Fleur de cimetière : Premier roman captivant

05/03/13 par  |  publié dans : Livres, Romans | Tags : , ,

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Tom et Abby décident de tirer un trait sur leur fille, Caitlin, disparu depuis quatre ans. Ils n’avaient jamais imaginé que, quelques semaines après la cérémonie de commémoration, elle réapparaîtrait enfin…

Rarement 400 pages d’un thriller psychologique auront été dévorées aussi rapidement… Autant dire que pour un premier roman, David Bell fait très fort. Il happe le lecteur dans son récit dès les premières lignes et le garde en otage jusqu’au point final.

HUIS CLOS A CIEL OUVERT

David BellSi le sujet de Fleur de cimetière peut nous faire songer à un épisode de FBI Portés Disparus, David Bell réussi à surprendre le lecteur en refusant de tomber dans le piège de la grosse machinerie américaine. Les amateurs de thriller pur seront déçus car la part belle est ici faite à la subtilité et à la délicatesse que sous-entend le traitement d’un sujet aussi sensible que le Syndrome de Stockholm. Au fil des chapitres, le romancier déjoue tous les pièges se présentant à lui. Point de complaisance, de leçon de morale ou d'”happy end” dans ces lignes.

Ce fait divers prend place dans une banlieue, a priori paisible et sécurisée, entre la maison de la famille et le lieu où le drame s’est produit, le cimetière. Comme les personnages, le lecteur se retrouve enfermé dans ce circuit ramenant toujours les protagonistes à ces deux lieux. Sensation d’être prisonnier, qui pousse à chercher des réponses à l’instar de Tom (le père). Si l’on sait que Caitlin revient saine et sauve, il n’en demeure pas moins qu’un énorme point d’interrogation pèse sur les quatre dernières années. Et si finalement, retrouver son enfant vivant était pire que de ne pas le retrouver ? David Bell ose cette question politiquement incorrecte, et c’est sa force.

ENNEMI INTIME

9782330014087 Raconté à la première personne, ce roman à tiroirs se dévoile à travers les yeux et les réflexions d’un père refusant de croire à la mort de sa fille. Sans concession, il dévoile les conséquences d’un enlèvement d’enfant sur la vie du couple. Ce point de vue subjectif ne pousse pas pour autant le lecteur à prendre position pour le narrateur. Car l’écrivain réussi le tour de force de montrer de l’empathie pour tous ses protagonistes. Il prend le temps de construire ses personnages. Si la richesse psychologique du père est incroyable, on ne peut être que bluffé par la tournure que la relation avec sa fille adopte au gré des révélations. Ce récit nous prend au corps et au cœur. Le tour de force de David Bell est de pondre une histoire au sujet sensible et lourd parfaitement maîtrisé. Impossible de refermer ce livre sans se poser la même question soulevée par Tom, au début du roman, “Connaissons-nous vraiment nos enfants ?”, et se demander ce que nous aurions fait à sa place…

C’est toujours émouvant d’assister à la naissance d’un écrivain… On attend la suite avec impatience.

Fleur de Cimetière
David Bell
Ed. Actes Sud
400 pages
16/01/2013

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