Stephen King est un menteur

17/06/09 par  |  publié dans : Livres, Romans | Tags : ,

Découvrez l’ordinaire « Vampire ordinaire », le dernier roman de Suzy McKee Charnas encensé par Stephen King.
Vampire… Le mot fait frémir. Cape flottant au vent, crocs acérés dépassant de ses lèvres vermillons, de spectaculaires métamorphoses, voici l’archétype de cet être surnaturel. Châteaux hantés, toiles d’araignée, ambiance lugubre, c’est dans ce cadre inquiétant que sommeillent Dracula et ses compères. Edward Weyland le héros de McKee Charnas s’éloigne indéniablement de ce portrait mystique. Grand, mince, élancé, il est professeur d’anthropologie, doté d’un charisme hors norme. On l’imagine volontiers, la quarantaine entamée, le cheveu grisonnant, une sorte d’Indiana Jones suceur de sang.

La quatrième de couverture est alléchante, le protagoniste aux allures d’Apollon fait presque rêver ; tout avait bien commencé. Les histoires de vampires courent les rayons des librairies. Alors on se fie à l’instinct. « Terrifiant, drôle, plein de suspense… Impossible à lâcher », Stephen King devient alors guide, et ses quelques mots sur « Un vampire ordinaire » poussent à l’achat. Le choix est fait, avec une confiance aveugle.

Et si Stephen King mentait ?

Il annonce le « plein de suspense ». Envrak lui répond que c’est un livre à mourir d’ennui. Les quatre-vingts premières pages s’enchainent sans que rien ne se passe, un véritable désert littéraire. Les deux cents soixante dix restantes confirment : tandis qu’Edward Weyland étudie le sommeil, c’est le lecteur qui s’endort. Chacun des cinq chapitres semble comme dilué dans un grand bain de sang. L’auteure en compte les litres, on compte les pages. Toujours pas de romance passé les trois quarts. On ne s’attend à rien, d’ailleurs on n’attend rien non plus.

Stephen King pose la carte de l’humour. « Drôle » ? Envrak s’interroge. L’humour français serait-il aux antipodes de la blague tellement subtile de l’écrivaine américaine, au point qu’on la cherche encore ?

Stephen King dit « Terrifiant ». Pour le coup cette fois c’est drôle… C’est pourtant terrifiant de voir à quel point ce livre est ennuyeux. McKee Charnas s’entête à faire de son protagoniste un vampire des temps modernes. Son personnage, vu à travers les yeux de son entourage, ne fait ni rire, ni sourire. Il est triste, fade, sans saveur, sans couleur. Ce vampire est tellement banal qu’il éloigne tout sentiment d’effroi. Il ne fait pas peur, il fait pitié. Si bien qu’un des pseudo-méchants le libère de sa captivité. Oui, monsieur tout le monde s’était fait enlevé. Les ambiances, dans un cadre contemporain, enlèvent de leur frayeur aux scènes. Les mythes, réadaptés, perdent de leur sensualité. Le professeur diurne n’use pas de ses canines dans les cous de ses proies. Il se nourrit avec un dard, piquant ça et là, n’importe où. Aussi ordinaire qu’un moustique.

Stephen King clôture : « impossible à lâcher ». Envrak conclut : le dernier roman de Suzy McKee Charnas peut aller tout droit s’enterrer au cimetière.

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2 commentaires

    Clémence  | 17/06/09 à 18 h 52 min

  • J’aime ton humour “mordant”!

  • coralie  | 24/08/09 à 0 h 34 min

  • moi je les lu et je le trouve bien se nes pas parce que le vampire est un étre fantastique qu’ il ne peut pas étre ordinaire et si se livre ne vous a par plus vaus commentaires vous pouver les carder.

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