Lady Doll, prison de poupées

20/02/13 par  |  publié dans : BDs&Mangas, Livres

par Beatrice Penco Sechi

par Beatrice Penco Sechi

Gaja, jeune fille au visage déformé, s’est créée un monde dans lequel la méchanceté des autres ne peut plus l’attendre. Cet univers, elle le partage avec ses poupées…

Daniele Vessella (au scénario) et Béatrice Penco Sechi (au dessin, photo ci-dessous) ont créé avec le diptyque Lady Doll un conte oscillant entre ombre et lumière, entre douceur et douleur. Si le scénario met en scène des sujets déjà traités, le tout repose sur un travail graphique remarquable.

Dessinatrice de "Lady Doll"

UN MONDE DE POUPÉES

Fans de Barbie s’abstenir. Les poupées de Lady Doll ont tout des cousines éloignées de Chucky et les autres personnages ne sont pas en reste. Bien que le rose soit assez présent, on est à mille lieues d’un univers cotonneux et sécurisant. Le père de Gaja, accro au jeu, considère sa femme comme un portefeuille. Lorsqu’elle décide de fermer la “banque”, il l’empoisonne. Radical et efficace ! Gaja, alors héritière de la petite fortune de sa mère, ne doit sa survie qu’à la “légère” folie qui l’habite et la rend inoffensive. Son refuge : les poupées qu’elle fabrique à son image. Parmi elles, la petite fille se sent en sécurité et comprise. Une relation étrange et presque malsaine prend forme et la poursuivra jusqu’à l’âge adulte. Seul un artiste sera capable de lui indiquer la porte de sortie en lui montrant que la beauté n’est pas toujours dans nos yeux mais dans ceux de celui qui nous regarde. Si une lueur d’espoir semble poindre, il est pourtant presque impossible d’imaginer un happy end pour Gaja et son prétendant. Le tour de force des deux auteurs tient sur ce point précis. Offrir une fin terrible, mais tellement plus poétique qu’un “ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”. Lady Doll a peut-être les allures d’une bande dessinée jeunesse, mais cet univers n’est pas à mettre entre toutes les mains.

UNE BD GOTHIQUELady Doll planche

Les personnages squelettiques prennent vie au cœur de l’époque victorienne mêlant couleurs flashy et esprit dark. Ce savant mélange offre un bel écho au cinéaste Tim Burton et à ses films comme Edward aux mains d’argent ou Batman le défi. Le graphisme vient renforcer les vices et faiblesses des êtres qu’il représente. Ils portent leurs sentiments sur eux comme une seconde peau. Étiquettes dont ils ne peuvent se défaire et qui les rattrapent malgré eux quand ils tentent l’impossible.

La plus belle incarnation de cette idée est bien entendu la frêle Gaja. Aussi fragile que ses amies faites de chiffon et de porcelaine, sa seule chance de bonheur est de les rejoindre. Une fin morbide et poétique qu’un maître du genre comme Edgar Allan Poe aurait pu revendiquer sans mal.

Lady Doll – Tome 1 – La Poupée Intime (23 juin 2010)
Lady Doll – Tome 2 – Une Maison de poupée (23 janvier 2013)
de Vessella et Penco Sechi
Editions Soleil Productions

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2 commentaires

    laura  | 17/12/15 à 19 h 51 min

  • j’adore la bd lady dol tome 1 et 2 et les dessin sont bien fait et mes deux personnages favoris sont Sébastien et Gaja et claire j’ai commander les 2 tommes de lady dol 1 et 2

    Laura

  • Lady Doll de Vessella et Penco Sechi – Ma Piccolo Bubble  | 04/12/16 à 13 h 04 min

  • […] RETROUVEZ LE RESTE DE MA CHRONIQUE SUR ENVRAK.FR EN CLIQUANT ICI ! […]

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