Les petits secrets de Xena

01/03/08 par  |  publié dans : Médias, TV | Tags :

Alors qu’on les a toujours considérées comme un sous-genre distrayant, voilà qu’au 21ème siècle les séries télévisées figurent au rang de chefs-d’œuvre. C’est tant mieux, mais avant de se lancer dans l’étude de ces bijoux de complexité que sont les feuilletons d’aujourd’hui, commençons plutôt par le commencement. Attachez donc vos ceintures, nous allons remonter le temps pour un flash back analytique.

De la princesse guerrière à l’homme araignée

Le réalisateur Sam Raimi a bien des casquettes et bien des facettes. A 23 ans, il met en scène l’angoissant Evil Dead avec un budget de 350 000 dollars. Le long métrage devient alors une référence des films de zombies. A 47 ans, avec 250 millions de dollar, il fait de Spiderman 3 un évènement dans le monde entier. Dès lors, on ne le présente plus au grand public, c’est un homme médiatique.
Et entre-temps ? Le petit prodige de l’horreur ne chôme pas : il écrit, réalise, joue mais aussi travaille, vous l’aurez deviné, sur la série Xena. En 1995, son ami et collaborateur Robert Tappert crée le spin-off d’Hercule et a besoin d’un producteur exécutif, à savoir de quelqu’un de débrouillard capable de garantir la fabrication matérielle du projet. Concrètement il s’agit d’avoir un œil sur tout, voilà donc Sam Raimi chargé de faire en sorte que la princesse guerrière assure.
Pas étonnant alors, de voir au casting son acteur fétiche Bruce Campbell dans le rôle d’Autolycus ou encore son frère Ted Raimi dans celui de Joxer. On retrouvera ensuite Lucy Lawless et Renée O’Connor (alias Xena et Gabrielle) dans des productions de Raimi ou Tappert, notamment Boogeyman.

Evil Dead, Xena et Spiderman, le trio gagnant de Sam Raimi

D’une confidence à une autre

Xena bénéficie d’une fine équipe, ça c’est dit. Passons maintenant à la plus grande des révélations : son héroïne est teinte ! Je ne pouvais vous cacher cette info déchirante et d’une extrême importance. Brunes du monde entier, il est temps de faire votre deuil, la femme forte et indépendante qui représentait nos rangs est en fait une vraie blonde. Et oui, vous pouvez d’ailleurs la retrouver dans Battlestar Gallactica avec sa couleur originale.
Et puisqu’on parle de cheveux, intéressons-nous aussi à la gentille Gabrielle que peu d’entre vous ont vue avec sa coupe garçonne de la saison quatre. De même, si vous n’avez pas le câble, vous n’avez probablement jamais vu les saisons cinq et six. La faute à la politique de diffusion de TF1 parfois peu compréhensible et qui ne s’est pas arrangée depuis.
On doit aussi à la chaine privée une petite censure de la série, comme si la version française ne suffisait pas déjà à en niveler son contenu. En effet, de la version originale diffusée aux États-Unis à la version que nous avons pu voir sur la première chaine, il y a plus qu’un fossé. Celui-ci concerne notamment la relation des deux personnages principaux, Xena et Gabrielle, qui sont des âmes sœurs. Le fait est largement répété dans la série et ponctué de quelques baisers ou allusions hautement subjectives au fil des saisons. La princesse touche donc le cœur de la communauté gay, dans laquelle elle est reconnue comme plus qu’ambigüe, n’en déplaise à la VF.

Une autre image de Lucy Lawless et Renée O’Connor

En français, vous avez aussi manqué la véritable prononciation du prénom Xena. Point d’accent chez les anglophones, c’est avec un « Xiiina » appuyé que tous appellent la guerrière. Je vous passe la litanie sur les voix graves et crédibles des deux héroïnes, le doublage français constitue un grand paradoxe, à la fois ami et ennemi. Je finirai tout de même sur les nombreux chants liturgiques qu’on peut entendre dans la série. Sachez que Lucy Lawless les interprète elle-même, l’actrice fut en effet chanteuse d’opéra et donne aujourd’hui des concerts aux États-Unis.

De la guerre à la paix ?

