Vivons curieux, un artzine made in Provence

12/12/13 par  |  publié dans : Arts, Livres | Tags :

Envrak, c’est aussi une affaire de famille. Quand Ariel Bonux, qui signe des articles chez nous (ici, ou encore ) se lance dans un artzine avec son collectif Le Lavomatik, on ne peut que lui prêter une oreille attentive. “Vivons curieux, mourons libres”, s’essaie à la diffusion de l’art graphique en 64 pages et 34 artistes, avec quelques nouvelles ça et là. Le thème est imposé mais tout le reste est en freestyle, un peu à l’image du bonhomme. Vous pouvez le retrouver sur le site Big Cartel à 7 euros (l’artzine, pas le bonhomme). Interview, avec le featuring de Mosa_Lii, proche d’Ariel, co-réalisatrice de l’artzine et, elle aussi plume sur Envrak. Qu’est-ce qu’on vous disait ? Une affaire de famille.

“Vivons Curieux, Mourons Libres” Artzine sur le thème du Lait from Le Lavomatik on Vimeo

Okay, présente-nous le Lavomatik

Le Lavomatik a été créé pour faire partager de la musique et faire découvrir des artistes au travers de mixtapes. Très accès hip-hop au départ. Et puis petit à petit la page a évolué vers quelque chose de plus arty, qui ressemble plus à ce que nous sommes. On s’est mis à partager, outre de la musique, de l’art. Et de plus en plus d’art. Vu les répercussions positives, on s’est dit, pourquoi pas se lancer dans un projet physique autour de ça. Avec l’idée de se lancer dans la micro-édition. D’où ce début avec l’artzine.

Le Lavomatik c’est qui ?

Un collectif, recentré sur moi, Mosa Lii, Tania qui est graphiste et qui nous a filé un coup de main. Il y a aussi des djays, un graphiste, on est 6-7… mais actifs, je dirais deux-trois.

Les étapes qui ont mené au bébé Vivons curieux et mourrons libres ?

On voulait un projet papier original. Mosa Lii a dit qu’il fallait un thème qui change à chaque fois, pour ne pas faire comme tous les autres qui font une sorte d’amalgamme viusel sans queue ni tête. Il fallait trouver un lien. Ensuite on a fait un listing d’artistes à contacter. Je l’ai fait via Facebook, car il y avait certains que je connaissais par là, comme Seb le ouf, on s’est présentés, avec notre premier projet. On a eu beaucoup de retours positifs : sur toutes les personnes qu’on a contactées il y en a une trentaine qui nous ont répondu oui. Dès qu’on a eu tous les visuels, on s’est attaqué à notre mise en page, à tout le processus.

Il y a beaucoup de gens que tu ne connaissais que par Facebook. Comment ont-ils réagi à ta demande ?

Les gens connaissaient déjà la page, on va dire qu’elle tourne pas mal. Les retours ont été d’entrée positifs. Certains ne nous ont pas répondu, certains ont demandé si ça payait… on leur a dit que c’était un échange de bons procédés. Sinon… en fait, on a contacté des gens qui sont habitués à être sur des fanzines, des artzines,des gens qui travaillent déjà dans la micro-édition et qui savent ce qu’est monter un projet. Ils viennent volontiers filer un coup de patte.

Facebook, c’est le monde où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde est prêt à se filer un coup de main c’est ça ?

C’est un peu ça. C’est le retour qu’on nous fait. Facebook… il y en a qui pleurent leurs vies, il y en a qui racontent qu’ils ont essuyé le cul de leurs gosses, qui postent des photos d’eux en train de bouffer des trucs… mais pour des gens qui veulent monter des projets, de la musique ou du artzine, comme nous, il y a vraiment une mouvance, c’est très intéressant. Mark Zuckerberg est un gros en***** mais on le remercie.

VCML1Parmi les artistes qui t’ont dit oui, tu crois pas qu’il y a aurait des gros connards, si tu les rencontrais ?

Je vais pas dire ça d’eux… non, je pense pas. Parmi les artistes il y a des connards, mais ceux qui sont dans mon artzine sont intéressants !

