“KICK OFF REVIVAL” : Coup d’envoi prématuré

04/07/16 par  |  publié dans : A la une, Jeux Vidéo, Médias | Tags : , , , , ,

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Début des années 1990. Dans une époque où les superproductions « Fifa » et « Pes » ne s’étaient pas octroyées le monopole des jeux de foot, « Kick off » faisait les beaux jours de tous les possesseurs d’Amiga 500 et Atari ST. Un quart de siècle plus tard, l’aura est toujours là. Une coupe du monde réunit encore chaque année des passionnés, séduits par cette balle qui ne colle pas au pied. Réussite d’un concept, enrichi de contenus additionnels. « Kick off » a introduit les tirs brossés et la gestion du vent dans le soccer virtuel. Un « Goal » plus tard, son génial créateur Dino Dini disparaissait de la circulation, laissant ses supporters orphelins… Jusqu’à la fin 2015 où, épaulé par Sony, le développeur annonçait un improbable « revival », désormais disponible, à prix réduit (une dizaine d’euros sur le Psn et le double en version boite, avec un tee-shirt offert). La belle affaire ?

Oui… et non ! Selon l’angle d’approche, le verdict est encourageant ou inabouti. Day one, patché en  1.01 « Kick off : Revival » n’est qu’une ébauche. Le menu, minimaliste, et l’absence de toute forme de personnalisation annoncent la couleur. La principale préoccupation de Dino Dini était dans un premier temps de sortir de l’ombre pour proposer une version jouable. Mieux vaut donc considérer la petite bête comme un « early access », accès anticipé d’un jeu qui ne demande qu’à s’affirmer. Pas de panique, l’homme fort, très actif sur les réseaux sociaux, est à l’écoute de la communauté et promet de résoudre une grande majorité des problèmes via des patchs gratuits. De quoi espérer avoir dans les prochains mois un « Kick off » digne de ses prédécesseurs.

A l’heure actuelle, on retrouve la vue en plongée, un joli travail sur la physique de balle et la maniabilité à un seul bouton. Système plus complexe qu’il n’y parait : rester appuyé bloque la ballon, bouger le stick analogique après un tir change la trajectoire… Techniques à apprendre soi même. Aucune notice n’est fournie et l’entraînement est rudimentaire.  Le principal souci du gameplay – et qui de mémoire n’était pas présent sur l’épisode original – vient que son sportif effectue un tacle assassin au lieu d’une tête, tape fort dans le ballon au lieu de doser sa passe. Une question de timing du au rythme, plus lent ? Sans doute, mais il faudra améliorer la précision. Au rayon bug, on note que certains joueurs célèbrent un but qu’ils viennent d’inscrire contre leur camp et que commettre une faute sur un de ses coéquipiers peut vous faire obtenir un coup franc… Oubliez aussi l’ambiance des supporters, représentés succinctement dans le seul stade disponible. « Kick off », les à côtés, il ne connaît pas.

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Dans un soucis de réalisme, il faudra également penser à envoyer un stock de cartons aux arbitres, leur expliquer la règle du hors jeu, gérer la fatigue, les changements, permettre de changer la durée des mi-temps… et intégrer d’autres compétitions. En solo, on a en effet vite fait le tour de la seule coupe d’Europe disponible. Surtout que les équipes sont clonées. On ne note pas de différence, si ce n’est psychologique, entre jouer contre l’Irlande du Nord et l’Allemagne. Quant aux parties online, limitées à du simple matchmaking, elles ont le mérite d’être fluides pour peu qu’on bénéficie d’une connexion haut débit. C’est déjà ça.

Dans un AAA, autant de points négatifs pousseraient à jeter la galette à la poubelle. Pourtant, dans le cas présent, le plus dur semble avoir été accompli. Malgré ses défauts « Kick off revival » réserve de belles joutes, propose une solide marge de progression et met à l’épreuve le skill. A l’heure où « Pes » est prisonnier de ses scripts et que « Fifa » a tendance à se casualiser et à forcer l’équilibrage, Dino Dini prend la trajectoire inverse, démarre doucement pour terminer, du moins on l’espère, en apothéose. On ne peut que saluer l’initiative et espérer qu’il arrive à moyen terme, à séduire néophytes et vieux de la vieille. Verdict en deuxième mi-temps, sûrement.

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