Mais de quoi parle donc Xena ? Rappelez-vous… [cornemuse] « A l’époque des dieux de la mythologie, des seigneurs de la guerre et des rois de légende, un pays en plein désordre demandait un héros… ». Si on en croit le générique (je parie que vous sentez encore les cuivres vibrer en vous), elle traite de combats, de passions et de dangers, entre autre. Pas de secret là-dessous : Xena, la princesse Guerrière est une série d’action, de fantaisie mais également une comédie. Cela ne vous aura pas échappé : certains épisodes sont ironiques ou adoptent des formats peu communs comme le musical et les flash-forward alambiqués. J’espère que vous n’aurez pas non plus manqué les messages humoristiques de certains génériques de fin ou encore quelques belles scènes du genre comme le combat de squelettes ou le jeté de bébé !

Une autre vision du futur

Intéressons-nous donc plutôt aux sujets plus profonds traités par la série comme le vaste thème de la spiritualité qu’il est un peu étrange de voir aborder dans un feuilleton d’aventure. Nous avons donc Xena, ancienne mercenaire, qui se trouve maintenant à tuer pour le bien. Sa compagne Gabrielle, refuse catégoriquement de mettre à mort. Ce dernier point sera d’ailleurs la trame de plusieurs épisodes dans lesquels l’esprit de la petite blonde sera torturé par ses choix. On notera que son innocence est symbolisée dans les premières saisons par des vêtements bleus, qu’elle perdra, tout comme sa naïveté.
Outre les dieux grecs, Xena et Gabrielle vont s’interroger sur la spiritualité indienne et la religion chrétienne. Au cours de toutes ces pérégrinations, elles comprendront l’importance de leur lien -âmes soeurs si vous avez bien suivi- qui traversera les siècles et subsistera aux dieux (qu’elles entreprendront par ailleurs de tuer dans les dernières saisons). A sa façon, la série remet en cause la vision manichéenne du bien et du mal en posant des questions encore d’actualité. Sous ce « grand n’importe quoi » se dissimulent donc des messages plus intéressants et des métaphores qu’il n’appartient qu’à nous de mettre au grand jour.

La nostalgie vous gagne, le doute vous assaille : et si la série Xena était bien meilleure que Lost ? Avant de vous jeter sur les DVD, ranimez votre mémoire avec les diffusions actuelles d’NRJ 12, éveillez votre curiosité avec quelques épisodes en anglais, disponibles sur le net, et rappelez-vous que nous parlons tout de même des années 90, le passé doit reposer en paix.
Photos Xena copyright Universal Television
Photo Spiderman copyright Sony/Columbia
Photo Evil Dead copyright Metropolitan FilmExport

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Pas de commentaire

    Diana  | 04/03/08 à 23 h 10 min

  • Trop dommage les vieilles censures de Xéna.
    Bon du coup tu m’a donné envie de me refaire au moins qq petits épisodes….

  • Laure  | 16/03/08 à 20 h 11 min

  • Même si Envrak est capable de tout, et sutout du meilleur :), on attendait pas un article sur Xena… pourquoi cette série ?! C’est bizarre mais pas ininteressant!

  • Rubz  | 19/03/08 à 8 h 55 min

  • Moi je dis gabrielle c’est la plus belle d’abords ! :oD

    ( Commentaire complètement inutile il va de soit !)

  • KSCT  | 29/03/09 à 0 h 42 min

  • J AI BEAUCOUP XENA

  • miquiztli  | 10/06/09 à 21 h 54 min

  • on veut la vraie version! pas celle de tf1!

  • ikkikuma  | 06/09/09 à 14 h 13 min

  • l’article est sympa mais manque d’un peu de limpidité. J’ai du voir trois épisodes de Xéna dans ma vie et du coup j’ai trouvé que tu passais un peu trop vite et allusivement sur les détails qui selon toi font sortir cette série du lot. Tu parles de music-hall ou de jeté de bébé… Ça mériterait des éclaircissements, des développements graveleux, etc…
    Bref, l’article m’a convaincu qu’un plus long commentaire méritait d’être fait sur Xéna… et c’est déjà beaucoup!

Laisser un commentaire