Sur une échelle de 1 à 10, 10 étant la difficulté max, à combien tu estimerais la difficulté de faire ce premier artzine ?

La difficulté ça a été de… on a perdu deux mois, Mosa_Lii a dû apprendre Photoshop et maintenant elle fait un travail hallucinant, c’est elle qui a pratiquement mené la seconde partie. Moi j’ai été l’instigateur, j’ai contacté les artistes, j’ai dialogué avec eux, puis Marion a pris en main le processus physique de la chose, avec Tania qui nous a beaucoup aidés. J’ai supervisé. Quand t’es dans un projet tête dans le guidon, et bien des fois tu doutes. Bon, c’est pas un gros projet, on a fait que 150 exemplaires. On devait en faire plus, ce sera sûrement pour le prochain. On l’espère. Maintenant on souffle, il existe enfin.

Et donc, de 1 à 10, la difficulté ?

Ohla, attends, il faut que je demande à Mosa. Mosa, la difficulté de 1 à 10 ? Elle dit : pas si dur que ça. [Il lui repose la question] Qu’est-ce qu’on pourrait dire ? 6 ou 7, allez 7 comme le prix du artzine.

7 c’est quand même assez difficile.

Le plus où on va en chier, c’est pour la distribution maintenant.

Mosa Lii : vu que le premier est à 150 exemplaires de toute façon on va le distribuer nous-mêmes, surtout sur internet, et après on verra. Mon oncle travaillait pour les éditions Le Seuil, on va voir s’il peut nous orienter vers des gens susceptibles d’être intéressés. On va aussi aller démarcher des shops un peu arty, tendance.

Ariel : le rêve ce serait d’être vendu dans les stores Kulte ou Agnès B ! Des marques qui travaillent beaucoup avec des artistes.

Et l’esprit de ce premier numéro, au fait ?

34 artistes, écrivains, illustrateurs, des gens qui travaillent dans la micro-édition, des personnes du collectif également, qui viennent du graffe, du graphisme. On a mis un thème, et on a laissé carte blanche.

Mosa Lii : no censure.
Ariel : exactement. Donc on a pris le thème du lait. Il y a des aspects mythologiques, sexuels – on a eu beaucoup de retours là-dessus, à se demander si les artistes sont pas des libidineux. Il est en format carré car on aime bien l’idée d’être différents. D’ailleurs c’est Vivons curieux et mourrons libres, avec une faute d’orthographe.

T’as honte ?VCML

Non j’ai pas honte ! Le prochain on enlèvera le R, ce qui fera du premier numéro un collector. Alors on en est à la fois satisfaits et insatisfaits, on est très pointilleux et on espère faire encore mieux pour le prochain. Et les fois d’après si on y arrive.

Mosa Lii : ça dépendra des moyens, parce que là on s’autofinance.

Ariel : là c’est plus une carte de visite. Le but est de partager au maximum l’art et des artistes à des gens pas forcément concernés. Un exemple, y’a mon prof de sport, c’est pas le mec qui va dans les musées, il l’a acheté et il y a des trucs qui lui ont parlé. Pour moi, rien que ça c’est un point positif, ça veut dire qu’on a gagné, quelque part.

T’as un prof de sport toi ?
Ben ouais, j’ai un prof de sport, c’est un prof de muscu mais il me fait des entraînements spécialisés.

T’as un coach quoi.
Ben ouais, je fais du cross fit, c’est un mélange d’haltérophilie, de cardio, et de travail avec son propre poids.

Et vous vous caressez tous les deux ?
Pas encore, mais je suis ouvert à toute proposition indécente.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

1 commentaire

    Ariel Bonux  | 12/12/13 à 10 h 05 min

  • Le Lavomatik c’est aussi: Chloé, Jordane, Jérémy, Silas, Mika, Quentin… Je devais les citer parce que voilà hein parce que Le Lavomatik est un Collectif de curieux aimant l’Art, le Son et surtout laver son linge en famille…Bisou

Laisser un commentaire