[Bloc-Notes] GTA 5

29/10/13 par  |  publié dans : Carnets, Jeux Vidéo, Médias | Tags :

GTA-V Jimmy

Après beaucoup trop d’ 25 heures de jeu, j’ai terminé GTA V.

Et il ne m’a pas tant éclaté que ça. Enième variation sur les putritudes du rêve américain, qui tourne rapidement à vide en laissant ses personnages sur le bord de la route. Inabouti, trop long.

Le faux Facebook (Life Invader) le faux Apple (Ifruit), les émissions de télé-réalité, tous dûment critiqués, de même que les wannabes, les chasseurs de célébrités, les célébrités, le bling-bling, le yoga, le dollar, les hipsters, les fumeurs de pèt’, le new-age, le fast-food : le studio Rockstar flingue à tout va. Et surtout où on l’attend. Clins d’oeil, références transparentes, vous avez vu ? GTA V c’est notre monde en fait ! Il y a même un faux Call of Duty ! Sans que jamais, scénaristiquement – et dans mes tripes – cet opus n’atteigne l’intensité de Red Dead Redemption, dont le dénouement me secoue encore.

 (Voler des Ford Mustang dans les rues de Los Angeles < voler des mustangs dans les plaines du grand ouest)

Il y avait pourtant cette chouette idée de départ, qui était d’offrir trois personnages, et de pouvoir passer d’une histoire à l’autre, comme on passait d’un groupe de survivants à un autre dans Lost. Mais bonjour la truelle, bon sang. Michael, le gangster affranchi tout droit sorti de Mafia Blues et Les Sopranos, Trevor, le trafiquant de drogue sociopathe énamouré d’une sexagénaire, et Franklin, le black de service aux homies (“mec” en argot noir-américain) plus vrais que nature, qui ne se révèlera qu’un faire-valoir pour les deux autres, incapables de décoller de leurs caricatures respectives. Griller trois story-lines en queue de poisson, fallait le faire GTA V, merci.

 Je ne parle pas des activités / quêtes annexes proposées par le jeu, golf et tennis compris – autant de petits plaisirs offert par GTA V que je ne ferai probablement jamais parce que j’ai une vrai vie, à côté, un petit peu quand même.

Et les femmes, bon dieu ! Elles sont où, les femmes, je veux dire : celles qui ne sont pas hystériques ou bobonnes à la maison ? Allez, Rockstar, en 2018, pour GTA VI, un défi : nous servirez-nous une héroïne  ? Je veux dire, jouable, et pas seulement baisable ?

Sous les clichés, un Big Mac

Attention, je reconnais le travail, la modélisation ahurissante de réalisme et de magnitude de cette vraie-fausse reconstitution de Los Angeles, désormais plus très très loin de la réalité artificielle. Je reconnais certaines saillies de scénarios tarantinesques, comme ce moment ou Michael – le gangster rangé embourgeoisé – entend démontrer par le menu à Trevor le psychopathe pourquoi il est un hipster (vidéo ci-dessous). Je ne parle pas non plus de certains moments jouissifs, comme les nombreuses scènes psychédéliques, ou celle où il s’agit de filmer les ébats d’une starlette en levrette sur la table de son jardin, icelle, s’adressant à son boyfriend : « dépêche-toi de terminer, j’ai faim » (une pensée pour les abrutis parents tout fiers d’avoir offert la galette à leur fils de 11 ans).

 

En fin de compte, je retiendrai peut-être la playlist. Je rejouerai peut-être à GTA V pour sa playlist, l’occasion pour un autiste de la musique comme moi de faire son éducation. Quinze stations de radio disponibles, 240 titres, 20 heures de musique. Et ce moment magique, j’étais au volant d’une Mini car-jackée à un impudent à un feu rouge, j’étais en chemin pour me rendre à une mission, quand les premières notes d’un morceau sont sorties du poste radio. Il s’est passé quelque chose, avec le soleil couchant, j’ai eu un frisson, j’ai monté le son. J’ai posé mon coude sur la portière, j’ai continué à conduire juste pour écouter la chanson, j’ai raté le début de ma mission, tant pis, la nuit est tombée, et moi j’ai continué à errer dans la ville, puis sur les freeways, comme si j’y étais, et longtemps après, j’y étais encore, perdu dans les dédales d’une mégalopole familière, si familière que je pouvais sentir l’odeur du Big Mac, du gangsta et de la misère.

Merde. C’est le genre d’expérience avec la matrice qui vous fait dire que finalement, GTA V est quand même un peu grand.

 Lire aussi sur Envrak : GTA IV, GTA quoi ?

 

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