chercher lui-même ce “trésor” au fond de l’eau, malgré la houle et sa méconnaissance du sujet. Il ne reviendra pas.

En un temps plus clément, Yiya entraîne les quelques prostituées du « Pink Submarine » que fréquentait Rogo afin qu’elles puissent l’aider à remonter le corps du pêcheur. Revêtue d’un scaphandre, Yiya plonge à l’endroit où son ami a disparu et découvre rapidement pourquoi. Une fosse ouvre le fond marin sur une citadelle subaquatique, peuplée d’êtres dangereux auxquels il paraît difficile d’échapper. Le mangeur de chagrin suffira-t-il à lui ôter ce cauchemar ?

Yiya commence comme un récit actuel de deux pauvres âmes prêtes à tout pour s’en sortir, même à mettre leur vie en danger. Bien que le récit se situe en 2020, les premières pages n’évoquent pas clairement l’anticipation du futur. La couverture de l’album et la tenue vestimentaire de Yiya rappellent davantage l’heroïc fantasy. C’est donc à un mélange des genres que convie Daniel Pecqueur (scénariste), pourtant habitué au futur proche avec Golden City.

Ce premier tome surprend par sa structure, notamment la rupture entre la première partie « terrestre » et la seconde « subaquatique ». Malgré quelques clichés bien présents, le scénario est imaginatif, plaisant, surprenant quand il faut et mené à un bon rythme. Vukasin Gajic (dessinateur), crée de belles ambiances, grâce à des traits maîtrisés, son sens du mouvement et de l’action, ainsi qu’une mise en couleurs réussie, bien qu’un peu trop léchée. Un vrai bel album.

Yiya, tome 1, le mangeur de chagrin, scénario de Daniel Pecqueur, dessins et couleurs de Vukasin Gajic, Delcourt, collection Neopolis, 23 novembre 2011

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