Kawaï et sanglants

17/06/09 par  |  publié dans : BDs&Mangas, Livres | Tags : ,

Tout émoustillés qu’ils sont par leur instinct, gênés par leur condition, décalés par leur intemporalité, les vampires se montrent souvent maladroits, toujours charmants. Admettons le, quand ils ne nourrissent pas les fantasmes mystiques des adultes, ces créatures rendent folles les petites adolescentes. Peut-être est-ce la perspective de rencontrer enfin un garçon qui soit un minimum mature. Ou alors le cumul de nombreux atouts de séduction. Un filon en tout cas, qu’exploitent animes et mangas. Et Envrak, dans la sélection hasardeuse que voilà.

Vampire Chronicles : l’homme qu’on appelle la rose

Combats, combats, combats. Les vampires c’est bien un truc de mecs ! Rien de tel que de commencer par se contredire. Vampire Chronicles de Shirodaira Kyo / Kimura Yuri raconte le roi des vampires. N’ayant pu protéger sa belle, à présent scellée, ce dernier passe les siècles à la rechercher alors même qu’il est poursuivi par tous, ou presque. Une quête, de multiples batailles, l’intrigue simple d’un shonen pour ce qui n’en est pas un. L’action se présente comme un fouillis de trait, de contours indéfinis. Les mouvements manquent de dynamisme, les affrontements de chorégraphie. Qui cherche la complexité des duels en sort déçu. Qui guette l’amour de même. Le premier tome peine à trouver sa cible, s’approprier un domaine et tenir un suspens qu’on doute survivre à neuf opus. Les dernières pages, chorales, ébauchent toutefois des personnages laissant présager une profondeur à venir.

Vampire Host : ils sont fous ces japonais

La solution pour maintenir une intrigue à long terme pourrait être de l’envisager à court. Vampire Host de Kaori Yuki est un one shot. Il ne possède pas de suite, se lit d’une traite, se dévorerait presque s’il était captivant. L’intrépide Rion veut retrouver son amie qu’elle croit disparue dans un club d’hôtes, tenu par de sexy vampires. Soumission et insolence, la cuisine érotique. Humour et symboles, la recette japonaise. Les dessins sont fluides et les idées vite traitées méritent d’exister. Pourquoi cependant raconter trois histoires dans un format déjà si court? Survoler n’est pas jouer, difficile d’accrocher ! L’intérêt du manga réside alors dans son adaptation à l’écran, The Vampire Gigolo, trop kitsch pour être vraie.


Vampire Knight : tout un univers, ici en ending

Et après deux déceptions vint la satisfaction. Vampire Knight de Matsuri Hino bénéficie de son petit succès justifié. Alors que d’autres cherchent à tout prix à innover dans le mythe des vampires, Matsuri Hino préfère soigner style et ambiance. A l’académie Cross, les humains étudient le jour et les vampires la nuit. Enfants adoptifs du directeur et gardiens du secret des nocturnes, Yuuki et Zero font la discipline. Bien sûr, ils ont un passé chargé. Bien sûr, il y aura de l’amour. Et même, summum, un triangle amoureux. Le cliché assumé apporte la stabilité, évite la faiblesse des bases trop compliquées. Ici le traitement de tous les ingrédients s’avère efficace et la sensualité croise l’autodérision. Vampire Knight maintient sa dose d’ambiguïté, joue sur les troubles de la sexualité, mêle violence et passion, approfondit ses personnages, reste accessible, soigne son esthétique. Manga comme anime construisent et entretiennent cette atmosphère surattendue propice aux tensions. Un parfait refuge pour fleurs bleus avides de dilemme, de mystères et de défendus.

Rosario + Vampire : Kapu-chuu !

Et parce qu’un peu d’Ecchi ne fait jamais de mal, intéressons nous aux petites culottes des lycéennes. Rosario + Vampire de Ikeda Akihisa propose un univers niais et fantastique. Tsukune rate ses examens d’entrée mais trouve de justesse un autre établissement, réservé aux monstres, interdit aux humains. Trop tard pour faire demi-tour, la vampire Moka a déjà attendri le jeune homme. Suivront succubes et bestioles en tout genre. Des filles qui tombent amoureuses, des garçons qui s’affrontent. Et au milieu, la force de l’humain contenue dans ses sentiments. Divertissant.
Plus sensible et original, Karin de Kagesaki Yuna complète le panorama. Quelque chose ne va pas chez Karin, elle vit au soleil et ne boit pas le sang mais l’injecte. Sa famille – un peu Adams – s’en inquiète. Outre le pitch absolument attendrissant, l’anime et manga de Kagesaki Yuna s’appuie sur une charmante idée : les vampires seraient attirés par un type de personnalité qu’ils changeraient à force de morsure. Ainsi le fils ainé ne séduit que des jalouses qu’il calme et Karin ne mord que des malheureux qu’elle égaie. Touchant.

Karin : attention aux saignements de nez…

Vaste thème que les vampires qui ne s’illustrent pas qu’en shojo. Une fois les fillettes couchées, se lèvent les ténèbres. Parfois sombres, sanglants, les mangas et animes pour adultes ne versent pas dans le mielleux mais la violence, souvent avec justesse. Un sujet pour tout âge, tout goût. Quant au pouvoir et à la vie éternelle, on en retrouve des variations, notamment avec Claymore, déjà lu sur Envrak.

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    ricou  | 12/06/10 à 20 h 55 min

  • c’est nul

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