Dollhouse, sweet house

01/04/09 par  |  publié dans : Médias, TV | Tags :

Dans la famille des poupées, je voudrais Echoes, alias Caroline. Belle, jeune, talentueuse : bonne pioche ! Surtout pour l’organisation secrète qui la recrute, lui ampute la mémoire et l’envoie en mission sauver des vies ou distraire des hommes riches. Mais sa docilité présente ses limites et cette irrésistible différence fait une intrigue. Celle de la nouvelle série Dollhouse, diffusée en ce moment aux États-Unis.

The Doll

Tandis que Barbie fête son cinquantenaire, la chaine Fox mise sur Eliza Dushku de vingt ans sa cadette. Origines albanaise et danoise, petit mètre 65, léger 48 kg, mensurations de 80B-60-70, le choix ne se blâme pas. Les cameras jouent depuis ses 12 ans avec la figurine, True Lies sur grand écran, Buffy, Vampire Slayers sur petit. Parfaite jolie rebelle en Faith puis en Missy dans American girl au côté de Kristen Dunst. Sublime dans Détour Mortel en 2003, nommé dans la catégorie meilleur “Teenage Horror Movie” par Envrak. Héroïne de Tru Calling la même année, série flop diffusée sur M6. Pour le reste, IMDB est votre ami. Ses qualités esthétiques ne se discutent guère mais son évolution cinématographique n’a rien d’une ascension. Poupée maudite, Eliza stagne faute de capacités ou de rôles adéquats. Chance d’un nouveau jeu, la marionnette change de main et retrouve un ancien propriétaire.

The Child

Fabriquée par Joss Whedon à qui l’ont devait déjà Barbie Buffy et Ken Angel, Dollhouse semble prometteuse. Cible jeune, quelque part entre la préadolescence et l’adolescence : les frontières sont minces de nos jours. Je n’ai plus l’âge de jouer à la poupée, plus l’âge d’aimer Buffy. Pourtant, tout ceci m’attire tel un bon plat de coquillettes. Comme son ainée tueuse de vampire, la maison de poupée peine à démarrer. Il faut le temps de comprendre ce qui s’y passe, de comprendre ce qui se passera à chaque épisode, tous sur le même schéma. Un jour, une histoire, Dollhouse suit les traces du Caméléon avec lequel elle partage plusieurs éléments (et presque le principe). Sa figure féminine changeante évoque Alias, le bonheur d’une nana sportive et canon qui sait tout faire, porte bien n’importe quelle tenue ! Des sentiments mis en valeur par le manque d’émotion, des méchants qui ne le sont pas vraiment : rien ne surprend. Pas plus de maturité malgré l’expérience, c’est une déception. Non seulement Joss Whedon reprend ses propres vieilles recettes mais en plus il refait à sa sauce quelques plats goûtés chez d’autres : déjà vu, déjà mangé. Toutefois, je reprends toujours des coquillettes.

The Game

L’histoire donc, c’est l’histoire ! Ingrédients remâchés mais plat original. Dollhouse est un endroit où se louent des jeunes gens dotés de la personnalité de votre choix. Petite connexion façon Matrix, les références et influences n’en finissent plus : combien en contient la série ? Combien de bons sentiments également ? L’épisode deux – forcement un clin d’œil à Détour Mortel – traite de confiance. L’épisode trois, d’amitié. Le quatre, d’innocence. Épisode cinq : la foi. Six : le fantasme. Dans ce dernier, la télévision interroge de faux passants : si l’organisation existait vraiment, qu’en penseriez-vous ? Mise en abîme très légère, toute en superficialité mais les questions sont posées. C’est un peu du talent, au final, de cacher un minimum de contenu – aussi mielleux soit-il – sous un tape à l’œil pseudo-compliqué. Un brin pédagogue à l’insu du spectateur, Dollhouse cible donc bien les jeunes et risque de faire mouche, du moins chez leurs parents.

The Fun

Et si Dollhouse représentait le souhait du téléspectateur lambda, celui qui veut sa trilogie du samedi soir ? Probablement exactement ce qu’elle voulait être, ce qu’on voudrait qu’elle soit, la série ne gratifie pas Joss Whedon du statut d’auteur mais distraira quelques bonnes âmes. Une fois dans le canapé, qu’a-t-on envie de voir à l’écran ? Une jolie fille, humaine et forte, gentille et maligne, seule et puissante ? Improbable et incohérent, le personnage séduit bien que trop parfait. Présenté dans un bel écrin, il possède les atouts requis. Implantée sur terrain plat, sa maison paraît bien construite, filmée, rythmée. Un minimum requis qui pourrait aller au-delà, suggèrent le générique plaisant et quelques scènes chorégraphiées. Dommage qu’Eliza y garde son statut de poupée…

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