Interview : “Stephen King a évolué avec ses lecteurs”

22/11/13 par  |  publié dans : Livres | Tags : ,

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Il y a fan… et fan. Jeremy Guérineau est tombé dans Stephen King à l’adolescence, et n’en est jamais sorti, au point de lui avoir consacré un livre légèrement monomaniaque (Les adaptations de Stephen King, dont on a déjà parlé ici) et surtout, de consacrer une grosse part de son temps à l’animation du Club Stephen King, autorité française sur le sujet. Ce statut lui a permis d’être aux premières loges de cette semaine évènement. Interview fissa, entre deux chutes de température à la sortie du Grand Rex, où Stephen King a donné sa dernière apparition publique.

Comment tu en es venu à faire un site sur S.K ?

Ca fait 15 ans que je suis fan de Stephen King, il y a une époque, je traînais souvent sur internet, et j’ai découvert le forum du Club Stephen King Lille, créé et géré par Lou Van Hill depuis 1992. A un moment, il n’a plus eu le temps de gérer le site, il l’a laissé à l’abandon quelques années. Et moi j’étais très impliqué, je continuais à participer au forum. Au bout de quelques années, Lou est revenu, conscient qu’il ne pouvait plus s’occuper correctement du site. Il m’a passé les clés, je l’ai repris, refondu, jusqu’à aujourd’hui.

Alors, c’est la fin d’une bonne semaine…

Oui, j’ai pu rencontrer Stephen King 5-6 fois donc c’est la fin d’une semaine très très riche… C’était une opportunité unique, exceptionnelle !

Quoi, tu as eu droit à des petits trucs privés ?

Il y a eu beaucoup d’événements publics mais également des évènements avec un public plus restreint, par exemple sur Le Mouv, on était douze avec le présentateur. Et puis tout à l’heure, juste avant le Grand Rex, une petite soirée organisée par Albin Michel avec les libraires, il y avait une soixantaine de personnes. C’était vraiment l’occasion de lui serrer la main, de prendre des photos, de parler un peu plus en détail etc. J’ai pu lui faire signer 3 livres cette semaine, une pré-publication française de Carrie qui est sortie en 1976 avant chez Gallimard, une 1ere publication de Carrie, et puis une épreuve non-corrigée de Docteur Sleep qui est vraiment très belle.

Chanceux ! Tu baignes dans Stephen King, tu nages dans Stephen King donc, tu lui as consacré un bouquin entier, tu tweetes même Stephen King… cette semaine, est-ce que tu as appris des choses que tu ne savais pas ?

Il y a eu un certain nombre de choses qui se sont répétées cette semaine, mais on a quand même eu quelques scoops. Dans l’émission du Mouv’, on a appris que le projet d’adaptation de La Tour Sombre par Ron Howard aurait obtenu un budget de 60, 70 millions de dollars, alors qu’on pensait que le projet était en stand-by vu que Ron Howard travaille aussi à l’adaptation d’Inferno de Dan Brown pour l’horizon 2015. Mais au final, La Tour Sombre avance. Il a aussi dit dans la conférence de presse qu’il adorerait réaliser un autre film, personnellement je considère ça comme un appel du pied aux studios. Et puis, il y a quelque chose qui devrait intéresser les producteurs français et notamment ceux de la série Les Revenants, puisqu’il a dit qu’il adorait la série.

Qu’est-ce qui te plaît dans ses livres ?

La manière dont il amène le fantastique dans un quotidien des plus banal, même si les protagonistes ont parfois des pouvoirs, ils restent la plupart du temps des humains normaux plongés dans des situations extraordinaires, il est intéressant de voir leurs réactions. Et puis il ne faut pas oublier que Stephen King c’est une œuvre très très riche, avec toutes les ramifications de La Tour Sombre dans de nombreux romans et nouvelles. Et puis je lis d’autres auteurs, Maxime Chattam, Bernard Werber, et ce qui me plaît c’est l’histoire avant tout, le style je me m’en moque.

Le premier Stephen King que tu as lu ?

Je ne m’en souviens plus vraiment, je sais qu’un ami m’a fait lire Stephen King au collège, via Cujo et Danse Macabre, et l’été suivant pour partir chez ma grand-mère qui habitait un coin perdu j’avais dévalisé la librairie à la recherche de Stephen King. Mais je ne me souviens plus si j’ai découvert les livres avant les films ou l’inverse. A l’époque je me souviens il y avait beaucoup de Téléfilms qui passaient sur M6, notamment Ça

Est-ce que tu te souviens de ta première frayeur ? Ou de la plus emblématique ?

Je me rappelle de Danse Macabre, j’étais chez mon grand-père, dans une pièce relativement vide et j’étais tout seul dans la maison… je sais plus quelle nouvelle je lisais exactement, mais c’était assez effrayant.

Si je te braque un pistolet sur la tempe et que je te demande ton Stephen King préféré ?

Si ce serait un roman ce serait Ça, parce que c’est vraiment un roman épique. Mais à part ça, j’aime énormément ses nouvelles, et j’ai toujours adoré le recueil Danse Macabre.

On a eu des frayeurs avec Stephen King quand on était gamin, mais ce qui est ressorti de certains de ses propos cette semaine c’est qu’il est conscient que passé un certain âge on peut plus faire peur de la même manière. Certains disent qu’il a eu son heure de gloire dans les années 89, 90, depuis c’est une autre époque… est-ce que les jeunes lecteurs peuvent avoir peur avec Stephen King ? Tu en penses quoi de tout ça ?

Il y a deux aspects : les lecteurs ont évolué en même temps que l’écrivain, et l’écrivain a fait évoluer son écriture et ses thèmes. Avant ses romans étaient très viscéraux, c’était vraiment de la peur horrifique, et depuis une dizaine d’années ces peurs ont changé, elles peuvent nous affecter mais on est plus dans les proches qui décèdent, le cancer, des peurs d’avantage adultes que gore. Ça dépend de ce que les lecteurs veulent voir aussi. Personnellement, je ne suis plus vraiment à la recherche du gore, contrairement à quand j’étais plus jeune.

Le Club Stephen King

Les adaptations de Stephen King, le livre de Jérémy

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