Histoires de rock français

02/01/09 par  |  publié dans : Livres

Qui n’a jamais voulu connaître tous les petits secrets de ses musiciens préférés ? Grâce à Pascal Pacaly, c’est chose possible ! Les infos dévoilées dans ses recueils de nouvelles ont été écrit avec la participation et l’aval final des groupes. Dans des biographies romancées, la plupart d’entre eux parlent de leurs débuts pour la première fois (leur rencontre dans leurs lycées, collèges, etc.), des anecdotes en tournée, des premiers skeuds… jusqu’à aujourd’hui.

Tout d’abord, présentez-vous aux lecteurs d’Envrak :

Pascal Pacaly, 31 ans, vivant dans une petite ville près de Saint-Étienne. Le reste, c’est l’envie de poser des mots sur des douleurs adolescentes… C’est comme cela que tout a commencé… Un peu beaucoup de poésie pour se faire la main, puis des nouvelles pour s’aguerrir enfin…

Comment est née l’idée d’écrire sur des groupes de musique ?

Parce que la musique est parfois la bouffée recherchée quand vous avez quinze piges et que vous ne comprenez pas encore tout ce qui se passe autour de vous, comment ce monde fonctionne et pourquoi à un moment donné, quelque part, il vous a rejeté. Ou du moins pourquoi vous sentez-vous rejeté ? On passe de l’enfance à l’être adulte et c’est parfois étrange, sensuel, déprimant, glorieux et déboussolant. Enrichissant aussi. Donc, pour ne pas perdre ce fragile équilibre, vous mettez ce CD de Pulp dans votre chaîne et vous vous envolez avec le groupe, le chanteur, l’idole… Vous vous imaginez ailleurs, au sommet du sommet, hors de ce monde qui ne vous convient pas… C’est ça la musique, c’est pouvoir s’imaginer des mondes moins laids, plus beaux, plus conformes à votre idéal. La musique a toujours été là, création née d’une douleur ou d’une joie, recherche en soi… Que sais-je ? La musique m’a permis d’avancer pas à pas, et naturellement, après la poésie, je me suis tourné vers ce fantasme que je voulais sans doute vivre plus intensément, de plus prés en tout cas. Et puis, lorsqu’on sait qu’on chante à en faire pleurer les cailloux, on se dit qu’avec les mots, peut-être que ça sonnera mieux.

Comment s’est passée votre recherche ? Vous avez rencontré tous les groupes ?

La recherche c’est l’équilibre entre ses propres goûts et la notoriété du groupe. On fouine alors ici et là sur ce qui marche, on demande à lui où à elle… On écoute… On a des contacts, un premier groupe qui vous donne un autre contact… La chaîne se crée, on parle d’un livre à d’autres qui en ont déjà entendu parlé… Et au bout de deux ans, on a une petite trentaine de nouvelles et on se dit qu’il serait temps d’aller affronter ces autres faiseurs de mots : les éditeurs.

Pourquoi ces groupes ?

Parce que j’aimais leur musique, parce qu’ils étaient un peu connus.

Sur Envrak, on compte de nombreux fans de Matmatah, pouvez vous nous expliquer comment s’est passée l’écriture de leur partie ?

Le truc, avec Matmatah, c’est qu’ils venaient juste de se séparer de leur batteur, Jean-François (NDLR : Fanch), et c’était un peu tendu pour savoir si je devais le contacter ou pas. Mais bien sûr au final tout le monde savait qu’il ne pouvait en être autrement, car Jean-François, il avait été dans le groupe depuis si longtemps, il avait vécu tellement de choses qu’il était impossible de ne pas le contacter, de faire sans lui. Alors après avoir interviewé le groupe, j’ai appelé Jean-François qui a pris quelques jours pour se décider. Il a dit oui, car Matmatah était une partie de sa vie, d’un rêve devenu réalité qu’il ne pouvait occulter. Après, quant à la forme de l’histoire, je veux dire sous forme d’interview, c’est Stan qui a lancé l’idée. Il ne voulait pas que ça sonne comme pour les autres groupes, il voulait quelque chose de différent. C’est ce que j’ai essayé de faire.

Une anecdote à nous raconter sur quelque chose qui vous serait arrivé durant votre travail de Rock stories ?

Ce travail, c’est deux ans. Hyper long donc. Parce qu’il faut passer par un bon milliard d’interlocuteurs – au moins – avant de toucher le Graal. Quand c’est pas le manager c’est la maison de disque, laquelle vous dit qu’il faut encore demander à lui ou elle, tel ou telle. Alors parfois, on a envie de baisser les bras, parce qu’on sent bien que tout ça reste du business, et ça vous fout les glandes. Parce que quoi, tout ce que vous essayez de faire, c’est de rendre hommage à des artistes, des créateurs… Et à chaque fois, on vous demande des choses au rapport commercial, des choses qui tuent un peu le rêve. Après, on se dit que c’est le jeu, que chacun se bat pour sa pomme, et si ce n’est normal, c’est du moins logique. Et puis il y a le groupe qui aime la nouvelle mais pas le manager ou la maison de disque, le groupe qui en a pas parlé à son manager qui n’est pas forcément d’accord. Donc dans tout ça, il y a tout ce côté diplomate qu’il faut savoir gérer pour qu’au final, tout le monde soit content. Ouais, la diplomatie c’est, je crois, LE mot. Et à force de diplomatie, à force d’envie, de foi en soi, on arrive à transformer son rêve en réalité…

Ce sera le mot de la fin.

Les deux tomes de Rock Stories par Pascal Pacaly seront disponibles en librairie et sur Internet à partir du 20 janvier 2009 ; 16,50 Euros pour 208 pages par volume.
Avec Asyl, AQME, Dead sexy inc, Dionysos, Ed-Ake, Edelberries, ETHS, Fancy, Glow, Hushpuppies, Klyde, Lunatic age, Mass Hysteria, Matmatah, Mlle K, Mypollux, Narcys, Oxygen, Pleymo, Punish, Yourself, Sidilarsen, Subway, Tagada Jones, Tripod et Vegastar + en bonus : Wünjo.
Photo Matmatah copyright Danny Dulieu

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6 commentaires

    Nicolas M.  | 02/01/09 à 15 h 19 min

  • Faut il croire que John Lennon avait tort ?

  • Dolly  | 02/01/09 à 15 h 52 min

  • Dis nous en plus …

  • Tralala  | 02/01/09 à 18 h 19 min

  • Hey Dolly, c’est pas drole de faire des blagues aux lecteurs d’Envrak en mettant une photo de Scholl alors que l’interviewé parle de Fanch! :D

  • Druss  | 02/01/09 à 21 h 59 min

  • Et puis s’il voulait avoir Matmatah ET Fanch en même temps, fallait venir aux charrues cet été ;-)

  • Nicolas M.  | 03/01/09 à 14 h 15 min

  • … c’était une simple allusion à sa célèbre phrase qui comparait le rock français au vin anglais ! :)

  • Dolly  | 19/01/09 à 19 h 42 min

  • Double manifestation rock en une seule soirée ce 31 Janvier ! Pour ceux qui voudraient rencontrer l’un de nombreux artistes rock de la scène française actuelle, plus une seconde à perdre, rendez-vous au bar La Cantada à Paris. Au programme : la dédicace du livre de Pascal Pacaly « Rock Stories », avec la présence de l’auteur et de nombreux groupes. Parmi eux : Vegastar, Ed-ake, Dead-Sexy Inc, Stan( ex-Matmatah), Oxygen, Fancy, Klyde, Fred (Hewitt/ex-Pleymo). Toujours au même endroit, et au même moment, le vernissage de l’exposition « Héroïn(e ) » mélangeant photos et poésies sur les thèmes de la solitude adolescente et de la télé réalité musicale. Des artistes féminines rock comme Candice ( Eths), Lussi (mypollux), Molly, Mélissa Mars, Manu (ex-Dolly) Jacqueline (Suprêmes dindes) ont joué le jeu en posant pour l ‘expo d’après des textes de l’auteur de Rock Stories mis en image par la photographe Nathalie Sicard aka Irae.

    Infos livre: http://www.myspace.com/ppacaly Infos expo : http://www.myspace.com/expositionheroine

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