Château l’attente 2 : on ne l’attendait pas

07/11/11 par  |  publié dans : BDs&Mangas, Livres | Tags : ,

Lorsqu’il y a quatre ans, les dernières pages du pavé que représentait le premier tome de Château l’attente se refermaient, après une lecture délicieuse, tous les espoirs concernant la suite étaient permis, et pourtant….

Nous voilà de retour en pays inconnu, en terres enchantées, là où se mêlent des animaux anthropomorphes, des êtres fantastiques, des légendes et des éléments réels (la peste, des villes existantes, Bologne, Venise, etc). Ce monde si étrange et propre à Linda Medley qui avait nettement contribué au succès du premier volume. L’histoire – qui se prête difficilement à un résumé – suivait les pas de Jaine, arrivée dans un château mystérieux, dont les anciens souverains avaient fuit, laissant personnels et affaires derrière eux. Et si ce fut d’avantage un succès d’estime qu’un vrai hold-up commercial, la créativité de l’auteure et le justesse de son trait avaient conquis plus d’un regard.

Soucis de narration ou de traduction?

Jaine est maintenant maman d’un petit surnommé « Pinpin ». Les occupants du château l’ont complétement adoptée et tous l’aident à s’y installer. Au fil des pages, on en apprend un peu plus sur sa jeunesse et sur la vie des autres occupants de la forteresse.

Ce volume 2 résonne plus comme une chronique « extraordinaire » de la vie des habitants du château plutôt que comme un récit avec rebondissements, intrigue et fil conducteur. Le lecteur se sent perdu et l’ouvrage donne l’impression de ne pas savoir où Medley veut en venir. Des éléments semblent manquer à la narration pour que percutent vraiment les répliques, ou alors est-ce un problème de traduction ? Quoiqu’il en soit, un sentiment de flottement domine, entre ennui et déception.

Pourtant, le charme qui avait opéré dans le premier volume n’est pas totalement absent. L’humour, pour commencer, s’avère bien moins vif que précédemment mais conserve ses atouts corrosifs si délicieux. Le trait, si impeccable de Linda Medley, agit toujours, rendant des cases sans défauts, tout au long des 384 pages : une véritable prouesse. La fluidité de son style porte la lecture et permet ainsi de tenir jusqu’au bout – sans la satisfaction d’il y a quatre ans.

Linda Medley a tout d’une grande de la bande dessinée indépendante américaine, mais ce second volume souffre d’une absence de scénario et d’une construction narrative médiocre, alors même que ce sont des qualités évidentes chez elle. Dommage, on s’était pourtant régalé du premier, malgré les longueurs.

Château l’attente, volume 2, par Linda Medley, Delcourt, collection Contrebande, 16 novembre 2011, 384 pages

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