Haruki Murakami, Un rêveur encré dans la réalité

01/12/08 par  |  publié dans : Auteurs, Livres | Tags : ,

J’aimerais vous parler d’un de nos plus grands auteurs contemporains. J’ai nommé Haruki Murakami. Cet homme qui a l’art et la manière de nous transporter au delà du réel tout en restant, malgré tout, les pieds sur terre. En effet entre rêve et réalité, on ne sait jamais tellement où se situer lorsqu’on lit un de ses romans. Certains y verront de grandes métaphores, voire même des paraboles. D’autres se laisseront aller à penser que la frontière entre ce qu’on voit, ce qu’on croit voir, ce qu’on aimerait voir et ce qui est ou pas, est plus mince que ce qu’on pense.

Il nait à Kyoto en 1949. Il se cherche pendant longtemps, voulant tout d’abord devenir scénariste. Puis il sera responsable pendant 8 ans d’un club de jazz à Tokyo, le Peter Cat. La musique classique et le jazz sont d’ailleurs très présents dans tous ses romans dans lesquels on retrouve des passionnés de musique, des tenanciers de bars et de clubs, des musiciens… Son premier roman est fortement inspiré de cette expérience Ecoute la voix du vent et reçoit un prix.
Murakami voyage beaucoup et a vécu en Europe et aux USA, ce qui rend sa littérature accessible à tous. Les intrigues se déroulent certes au Japon mais elles ont un reflet d’occident, elles ont un goût international.
Vacillement, vertiges, perte d’équilibre et de repères, voilà le monde de Murakami. Chaque ouvrage est un voyage qu’on ne peut prendre à la légère, il nous emmène très loin, plus loin que l’infini, à l’infini de nos possibilités physiques et mentales.
L’œuvre de Murakami est basée également sur un passé présent, comme si chaque action même antérieure avait une réalité, un impact dans l’instant, à tout moment. On retrouve alors de la mélancolie, de la culpabilité parfois, de la nostalgie. Ces passés présents pourraient être parfois interprétés de manière psychotique, schizophrénique, comme dans La fin des temps qui retrace la vie d’un jeune informaticien amené à travailler pour un savant pour le moins étrange, très vite on se rend compte que l’histoire est basée sur deux mondes, les deux mondes du narrateur, du héros et on pourrait alors penser à un dédoublement mais l’auteur est plus lunaire que cela.

Résumé de La fin des temps

Un jeune trentenaire informaticien, sans histoire, se voit envoyer par sa boite chez un vieux savant. De là il se retrouve embarquer dans une histoire, un complot, une aventure au cœur des ténèbres, c’est le pays des merveilles sans merci. Parallèlement, il mène une vie étrangement paisible dans ce village entouré de murailles: la fin du monde.

Murakami ne donne pas dans la psychologie ; et la teinte de ces sujets reste toujours onirique et en apesanteur. Les choix qu’il donne aux personnages sont motivés spirituellement, émotionnellement, jamais Murakami, de mon point de vue, ne les rangera dans une catégorie clinique et psychiatrique. En cela, son écriture est capable d’en rassurer plus d’un sur notre état mental. Oui nos démons, nos peurs, nos angoisses ne sont alors perçus ici que de manière surréaliste, paranormale et parapsychologique et jamais comme des névroses. Bien sûr en tant qu’occidental, à la lecture de ses romans, nous serons tentés d’analyser les comportements, de déceler les failles psychologiques. Un conseil, oubliez tout ça le temps d’une lecture et laissez vous embarquer !

Quelques romans de Haruki Murakami à ne pas louper:
Kafka sur le rivage
Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil
La fin des temps
Le passage de la nuit
Danse Danse Danse

Le style est bien entendu le même d’un roman à l’autre mais les narrations diffèrent, les points de vue aussi, les unités de temps également. Il est donc possible d’en enchainer trois sans se lasser. Après comme pour tous les auteurs, une pause s’impose, point trop n’en faut ! l’excès n’est conseillé pour rien dans ce monde…

Mais laissez vous transporter dans ce monde qui est le notre mais qui, vu de ses yeux, a la faculté de changer de couleur.
On aime ou non mais on ne peut sortir indemne d’une telle lecture, elle touche, elle pique, elle grignote l’âme.

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