Breaking Bad : The box cutter (S04E01)

21/07/11 par  |  publié dans : Médias, TV | Tags :

On ne reviendra pas maintenant sur ce qui nous séduit tant dans Breaking Bad. Mais à la suite du season 4 premiere, diffusé au USA le 17 juillet dernier, on aimerait bien partager la joie des retrouvailles et confronter nos impressions avec vous. Ce qui suit est évidemment truffé de SPOILERS et la lecture fortement déconseillée pour qui… bla bla bla.

[DERNIER AVERTISSEMENT : SPOILERS DROIT DEVANT SUR LA SAISON 3]

La saison 3 a vu Walter et Jesse plonger encore plus avant vers le point de non-retour. Le premier – qui, on le rappelle, s’est lancé dans la production de méthamphétamine, se sachant condamné par le cancer, pour assurer un pécule à sa famille – se fait quitter par sa femme qui claque la porte avec les gosses et un amant dans la poche. Par ailleurs ce prof de chimie effacé devient meurtrier par deux fois, en laissant d’abord une jeune camée s’étouffer dans son vomi, puis en tuant froidement deux dealers pour protéger son acolyte et pistolero Jesse – le même qui l’a introduit dans le milieu de la drogue et cherche en vain une rédemption dans les visages des enfants de 10 ans morts sur l’autel du trafic. Un basculement parallèle et inversé (du positif vers le négatif pour Walt, du négatif envers le positif pour Jesse) alimenté par un rapport père-fils de substitution qui pose certaines des grandes questions de la série : qui de Walt ou Jesse perdra / sauvera l’autre, et qui pour punir les méchants dans un monde où la morale n’a jamais été aussi floue. Premiers éléments de réponse en fin de saison, quand, pris au piège du baron Gus, qui veut les éliminer bien qu’ils travaillent pour lui, Walt presse Jesse de tuer Gale, leur remplaçant potentiel. Ainsi s’achève la saison trois : une porte d’appartement qui s’ouvre, Jesse qui brandit un pistolet sur le chimiste rival, tétanisé, les yeux pleins de larmes… et un coup de feu. Les spectateurs ont eu un an pour se dire que Walt était un beau salaud, à perdre un gosse qui pourrait être son fils, tout en espérant : Jesse a-t-il vraiment tiré sur Gale, a-t-il signé l’arrêt de mort de son âme, ou bien…?

SAISON 4 ÉPISODE 1 THE BOX CUTTER [SPOILERS !]

Gale hors circuit, Gus n’aura pas d’autre choix que de conserver Walter et Jesse à son service, sous peine de devoir interrompre la production et perdre un sacré paquet de dollars. Mais il pourrait aussi très bien les buter. Avec Gus, on ne sait pas trop. On se souvient très bien des deux jumeaux psychopathes à la hache, qui ont failli faire la peau du beauf de Walt. Et on a tous peur du patron, en général. Si Gus a plus des airs de prof titulaire d’une chaire d’histoire dans une prestigieuse fac de Boston que d’un grossiste en came sanguinaire, ça ne le rend que plus terrifiant.

L’essentiel de l’épisode se déroule dans un labo clandestin, dans les heures qui suivent la mort de Gale. Walter et Jesse sont séquestrés par Mike et Victor, hommes de mains de Gus, lequel finit par arriver et donner lieu à une scène magistrale comme seule Breaking Bad sait en offrir.
Walt se lance immédiatement dans un plaidoyer pour sa cause, pointant avec une logique sans faille et prétentieuse les raisons qui font que Gus ne peut que les garder à son service. Il veut donner l’impression qu’il connaît les règles du jeu, qu’il n’a rien à perdre, que personne d’autre que Jesse et lui peuvent assurer le job. Mais on voit bien qu’il n’est quand même pas tranquille. D’autant que Gus écoute sans rien dire, impassible. Durant tout le monologue de Walt, il descend les marches le menant au labo. Se dirige vers un rack à vêtements. Défait sa cravate, enlève ses chaussures, sa veste, son pantalon, enfile une combinaison de chimiste – on imagine pour se protéger du sang à venir. Exact. Il se saisit d’un cutter. Au moment où Walt se décide enfin à se taire, se demandant à quelle sauce lui et Jesse vont être mangés, Gus saisit Victor et l’égorge sans autre forme de procès, le regardant se vider de son sang et convulser jusqu’à ce qu’il s’écroule. Puis, toujours sans qu’aucun mot ne soit échangé, Gus se rhabille, se débarbouille et refait le chemin inverse vers la sortie, sous le regard médusé de Walt, Jesse, et Mike, l’autre homme de main. A peine s’il lance 3 mots avec un sourire cordial avant de sortir : “Hé bien, maintenant au boulot”.

Cette scène dure 10 minutes, soit 1/5ème de l’épisode. ÉNORME pour une série télé. Il ne s’y passe pas grand chose, il se passe beaucoup de choses. C’est un grand moment de cinéma [sic] autant qu’une déclaration : “Tu penses être un badass, je suis plus badass que toi. Je ne peux pas te tuer, pas encore, mais si je peux égorger sans deux secondes d’hésitation un homme tout dévoué à mon service, imagine ce que je suis capable de te faire”. On est tenté d’ajouter : “et ma patience a des limites”.

Jesse n’a pas dit grand chose non plus dans cet épisode, sous le choc d’avoir commis son premier meurtre. Walt essaiera bien de le faire parler, mais sans trop de succès, le jeune apprenti préférant éluder. Jesse “couve” quelque chose. Il faudra bien que cela sorte à un moment ou à un autre. Cela le consumera-t-il de l’intérieur ? Cela se retournera-t-il contre Walt ?

La question n’est plus tant de savoir qui des deux sauvera l’autre, mais de celui qui entraînera l’autre dans sa chute.

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