DEATH STRANDING

02/12/19 par  |  publié dans : A la une, Jeux Vidéo, Médias | Tags : , , , , , , ,

Hideo Kojima. Un nom à faire trembler de bonheur les gamers. Suite à son départ de Konami, le papa de la série « Metal Gear » revient avec un nouveau projet, toujours aussi cinématographique et toujours aussi radical. Nom de code ? « Death Stranding », une virée dans un univers apocalyptique dont personne, c’est promis, ne sortira indemne.

Que l’on aille au bout de l’aventure ou qu’on s’y essaie une poignée d’heures, ce titre hors norme marque les esprits. Pour l’apprécier à sa juste valeur il est en effet nécessaire de prendre en compte la personnalité de l’artiste japonais, totalement à l’écart des modes et animé par une envie de bousculer l’industrie. Cette fois, il nous invite à suivre le périple de Sam « Porter » Bridges, porteur / livreur de son état dans un monde désertique détruit par un nouveau big-bang. Des missions à remplir lors de longs trajets à pieds ou sur des motos préalablement conçues tout en évitant les échoués, âmes égarées qui tentent de l’attirer dans un autre monde. Mais si notre héros a le pouvoir de revenir de l’au-delà, cela ne se fait pas sans quelques séquelles. Périlleux, surtout que notre homme doit s’occuper de « BB », un nouveau-né qui semble être lié viscéralement à lui.

Les quêtes Fedex sont au cœur du jeu. On passe donc la majorité de son temps à mener des colis d’un point à un autre en n’oubliant pas au passage d’élargir le réseau Chiral. Simple ? Pas vraiment, puisque Sam ne peut porter qu’un poids limité et que le jeu joue énormément sur la physique. Il faut veiller à conserver l’équilibre sur des terrains sinueux, composer avec le courant quand on traverse une petite étendue d’eau et bien entendu éviter les ennemis. Répartir la marchandise (sur son dos, dans ses mains) est un autre point essentiel. En cas de pépin on peut heureusement se redresser grâce aux gâchettes de la Dualshock 4. En toute logique des malus sont appliqués si la marchandise arrive abimée. Au fil du temps, on apprend à créer différents objets qui s’avéreront utiles tout en étant séduit par le fil conducteur. Pendant plus de 40h, l’émotion va crescendo.

D’une rare puissance émotionnelle, le scénario pousse le gamer à aller de l’avant et l’utilisation du online est un modèle du genre. Si notre Sam ne croise aucun autre gamer, il peut profiter des installations des autres joueurs (échelles, pont…) pour faciliter sa progression et attribuer des likes à ces partenaires de circonstances, qui profiteront également des ajouts que l’on réalise. Ramasser les packs perdus par autrui pour les ramener à un relais est aussi vivement conseillé. Par petites touches, Hideo Kojima nous rappelle constamment la nécessité de s’entraider les uns les autres et de rester connectés humainement, même si cela se fait derrière un écran. De quoi briser intelligemment le fameux quatrième mur.

Impossible de clore ce test sans évoquer la direction artistique, superbe et cohérente. Le jeu d’acteurs assuré par Norman Reedus, Mads Mikkelsen, Guillermo Del Toro et Léa Seydoux est simplement parfait et leur modélisation force le respect. Et comme la partition musicale, signée Ludvig Forssell (mention spéciale au « BB’s theme ») est éblouissante, difficile de ne pas crier au chef d’œuvre. (Jeu testé sur PS4 Pro)

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