Les BDs de DJ Luz

01/06/07 par  |  publié dans : BDs&Mangas, Livres

Déboires, ferveurs, regards acerbes et répliques cinglantes d’un dessinateur passionné de musique.
Parmi les publications de Luz, on trouve trois bandes dessinées consacrées à la musique. Normal, ce chroniqueur de Charlie Hebdo en est mordu. Une addiction dont on ne se plaindra pas, au contraire, lorsqu’on lit sa vision corrosive du monde musical, on a plutôt tendance à en redemander.

Première sur la sellette : Claudiquant sur le Dancefloor. Ne vous attendez pas à une bande dessinée organisée avec de jolies cases bien définies, un scénario et des dessins parfaits car bien entendu c’est tout le contraire. A savoir : du fouillis. De 2002 à 2004, Luz assiste à des concerts, pour son plaisir ou envoyé par sa rédaction, et il nous en fait le récit en noir et blanc. Dessins crayonnés sur le moment, déroulement des soirées, petites anecdotes alcoolisées, en bref la musique et son univers merveilleux, traités avec mordant, évidemment. Attention tout de même au concentré de culture : si vous n’y connaissez rien, vous aurez du mal à apprécier. La première des trois bandes dessinées est assez dure à aborder, d’autant plus qu’elle a un petit côté sociologique et donc parfois ennuyeux, il faut l’avouer.

Passons à Faire danser les filles et là je souris car, grâce à cette bd, j’ai pu découvrir quelques chanteuses pleines de talent. Je vous encourage donc à aller, comme moi, plus loin que les images pour fouiner un peu. Dans cet opus, Luz s’interroge avec humour sur la place des femmes dans le paysage musical et regonfle leur ego. Le fouillis est toujours présent, les critiques acides sur différents groupes ont toujours leur place, la culture musicale également mais les anecdotes sont plus nombreuses et l’ensemble bien plus drôle. De plus, ce n’est plus son expérience de spectateur que partage avec nous le dessinateur mais celle de DJ. On trouve donc des leçons de mixages, on en apprend un peu plus sur ce monde et on se délecte devant le cynisme de l’auteur.

Et puis il y a J’aime pas la chanson française. Un format différent, de la couleur et de vrais strips indépendants. Une bande dessinée bien plus accessible que seuls ceux qui n’ont pas d’humour doivent s’abstenir de lire. Dans cet album il y a certes moins de Luz (on s’y était attaché) mais il y a surtout plus de piquant ! Le crayon acéré du dessinateur nous dévoile son point de vue sur la chanson française, un avis caustique et insolent. On en ricane. Les réflexions amères de l’auteur sont savoureuses, le pathétisme de Delerm se déguste et cet œil noir jeté sur la nouvelle scène sonne juste. Quelques jeux et parenthèses, souvent hilarants, s’incrustent dans les pages comme ils l’avaient fait dans les précédentes bds avec lesquelles, finalement, celle-ci a tout de même beaucoup de points communs.

Les bandes dessinées de Luz sont actuellement en rupture de stock dans beaucoup de librairie, victimes de leur succès. Que je ne vous vois pas hésiter à les consulter quand elles réapparaitront dans les rayons car ces trois-là valent le coup d’oeil!

J’aime pas la chanson française, Editions Hoëbeke, mars 2007, 10€50.
Faire danser les filles, Editions Hoëbeke, janvier 2006, 12€90.
Claudiquant sur le dancefloor, Editions Hoëbeke, avril 2005, 12€90.

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1 commentaire

    onomatt  | 07/06/07 à 17 h 46 min

  • Bon, va falloir que j’aille jeter un oeil à ces BD, elles ont l’air plutôt chouettes ! D’autant plus que j’aime généralement bien les collaborations de Luz avec Charlie.
    Merci pour cet article ;-)

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