DETROIT – BECOME HUMAIN

17/06/18 par  |  publié dans : A la une, Jeux Vidéo, Médias | Tags : , , , , , , ,

Après des années d’attentes, la nouvelle aventure imaginée par David Cage aka le maître du jeu narratif est enfin disponible. Et comme Heavy Rain et Beyond : Two Souls en leur temps, le résultat est concluant… et pousse même le concept dans ses retranchements grâce à la puissance de la PS4. Bienvenue donc à Detroit, lieu privilégié d’une aventure dont vous êtes le héros et dont vos choix décident de l’avenir de notre humanité. Rien que ça…

Le visage doux et sympathique la belle androïde Chloé vous accueille. Plongé dans le feu de l’action, avec une enfant à sauver dès le prologue, on n’a que peu de temps pour admirer la beauté de la direction artistique et du rendu, purement cinématographique. Comme ses prédécesseurs, le blockbuster tend à flouter la frontière entre jeux vidéo et 7e art en proposant toujours plus de liberté au gamer. On vit donc pleinement le périple et la possibilité de voir les différents embranchements possibles en cours de partie, sans qu’on en devine les conséquences, pousse à la rejouabilité.

Toutes ces belles promesses, judicieusement mises en application par l’artiste français, ne seraient rien sans un scénario à la hauteur. Comme souvent, David Cage découpe sa structure. Il nous fait suivre non pas un mais trois parcours. Montage parallèle qui insuffle de la diversité dans le Gameplay. Dans un futur digne de « Blade Runner », les androïdes ont pris une place capitale dans notre société. Ils ont notre apparence, communiquent avec nous et effectuent toutes les tâches ingrates… Mais une révolte se prépare… On contrôle donc Connor, un modèle récent chargé d’enquêter sur une série de meurtres en compagnie d’un inspecteur meurtri par un évènement passé, Kara, une nounou qui prend sous son aile une gamine victime de la violence de son paternel et Markus, qui va s’imposer en leader des « Deviants », robots dotés d’une conscience et d’un libre arbitre.

Bien évidemment, au fil de la trentaine de chapitres, les vies vont se recouper pour déboucher sur un final tonitruant. En mélangeant selon les cas le polar, l’infiltration ou l’action, Quantic Dream a vu juste et soigne la mise en scène des séquences, brillamment interprétées par une belle brochette d’acteurs (on reconnaît par exemple Valorie Curry de la série « Following » et Jesse Williams, récurrent dans « Grey’s Anatomy). La thématique, qui vise à comparer la condition des machines à l’esclavage ou au rapport à l’autre est par contre traitée frontalement, sans grande finesse. Comme si l’essentiel était de faire passer à tout prix le message…

Pas de panique, le suspens mis en place reste haletant, avec certains passages chronométrés et une tension qui survient quand on s’y attend le moins. Au fil des précédentes productions, David Cage soigne de mieux en mieux son rythme, dose les temps morts pour nous immerger dans une « expérience » digne de ce nom. « Detroit » en est une belle illustration capable de séduire tous types de joueurs grâce à l’apparition d’un mode casual… Sans compter le plaisir d’être simple spectateur en regardant son conjoint jouer et étudier son comportement dans un moment clé de l’intrigue. Passionnant. (Jeu testé sur PS4 Pro)

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