Comment Elise n’a pas rencontré Britney

23/05/10 par  |  publié dans : Livres, Romans | Tags : , , ,

Elise C. Raconte Britey S, bayby one more time !

On aime Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears pour les même raisons qu’on aurait dû le détester. Un titre à la fois intriguant (comment je n’ai pas rencontré) et people(Britney Spears). La plume d’une bloggeuse spécialiste des célébrités (elle a fondé un site « d’actu people illustrée et commentée au premier degré »). Un sujet cristallisant toute une époque aussi fascinée par le vide que prompte à le remplir de n’importe quelle manière, en érigeant l’opinion au rang d’expertise, et tout phénomène pop culture en séisme culturel.

CJNPRBS, où l’histoire d’un violon d’Ingres en forme de plaisir coupable : la fascination d’Élise pour la lolita superstar. Son road trip aux États-Unis, d’Est en Ouest, de certains lieux liés à l’histoire de la chanteuse jusqu’à son concert Californien. Ni roman, ni biographie, un récit à la première personne à la fois tendre et lucide de miss Spears, de son impact dans la pop, de son symbolisme world-américain, doublé justement de réflexions sur les médias, la musique, la culture de 1990 à 2010, avec plein – trop – de notes de bas de pages en forme de clins d’œil au lecteur.

À un moment donné de notre lecture, on s’est demandé si Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears n’allait pas être un chef d’œuvre de la chick-litt, ou un roman générationnel majeur. D’emblée, Élise a placé la barre très haut, en prenant pour modèle Hunter S. Thompson, père de Las Vegas Parano en particulier et du Gonzo journalisme en général. Élise n’a pas tout à fait les cojones pour marcher dans les pas du maître, mais ses tribulations sont divertissantes disons, le temps d’un bon épisode de Friends (si le mot “Friends” ne vous tire pas instantanément un sourire, c’est que vous êtes trop vieux pour ce roman). Elle-même, ni fan hystérique que son sujet ne laissait à penser, ni thésarde poseuse, est diablement attachante.

L’impression de chef-d’œuvre se dissipera bien vite : on a beau maîtriser un sujet à fond, vient un moment où, faute de gibier et de cartouches, on s’épuise. Difficile pour Élise de tenir bien longtemps sur des thèmes aussi limpides que la propension du public à tailler en pièces ce qu’il a encensé, l’aliénation induite par les médias (comment être soi quand on a en permanence 36 000 caméras collées aux basques), ou encore le cocktail puritanisme / hyper-sexualité auquel la pop nous a maintenant habitués.


Vezi mai multe video din Sport

(Ca, c’est la culture Britney. La classe.)

Si on a eu des idées de grandeur, c’est que le nombre de références que nous, auteur de ses lignes, partageons avec Elise nous ont tout simplement ravi et effrayé. Presque pas un film, un bouquin, une citation, une émission de télé, un fait de société qui ne nous ramène à nous, à notre vernis culturel et à nos souvenirs de “djeu-nesse”. CJNPRBS touchera au cœur de la génération née au début des années 1980. Le succès et la longévité du bouquin sont donc éminemment périssables, et vacilleront plus vite que l’intérêt pour sa star déclinera. Clairement pas taillé pour la postérité. Ça, Élise le sait, et met un point d’honneur à défendre le plaisir sur la raison. Et elle a souvent de (très) bonnes choses à dire, pour peu qu’on s’intéresse au sujet et à son périmètre restreint.

Bref, on passera très vite à autre chose, mais on veut bien avoir des nouvelles d’Élise de temps à autre.


Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears, d’Élise Costa, sortie le 19 mai, 18 euros. A noter que la maison d’édition Rue Fromentin sort aussi le roman en application Iphone agrémentée de bonus, à 3,99 euros.

Illustration : Photo d’Elise (c) Wallendorf.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire