Léonard, Thyl, Noirhomme

01/09/07 par  |  publié dans : BDs&Mangas, Livres | Tags :

Léonard

tome 37, C’est parti mon génie ! , scénario de Groot, dessin de Turk, Le Lombard, mars 2007, 9,70€

Voilà trente ans que Léonard, génie de son état, invente toute sorte de choses plus ou moins utiles, avec l’aide complice et fidèle de Basile, son disciple. Mais les amis de trente ans, on sait ce que c’est. Alors notre grand Léonard, du fond de sa bourgade de Vinci, décide de changer de disciple à la faveur de son neveu, 228 de Q.I., rien que ça…

Ce nouvel opus de Léonard commence, comme en son habitude, par un gag en plusieurs pages, faisant écho au titre. Suivent alors des gags plus ou moins longs, plus ou moins bons, où l’humour réside surtout dans les sorties bien salées de Raoul Chatigré, le chat de la maison. On y retrouve le cocktail habituel : les voyages dans le temps, les réveils tonitruants, les inventions qui ne marchent pas… Bref, ce nouvel album n’a de génie que le personnage, mais au bout de trente-sept opus, le contraire est sans doute impossible. Les habitués de la série passent un bon moment, les autres aussi, alors tout le monde est content, non ?

Thyl l’espiègle

par Dino Battaglia d’après le roman de Charles de Coster, Mosquito, mai 2007 pour la présente édition, 13€

Les éditions Mosquito, pas assez présentes sur le devant de la scène bédéesque, proposent dans leur catalogue la réédition d’œuvres de l’Italien Dino Battaglia (1923-1983), grand spécialiste de l’adaptation littéraire. Publié pour la première fois il y a trente ans, Thyl l’espiègle est la transposition en bande dessinée d’une œuvre de l’écrivain belge Charles de Coster (1827-1879). L’histoire est celle du jeune Thyl qui ne trouve pas sa place dans la campagne flamande du XVIIe siècle, alors en pleine domination espagnole. Thyl préfère jongler, marcher sur un fil, se jouer des soldats espagnols et se mettre dans l’embarras. Ses péripéties l’entraîneront jusqu’à devenir farouche résistant à l’envahisseur espagnol.

Battaglia nous offre un style particulier, un trait fin, nerveux, proche d’un dessin directement fait à la plume. La mise en page est audacieuse, les cadrages inhabituelles, ainsi que le découpage des cases et l’épuration du décor. Le tout rappelle les grands illustrateurs du XIXe siècle où même la palette chromatique est simple. Le ton, souvent léger et cocasse, teinté d’humour et de tendresse, donne une vraie envolée à ce personnage qui a décidément du mal à garder les pieds au sol. Ce boute-en-train de Thyl en devient très attachant, autant que l’album qui lui est consacré. Le travail de Battaglia est audacieux, simple, mais efficace et totalement maîtrisé. Un auteur à redécouvrir.

Noirhomme

tome 1, Ouverture, scénario d’Antoine Maurel, dessin de Hamo, Casterman, collection Ligne d’Horizon, juin 2007, 9,80€

Dans le Paris des écrivains et artistes du XIXe siècle vit Arthur de Grézieux, jeune homme tourmenté dont l’inspiration semble fuir, malgré les litres d’absinthe. Jusqu’au jour où il voit un homme en noir, cape et haut-de-forme, au visage plutôt effrayant. Lui dictant la trame de son nouveau roman, cet être mystérieux devient Noirhomme sous la plume d’Arthur. Le succès est au rendez-vous, mais à quel prix ? Céder aux inspirations de ce spectre n’est-ce pas vendre son âme au diable ? Surtout lorsque l’on sait ce qui est arrivé au jeune Alceste Boursault, moisissant aujourd’hui dans un asile après avoir, lui-aussi, rencontré l’homme en noir…

Maurel et Hamo, tout jeunes auteurs, nous livrent ici un album très mystérieux, intrigant, dont l’univers n’est pas encore tout à fait bien défini, mais qui nous donne irrémédiablement envie de connaître la suite, afin de savoir si les hypothèses que nous échafaudons au fil de l’album se révèlent exactes ou non. Le dessin, plutôt anguleux, dans une bonne tradition franco-belge, est maîtrisé et bien servi par des couleurs justes. Les dialogues sont intéressants. Le « noirhomme » – incarnation de l’inspiration, de l’inconscient, sorte de Jiminy Cricket ? – est assez réussi. Un bon album, pourquoi pas présage d’une bonne série.

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3 commentaires

    HAMO  | 11/10/07 à 9 h 17 min

  • sympa, les commentaires :) Je ne savais pas que notre BD sucitarait un tel élan de pornographie :)

    Ceci dit, merci beaucoup pour cette chronique! A bientot pour le tome2 ;)

  • Marie  | 11/10/07 à 9 h 22 min

  • Les spams nous ont à la bonne en ce moment. Alors on fait ce qu’on peut pour lutter contre eux, mais c’est pas facile.
    Merci en tout cas Hamo d’être venu faire un tour sur Envrak. :)

  • hamo  | 17/12/07 à 13 h 04 min

  • de rien ;) bonne continuation a vous! et rdv en mars pour le tome2 de Noirhomme..

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