Note sur J.D. Salinger

02/02/10 par  |  publié dans : Auteurs, Livres | Tags : ,

L’auteur de L’Attrape-Coeurs est mort le 27 janvier dernier à l’âge de 91 ans.
J.D. Salinger est mort. A 91 ans, ça n’a surpris personne, mais pour certains, c’est tout de même venu comme un choc : quoi, il était encore vivant ? Le succès de son roman phare – 60 millions d’exemplaires vendus, encore 250 000 chaque année, nous dit Wikipédia – aurait pu faire de lui une bête médiatique, une marque déposée, lui ouvrir les portes d’Hollywood. Il n’en a rien été. Dès les premiers signes de succès, Salinger s’était retranché à double tour derrière un mur de silence et dans une cabane au fond des bois (un récent article du New York Times démontre qu’il n’avait cependant rien d ‘un ours). Il n’avait plus rien publié, plus rien dit depuis 1965. Jusqu’au bout, Salinger sera resté un mystère, au point de tomber dans l’oubli.

J.D. Salinger surpris par un photographe. L’auteur avait horreur de la publicité.

Paru en 1951, L’Attrape-Cœurs (The catcher in the rye) est devenu le roman culte de l’adolescence et de la teenage angst : rage de communiquer, urgence d’aimer, peur de grandir. Viré de son lycée privé (prep school, comme dans Le cercle des poètes disparus ou Gossip Girl), Holden Caulfield fugue dans New York en quête de chaleur et de sens. En chemin, quelques rencontres, l’errance, et un style qui épouse à merveille celui des ados de l’époque. Avec une vivacité qui fait encore écho aujourd’hui.

Je l’ai découvert en classe de 3ème, où j’ai eu à en faire une fiche de lecture. Je ne me suis pas plus transformé en groupie que ça – ne l’ai même jamais relu – mais en rétrospective, je suis surpris de réaliser quelle place je l’ai laissé se frayer. J’ai pris le nom d’Holden pour signer mes premiers articles au lycée, dans un journal que j’ai co-créé. Il est resté jusqu’à Envrak. Je me souviens très distinctement avoir passé une période (était-ce plus tôt ou plus tard ?) où je voulais “attraper les cœurs au bord de la falaise”, comme Holden. Aujourd’hui je m’identifierais plus facilement au Holden McNeil de Kevin Smith (Méprise Multiple), mais lui aussi remonte à la source Salinger. La boucle n’en finit pas de boucler, en toile de fond.
Il y a deux ans, en ouvrant mon blog, au moment de lui trouver un nom, j’ai presque naturellement repensé au roman, et je me suis demandé, comme Cali et Holden, où vont les canards l’hiver quand il fait trop froid, et que le lac gèle. Elle est simple, elle est superbe cette question, elle porte l’absurde curiosité qu’il nous faut conserver coûte que coûte malgré nos responsabilités, sous peine de nous dessécher de l’intérieur.

Un autre regard sur L’Attrape-coeurs: Le rebelle devenu culte, sur Ados.fr.

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2 commentaires

    bcolo  | 04/02/10 à 10 h 32 min

  • Très jolie bande-annonce, merci. Ne manque maintenant plus que l’article fouillé qui se cache derrière…
    Etonnant quand même que tu ne l’ai jamais relu. Et si c’était le bon moment ?

  • H  | 04/02/10 à 17 h 55 min

  • Le but c’était juste de faire une bande-annonce, en fait. Et j’ai tellement de lectures en retard que je préfère m’abstenir de revenir sur les vieilleries… :)

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