Terra incognita Australis

05/05/13 par  |  publié dans : BDs&Mangas, Livres | Tags : ,

Terra-Australis

Un rêve est devenu réalité. Celui de Laurent-Frédéric Bollée (scénariste) de raconter l’histoire du peuplement de l’Australie en bande dessinée. Faisant équipe avec Philippe Nicloux (dessinateur), il trace les portraits de ces émigrés entre Londres et leur nouvelle terre.  

A l’origine, son découpage donnait une œuvre de 800 pages, Glénat (la maison d’édition) lui a gentiment demandé de revoir sa copie. Au final, ce n’est pas moins de 512 pages qui attendent le lecteur épris d’aventure et de récit historique.

Tout commence à Londres au XVIIIème siècle. La prison déborde et les exécutions sur la place publique n’intéressent plus le chaland. Résultat, pour rassurer le peuple et faire en sorte que les murs de la prison n’explose pas, on se dit que ce serait pas si mal de virer tout ce “beau monde” sur un autre continent. Et quitte à choisir autant faire en sorte qu’il se trouve dans un autre hémisphère. Bagnards, orphelins, parias, anciens esclaves noirs venus d’Amérique, prostitués et naturellement quelques marins et soldats, vont être de ce périple hors norme. Au total, 11 navires et plus de 1500 personnes à bord, entassés comme du bétail dans les soutes.

Le récit se découpe de plusieurs manières. D’abord chronologiquement, avec un avant, pendant et après cette expédition en terra incognita, mais aussi un découpage par personnage. Car au-delà d’être un récit historique, Bollée et Nicloux nous racontent le destin (souvent tragique) de ces hommes et femmes embarqués malgré eux dans la conquête de cette nouvelle terre. Le tout donne une histoire dure, sombre, voire carrément glauque par moment. Les morts s’entassent, la misère est partout, le désespoir s’installe et puis…. la promesse de ce nouveau continent est là, palpable, bien réelle. Botany Bay, première colonie britannique dans ce qui deviendra l’Australie. Le tout donne un récit cru, sans fioritures et “happy ending”. Bollée y mêle à merveille faits historiques et éléments de fiction.

 

Cinq années de travail réduites à ces 500 pages. Une œuvre somme, documentée, riche et imposante. Une véritable réussite. Une bande dessinée incroyable qui instruit et fait voyager. Et pour cela, il faut souligner le boulot monstrueux et magnifique accompli par Nicloux. Les décors et les visages en noir et blanc sont envoûtants et savoureux, tout en montrant dans chaque trait la dureté de ce périple. Entre nous, impossible de regarder ces pages sans imaginer le tout prendre vie sous forme d’une série ou d’un film.

Attention, une fois Terra Australis ouvert, on a de grande difficultés à le refermer ! Une belle nuit blanche en perspective.TERRA AUSTRALIS[BD].indd.pdf

Terra Australis de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux
Ed. Glénat
Déjà disponible en librairie.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire