KINGDOM COME DELIVERANCE

28/02/18 par  |  publié dans : A la une, Jeux Vidéo, Médias | Tags : , , , ,

Suite à de nombreuses années de développements, un fructueux Kickstarter et malgré des ambitions démesurées revues à la baisse, « Kingdom Come Deliverance » pointe enfin le bout de son nez… et ne déçoit pas. Le pari de Warhorse Studio, de créer un RPG Médiéval réaliste, sans dragons et autres sorts fantaisistes, s’avère payant grâce à une grande liberté laissée au joueur dans un univers cohérent, fort bien documenté. Explications.

Cousin éloigné du mastodonte « Skyrim » dont il emprunte toutefois la vue FPS à la première personne, cette imposante production vous permet de revivre le quotidien d’un jeune homme au XVe siècle, en Bohème, ancienne région située en république Tchèque. Une routine qui est rapidement remise en cause par une sombre histoire de vengeance qui va pousser notre héros à la découverte de villages, châteaux et autres terres hostiles. A pied ou à cheval, on est happé par la reconstitution et le côté encyclopédique. A coup sûr l’un des points forts.

Si la progression se fait selon un schéma classique, avec une quête principale propre à occuper une quarantaine d’heures et une succession de missions facultatives qui doublent la durée de vie, il faut signaler la qualité de ces dernières. Pas forcément dans l’écriture, qui reste malgré tout correcte, mais dans leur prise en compte de plusieurs facteurs, comme le cycle jour nuit ou l’aspect réellement urgent de certaines tâches, à traiter obligatoirement en priorité, sous peine d’échec. Une idée qui renforce le côté vivant. Tout nous rappelle en permanence qu’on ne dirige qu’un pion sur l’échiquier et qu’il faut composer avec son environnement, et non l’inverse… Mine de rien, cela bouleverse les habitudes.

Le système de combat suit cette logique. Le maniement de l’épée est par contre complexe à assimiler. La garde, les estocades, la gestion de l’endurance, le timing exigent une certaine maîtrise pour mettre à mal vos opposants, forts habiles à cet exercice. Et comme avec l’intrigue, le plaisir intervient sur le long terme, après quelques heures de gestation. La preuve d’un jeu qui nécessite un réel engagement. Propre au niveau graphique et fluide, aussi bien dans sa version PS4 Pro que sur Xbox One X, « Kingdom Come Deliverance » brille par la variété des situations rencontrées. Dans le lot on retiendra la prise d’assaut des forts ou l’importance de soigner sa réputation et sa présentation vestimentaire pour intimider des marchands ou autres personnes qui oseraient défier vos exigences. Là encore le principe n’est pas neuf mais s’intègre vraiment bien aux mœurs de l’époque.

Seul bémol avant d’enfiler son armure : la présence de nombreux bugs. Deux énormes patchs ont déjà réglé certains problèmes, mais l’ampleur d’un tel jeu demande encore de la patience. Moins gênantes, les animations faciales restent sommaires lors des dialogues (que l’on peut mettre en français, même si le doublage est moyen), et la traduction n’est pas toujours effective… Petits manques à corriger pour que « Kingdom Come Deliverance » atteigne son objectif et ne frustre pas les premiers chevaliers virtuels. (Jeu testé sur PS4 Pro et Xbox One X)

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