Battlefield, Call of Duty : faites la guerre pas l’amour

24/10/11 par  |  publié dans : Jeux Vidéo, Médias

Cet automne, l’amateur de jeux vidéo devra choisir son camp. Au milieu d’une tripotée de jeux “AAA”, de sortie à l’approche de Noël, (Batman Arkham City, le dernier Assassin’s Creed, Uncharted 3, Zelda Skyward Sword…) deux gros titres vont se livrer une guerre sans merci, bien soutenus par une artillerie de marketing évaluée à 100 millions de dollars chacun – soit le coût de production d’un blockbuster hollywoodien. A gauche, Battlefield 3. A droite, Call of Duty Modern Warfare 3. Deux jeux de tirs en vue subjective, l’un des genres les plus populaires chez les gamers, dont la moyenne d’âge, faut-il le rappeler, dépasse la trentaine.

 

Née en 2003, propriété du géant Activision, la série Call of Duty, 8 épisodes, s’est imposée au fil de ses itérations comme l’un des produits culturels les plus vendus au monde : 25 millions d’unités écoulées pour le Call of Duty Black Ops (dont 10 le 1er jour) sorti il y a un an tout juste, 1,5 milliards de dollars de recettes. Un succès tel que la série est élaborée en alternance par plusieurs studios différents afin de pouvoir livrer un épisode par an sous le sapin. Call Of Duty, c’est le jeu vidéo de guerre à la Michael Bay, bourré de scripts (voir lexique ci-dessous), de pyrotechnie et de musique pompière sur fond de drapeau américain flottant au vent. Une mécanique éprouvée qui a séduit les, disons, 12 à 46 ans. Le dernier épisode, Modern Warfare 3 (le 8 novembre) devrait une fois de plus rafler la mise auprès d’un public autant habitué à la marque “Call of” qu’une ménagère à son baril de lessive usuel.

Battlefield 3, édité par Electronic Arts (EA), de sortie en France le 28 novembre, fait donc figure de challenger, même s’il part avec une petite longueur d’avance. Les images déjà distillées et la démo betâ ont réussi à faire de l’ombre au mastodonte d’en face, tout en confortant la réputation plus réaliste, plus exigeante du titre, tant dans les mécaniques de jeu que dans les graphismes. Si Call of Duty est la guerre à la Michael Bay, Battelfield 3 lorgne plutôt du côté de Black Hawk Dawn de Ridley Scott. Or, cette année, les cadres d’EA n’ont pas caché leur ambition d’entrer en concurrence frontale avec Call Of Duty. Il semblerait que Battlefield aie donc mis un peu plus de grand spectacle dans son simulateur de guerre.

TUERIES DE MASSE

Evoluant initialement dans la Seconde Guerre Mondiale, “COD” et “BF” pour les intimes, ont su en cours de route s’affranchir de ce carcan pour offrir des campagnes solo complétement décomplexées dans le scénario et le spectaculaire. Anti-américanistes primaires, s’abstenir. Avec le déplacement du centre de gravité des jeux vidéo du Japon aux Etats-Unis (à eux seuls 50% du marché des consoles Xbox et Playstation), c’est tout naturellement que les deux jeux se focalisent sur des Marines et autres GIs luttant pour la liberté. Dans le dernier Call of duty, Manhattan est envahie par les Russes… (et la tour Eiffel en prend aussi pour son grade, certes). Mais ces histoires principales, d’une durée de 6 à 8 heures de jeu – dans la moyenne basse – ne sont que l’apéritif. Le véritable argument de vente des deux titres réside dans leur partie multijoueurs, où les joueurs n’affrontent plus des vagues d’ennemis contrôlés par intelligence artificielle, mais font face en live à de vrais adversaires via connexions internet. A ce petit jeu, c’est à celui qui fera le plus de frags et débloquera les rangs d’expérience le plus vite, quitte à camper sournoisement au fusil de sniper.  Devant la popularité de ces modes de jeu, les éditeurs entretiennent la flamme pendant des mois, sortant régulièrement des maps additionnelles payantes, tandis que le  réseau multijoueur Xbox est accessible pour 6 euros mensuels. L’addition pour l’amateur peut dans ce cas dépasser la centaine d’euros. Jusqu’au prochain COD ou BF.

 

Là encore archi populaire, Call of Duty a su développer un multijoueurs accessible sinon subtil, à grand renforts de bonus démesurés (faites 7 frags de suite et prennez les commandes d’un hélicoptère pour arroser à la sulfateuse tout le champ de bataille) et de maps privilégiant l’action et le contact. De son côté Battlefield semble privilégier l’immersion sonore, la taille des maps (il est possible, sur P.C, de jouer jusqu’à 64 joueurs en même temps !) et la tactique, ainsi que la conduite de véhicules.

Selon le cabinet d’analystes Wedbush Morgan Securities, cité par le magazine Forbes, Call Of Duty Modern Warfare 3 et Battlefield 3 devraient générer 1,4 milliards de dollars de revenus d’ici à fin décembre 2011, le premier écoulant 16 millions de copies contre 8 millions pour son rival.

Deux à trois millions de joueurs devraient acheter les deux titres, ajoute WMS.

Script : courte séquence durant laquelle le joueur perd le contrôle de son personnage au profit d’une action déclenchée automatiquement. Exemple : le joueur tire à la mitraillette, juché sur un tank. Un script lui fait tourner la tête  pour voir un hélicoptère envoyer une roquette sur le tank. Le personnage du joueur saute à temps mais l’explosion brouille sa vision. Abasourdi, il est traîné à l’écart par un coéquipier. Le script s’arrête et le joueur reprend le contrôle du personnage alors qu’un bazooka clignote par terre en surbrillance, lui signalant qu’il doit s’en emparer pour abattre l’hélico.
Frags : cibles abattues.
Maps :  arènes.
Camper (verbe), campeur : joueur qui se cache ou stationne à un endroit difficile d’accès (en haut d’un escalier, dans un tunnel, dans un buisson…) pour voir les adversaires arriver de loin et enchainer les frags, généralement avec une arme surpuissante. Tactique de jeu fortement décriée…

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