D, Frances et Legendaires

01/04/09 par  |  publié dans : BDs&Mangas, Livres | Tags : ,

Des enfants, des vampires, des héros, des Lords, des Suédois, des Anglais, des Elfes… Voici une petite sélection de bandes-dessinées.

D

tome 1, Lord Faureston, scenario d’Alain Ayroles, dessin de Bruno Maïorana et couleurs de Thierry Leprévost, Delcourt, janvier 2009, 64 pages

La haute société victorienne aime à se retrouver lors de grandes soirées dansantes, telles que les Lacombe savent les organiser. En ces réjouissances, tous les plus beaux partis se font ravir leur cavalière par un énigmatique dandy venu de nulle part, Lord Faureston. Aucune ne résiste à son charme et même la douce Catherine Lacombe, déjà courtisée par le capitaine Richard Drake de retour d’expédition, tombe sous le charme du jeune Lord. Elle va jusqu’à le suivre dans le parc. Drake, à l’affut d’un voleur, tombe sur la belle Catherine, en proie à un homme armé d’un pieu et d’un marteau. Faureston a disparu, Catherine s’est évanouie. Pour se justifier, l’homme prétend être chasseur de vampires. Catherine aurait-elle été contaminée ? Qui est ce Lord Faureston ? Drake, qui s’est amouraché de la jeune femme, tente de percer le mystère.

D comme dense. La composition de l’histoire imaginée par Ayroles résulte d’une trame dense, compacte. De multitudes de saynètes s’enchaînent comme pratiquement autant de pages qu’il y a dans l’album. On passe d’un personnage à un autre, d’une époque à une autre. On a parfois du mal à suivre.

D comme dessin. La couverture de l’album ravit déjà le lecteur. Une belle mise en scène, un titre accrocheur et trois noms que l’on connaît bien pour être à l’origine de la série Garulfo . Le dessin de Maïorana, toujours aussi fin et précis, permet de jouer sur l’élégance de la société victorienne et de donner la distance suffisante pour rester dans l’énigmatique. A ce jeu, la couleur de Leprévost ne l’aide pas toujours. Les scènes de bals notamment profitent pleinement de couleurs réalisées à l’ordinateur, plus clinquantes que les diamants de ces dames. L’ambiance générale n’est pas austère et noire, ce qui permet de ne pas tomber dans le cliché des histoires de vampires, mais ce qui nous renvoie à des réalisations pour la jeunesse évoquant le rose bonbon.

D comme délectable. Cet album démarrant une nouvelle série n’est pas parfait, l’originalité n’étouffe pas le lecteur. Le dessin juste, les cadrages à propos et la mise en scène dynamique servent au mieux l’histoire plaisante. On peut lui reprocher au premier abord de ne pas être très originale, mais il ne faut pas oublier que la série n’en est qu’à son premier tome et il serait hasardeux d’émettre des conclusions si tôt. Faisons confiance à Ayroles et Maïonara pour la suite.

Frances

Episode 1 par Joanna Hellgren, Cambourakis, 96 pages

Toute jeune fille, Frances vit provisoirement dans un tout petit village de Suède en attendant l’arrivée de sa tante. Cette dernière a désormais la tâche de l’élever après la mort de ses parents. Malgré l’arrachement à ses amis, au village qu’elle a connu, malgré le deuil, Frances n’est pas une enfant triste. Elle entend découvrir la vie mais ne sait comment se positionner dans un univers où tout lui est étranger. Un grand-père qui a quelques difficultés de connexions neurologiques, une tante, Ada, qui fait déjà ce qu’elle peut avec sa propre vie, des cousines d’une autre tante absolument insupportables et une voisine aux mystérieux chiens qui semble intéressée par Ada : voilà la nouvelle vie de Frances.

Œuvre intimiste de la Suédoise francophone Joanna Hellgren, Frances nous plonge dans un univers épuré de tout détail inutile, centré sur les personnages principaux. Le coup de crayon est étonnant, très enfantin tout comme le lettrage. Le tout donne l’aspect d’une confection au crayon à papier, comme un journal intime, presque au coin d’une table. Ce graphisme conforte le principe selon lequel la narration se tourne principalement vers le point de vue de l’enfant. Cependant, cette mise en scène peut rebuter ou laisser à l’écart, n’étant pas touché par le dessin somme toute inesthétique. Mais Joanna Hellgren a raison de rappeler que la bande dessinée est un moyen d’expression, non une décoration sur papier.

Là où on peut discuter alors, c’est sur le prix de l’album, car clairement, il n’y a pas de grands frais éditoriaux, un papier simple, pas de couleurs, pas de reliure… On veut bien aider les petites maisons d’édition, mais quand même.

Les Légendaires

tome 10, Le cycle d’Anathos : La marque du destin, par Patrick Sobral, Delcourt, Collection Jeunesse, 46 pages

Cinq valeureux guerriers d’un monde étrange partis combattre un horrible sorcier tentent de retrouver la jeunesse grâce à la pierre de Jovéna. Ils réussissent à anéantir les espoirs du maléfique Darkhell mais brisent la pierre sur le sol, ce qui a pour effet de contaminer toute la planète. Ainsi, tous les habitants, nos cinq héros compris, se retrouvent à l’état d’enfants. Depuis, ils parcourent leur monde à la recherche d’une solution pour mettre fin à cette malédiction et réparer leur erreur.

Shimy, jeune elfe qui tire ses pouvoirs de la terre, a été désignée comme cible par le dieu Anathos ayant choisi son corps pour sa réincarnation. Danaël, le chevalier au noble cœur, leader des « Légendaires », demande au dieu un sursis en échange de quoi il promet l’un des plus beaux combats. Le délai, de seulement 24 heures, doit permettre à Danaël et ses amis de trouver comment rompre le charme.

Déjà numéro deux des ventes de bandes-dessinées après seulement trois semaines de sortie, Les légendaires est devenue, en quelques années, la série phare des jeunes ados. C’est que la série cumule tous les codes qui sont susceptibles de plaire au jeune public : une inspiration clairement proche du manga, de l’heroic fantaisy dont le genre ne passe toujours pas de mode, et les héros-enfants qui ne sont pourtant pas niaiseux car adultes au fond d’eux. Ce mélange fait de Patrick Sobral l’auteur d’une série événement attendue par des milliers de lecteurs. La série ne démérite pas pour autant. Bien construite, flatteuse par son graphisme et la qualité de son édition, la série a de quoi attirer même les plus grands.

Les images sont la propriété de Delcourt et Cambourakis

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